# BILLET : JNIM étend son emprise sur le Mali malgré les revers militaires

> Le 4 juillet 2026, les combattants du JNIM — la branche sahélienne d'al-Qaïda — et leurs alliés touaregs du Front de libération de l'Azawad (FLA) ont revendiqué des attaques coordonnées dans cinq villes du Mali, selon…

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Billet
- Publié: 2026-07-20
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/billet-jnim-etend-son-emprise-sur-le-mali-malgre-les-revers-militaires

## Introduction : Cinq villes, une seule nuit, un message clair

### L'offensive coordonnée du 4 juillet

Le **4 juillet 2026**, les combattants du **JNIM** — la branche sahélienne d'**al-Qaïda** — et leurs alliés touaregs du **Front de libération de l'Azawad (FLA)** ont revendiqué des **attaques coordonnées** dans **cinq villes du Mali**, selon le **Council on Foreign Relations**. Les cibles : des **positions militaires** et une **prison abritant des dissidents politiques**. Selon **Al Jazeera**, l'armée malienne a confirmé des attaques sur cinq positions : **Aguelhok, Anefis et Gao** dans le nord, **Sévaré** dans le centre et **Kénièroba** dans le sud.

Cette vague d'attaques n'est pas un coup isolé. Selon **Wikipedia** et plusieurs médias régionaux, cette offensive fait suite à une accalmie de près de **deux mois** depuis les précédentes attaques coordonnées du **25 avril 2026**, qui avaient déjà frappé plusieurs localités et coûté la vie au **ministre de la Défense malien, Sadio Camara**. La répétition de ce mode opératoire — attaques simultanées sur plusieurs fronts, ciblage de positions militaires et symboliques — révèle une **capacité opérationnelle** qui dépasse largement l'image d'une insurrection dispersée et affaiblie que la junte malienne aime projeter.

### Une prison prise pour cible : le symbole n'est pas anodin

Le ciblage d'une **prison abritant des dissidents politiques** mérite une attention particulière. Ce choix tactique dépasse la simple logique militaire : il envoie un message politique clair sur la capacité du JNIM et de ses alliés à frapper des symboles de l'appareil répressif de la junte malienne, dirigée par le colonel **Assimi Goïta**. Dans un pays où l'espace politique s'est considérablement rétréci depuis les coups d'État de 2020 et 2021, cette attaque rappelle que la junte ne contrôle ni le territoire ni, apparemment, la sécurité de ses propres infrastructures carcérales.

**La junte malienne a répondu par un message de contrôle total**, affirmant la situation « totalement sous contrôle » selon **Al Jazeera**, tout en reconnaissant des pertes : **20 combattants tués à Sévaré et six à Gao** du côté gouvernemental, contre un soldat pro-gouvernemental tué et quatre blessés à Gao. Ce décalage entre le discours de maîtrise affichée et l'ampleur documentée des combats simultanés sur cinq fronts illustre une dissonance devenue familière dans la communication de la junte.

*Il y a quelque chose d'assez révélateur dans le fait qu'une junte qui a pris le pouvoir en promettant de « sécuriser » le pays face au terrorisme se retrouve, trois ans plus tard, à défendre simultanément cinq villes contre les mêmes groupes qu'elle prétendait vaincre. La sécurité promise reste, au mieux, un horizon qui s'éloigne à mesure qu'on avance vers lui.*

## Le JNIM, une organisation qui a appris à durer

### Une alliance jihadiste-séparatiste inhabituelle mais efficace

L'**alliance** entre le **JNIM**, groupe jihadiste affilié à al-Qaïda, et le **FLA**, mouvement séparatiste touareg de l'Azawad, constitue une combinaison tactique qui aurait semblé improbable il y a quelques années, tant les agendas idéologiques des deux mouvements diffèrent fondamentalement. Le JNIM vise l'instauration d'un ordre islamiste régional, tandis que le FLA défend une revendication d'autodétermination pour les populations touarègues du nord du Mali. Leur convergence tactique contre la junte malienne et ses alliés russes du **Africa Corps** illustre une logique d'opportunité militaire qui transcende, au moins temporairement, leurs différences programmatiques.

Cette alliance a démontré sa capacité de nuisance à plusieurs reprises depuis le début de l'année 2026, notamment lors de l'offensive d'avril qui a coûté la vie au ministre de la Défense malien. Selon les données compilées par **Wikipedia** sur les offensives maliennes de 2026, les pertes combinées de cette campagne comptent déjà **plus de 200 morts** côté forces gouvernementales selon leurs propres estimations, et des chiffres bien plus élevés selon les estimations de l'**Africa Corps** russe, qui évoque plus de **2 500 morts** et même **305 tués** dans le cadre de frappes aériennes russes spécifiques.

### Une expansion territoriale qui contredit le narratif officiel

Le **paradoxe central** de cette situation, qui donne son titre à ce billet, est le suivant : malgré des **revers militaires documentés** — pertes de combattants, échecs tactiques ponctuels, contre-offensives gouvernementales occasionnelles — le JNIM et ses alliés continuent d'**étendre leur emprise territoriale et opérationnelle** sur de larges portions du territoire malien. Cette expansion ne se mesure pas seulement en kilomètres carrés contrôlés, mais en capacité à frapper simultanément plusieurs villes éloignées les unes des autres, ce qui témoigne d'un réseau logistique et d'une coordination qui dépassent le stade de la simple guérilla dispersée.

**Le Mali est aujourd'hui l'un des théâtres jihadistes les plus actifs au monde**, selon plusieurs analyses de think tanks spécialisés dans le suivi du terrorisme international. Cette réalité contraste violemment avec les promesses de stabilisation qu'avait formulées la junte militaire au moment de son arrivée au pouvoir, justifiée précisément par son incapacité alléguée du gouvernement civil précédent à contenir la menace jihadiste.

*On m'a souvent demandé pourquoi je m'intéresse autant au Sahel alors que l'actualité ukrainienne domine mon travail habituel. La réponse est simple : le JNIM, la Russie et l'instabilité qu'ils cultivent ensemble au Sahel sont les deux faces d'une même pièce géopolitique. Comprendre l'une aide à comprendre l'autre.*

## L'Africa Corps russe, un allié qui n'endigue rien

### Le pari raté de Bamako sur Moscou

Depuis le **retrait des forces françaises et onusiennes** du Mali, la junte de **Bamako** a fait le choix stratégique de se tourner vers la **Russie** et son **Africa Corps** — l'héritier institutionnel du groupe paramilitaire Wagner après la mort de son fondateur — pour assurer sa sécurité et combattre les groupes jihadistes et séparatistes. Ce pari, présenté par la junte comme une alternative souverainiste à la présence occidentale jugée inefficace, produit des résultats pour le moins mitigés au regard des attaques répétées et de l'expansion continue du JNIM.

Les **pertes subies** par l'**Africa Corps** lui-même, documentées notamment lors des combats d'avril et de juillet 2026, incluant la perte d'**hélicoptères** et de personnel, suggèrent que la présence russe n'a pas fondamentalement modifié le rapport de forces sur le terrain en faveur du gouvernement malien. Le mercenariat russe, en dépit de sa réputation de brutalité tactique, ne dispose visiblement pas des capacités de contre-insurrection nécessaires pour endiguer une insurrection aussi mobile et bien implantée localement que celle du JNIM et du FLA.

### Les accusations maliennes contre l'Ukraine et la France, un aveu par le détour

Face à ces **revers persistants**, la junte malienne et ses alliés russes ont, à plusieurs reprises, choisi d'accuser des puissances extérieures — notamment l'**Ukraine** et la **France** — d'être impliquées dans le soutien aux groupes rebelles, sans jamais produire de preuve vérifiable soutenant ces accusations. Ce schéma rhétorique, documenté par plusieurs médias internationaux dont **RT International** lui-même, rappelle une **stratégie de déresponsabilisation** classique : plutôt que de reconnaître l'échec de sa propre stratégie sécuritaire, la junte préfère désigner des boucs émissaires extérieurs commodes.

**Aucune preuve crédible n'a jamais été présentée** pour étayer une implication directe de Kyiv dans les opérations jihadistes ou séparatistes au Mali. Ces accusations s'inscrivent davantage dans une logique de propagande visant à justifier la présence continue de mercenaires russes et à détourner l'attention d'une réalité sécuritaire qui se détériore sur le terrain, indépendamment de qui en porte la responsabilité rhétorique.

*Accuser l'Ukraine d'orchestrer des attaques au cœur du Sahel, à des milliers de kilomètres du front ukrainien, relève d'une théorie du complot commode plutôt que d'une analyse sérieuse. Mais cette désinformation a un but précis : maintenir la présence russe coûte que coûte, même quand elle échoue à protéger les populations qu'elle est censée sécuriser.*

## Une junte de plus en plus isolée sur la scène régionale

### L'Alliance des États du Sahel, un bloc fragile face à la menace

Le **Mali** s'est associé au **Niger** et au **Burkina Faso** pour former l'**Alliance des États du Sahel (AES)**, un bloc régional qui a pris ses distances avec la **CEDEAO** et les partenariats occidentaux traditionnels au profit d'un rapprochement affirmé avec la **Russie**. Cette réorientation géopolitique, présentée comme une affirmation de souveraineté face à un néocolonialisme occidental supposé, n'a produit, à ce stade, aucune amélioration tangible de la situation sécuritaire dans les trois pays concernés, tous confrontés à des insurrections jihadistes actives et persistantes.

La solidarité affichée entre les trois juntes de l'AES masque difficilement l'ampleur des défis sécuritaires auxquels chacune fait face individuellement. Le Mali, en particulier, illustre les limites de cette stratégie : malgré le soutien de l'**Africa Corps** russe et la rhétorique souverainiste de Bamako, le JNIM et ses alliés continuent d'étendre leur influence sur des portions significatives du territoire national, y compris dans des zones proches de la capitale.

### Le prix humain d'une stratégie qui ne fonctionne pas

Derrière les **statistiques militaires** et les déclarations officielles se cache une **réalité humaine dévastatrice** pour les populations civiles maliennes, prises en étau entre les exactions jihadistes, les opérations de contre-insurrection parfois brutales de l'armée et de l'Africa Corps, et une instabilité chronique qui empêche tout développement économique et social durable dans de larges portions du territoire national. Les organisations de défense des droits humains ont documenté, à plusieurs reprises, des **exactions contre des civils** attribuées tant aux forces jihadistes qu'aux forces gouvernementales et à leurs alliés russes.

**Cette guerre sans fin apparente épuise une population déjà confrontée à des crises économiques et climatiques majeures** dans une région du Sahel particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique, qui exacerbe les tensions sur les ressources et alimente indirectement les recrutements jihadistes parmi des jeunes sans perspective économique viable.

*Le discours souverainiste de la junte malienne aurait pu séduire si les résultats sécuritaires suivaient. Ils ne suivent pas. Et pendant que Bamako se drape dans une rhétorique anti-occidentale, ce sont les civils maliens qui continuent de payer le prix d'une stratégie qui, trois ans après le coup d'État, n'a rien résolu.*

## La dimension internationale d'un conflit trop souvent négligé

### Un front sahélien qui mérite plus d'attention occidentale

La **situation malienne** s'inscrit dans une dynamique régionale plus large où la **Russie** cherche activement à étendre son influence en Afrique de l'Ouest, profitant du retrait des puissances occidentales traditionnelles pour combler un vide sécuritaire et diplomatique. Cette stratégie russe, documentée par plusieurs analyses géopolitiques, s'inscrit dans une logique plus large de projection d'influence qui inclut également d'autres théâtres, du Sahel à l'Ukraine, où Moscou cherche à démontrer sa capacité à peser sur des dossiers sécuritaires majeurs face à un Occident jugé affaibli ou distrait.

Cette expansion de l'influence russe au Sahel devrait davantage préoccuper les capitales occidentales, non seulement pour des raisons humanitaires évidentes, mais aussi parce qu'elle s'inscrit dans une stratégie globale de contestation de l'ordre international dirigé par l'Occident, dont l'Ukraine constitue le front le plus visible mais certainement pas le seul. **Le Sahel et l'Ukraine sont, à leur manière, deux théâtres d'une même compétition géopolitique** entre un Occident qui doit rester central et des puissances qui cherchent à fragmenter cet ordre.

### Ce que révèle l'échec relatif du modèle russe au Mali

L'**incapacité** de l'**Africa Corps** à endiguer significativement la **progression du JNIM** et du FLA, malgré plusieurs années de présence militaire au Mali, constitue un indicateur précieux de la fiabilité réelle de la Russie comme partenaire sécuritaire pour les pays qui choisissent de s'en remettre à elle plutôt qu'à des partenariats occidentaux plus structurés et transparents. Ce constat devrait servir d'avertissement à d'autres gouvernements africains tentés par le même pari.

**La Russie vend une promesse de sécurité qu'elle ne parvient manifestement pas à tenir au Mali**, un échec qui mérite d'être documenté et diffusé plus largement pour contrer le narratif souverainiste que Moscou et ses relais régionaux continuent de promouvoir avec un certain succès rhétorique, indépendamment des résultats concrets sur le terrain.

*Il y a une leçon géopolitique simple dans l'échec russe au Mali : la puissance militaire brute ne suffit pas à endiguer une insurrection ancrée localement. La Russie l'apprend au Sahel comme elle aurait dû l'apprendre plus vite en Ukraine, où sa supposée supériorité militaire s'est heurtée à la détermination d'un peuple qui défend son territoire.*

## Les leçons stratégiques d'une insurrection qui s'adapte

### La résilience organisationnelle du JNIM face aux pertes

La **capacité du JNIM** à lancer une nouvelle offensive coordonnée après une accalmie de près de deux mois, malgré des pertes documentées lors des combats antérieurs, témoigne d'une **résilience organisationnelle** qui dépasse largement l'image d'un groupe jihadiste affaibli et sur le déclin que la propagande gouvernementale malienne cherche parfois à véhiculer. Cette capacité de régénération rapide après des revers tactiques constitue l'une des caractéristiques les plus préoccupantes des insurrections jihadistes contemporaines au Sahel.

Le fait que ces attaques se déroulent sur **cinq fronts géographiquement dispersés** — du nord au sud du pays — révèle également une capacité logistique et de coordination qui suggère un ancrage territorial profond, bien au-delà des zones traditionnellement considérées comme des bastions jihadistes. Cette dispersion géographique complique considérablement toute stratégie de contre-insurrection qui viserait à concentrer les ressources sur un nombre limité de zones prioritaires.

### Ce que cette expansion signifie pour l'avenir du Mali

Si la **tendance actuelle** se maintient, le Mali risque de voir son **territoire sous contrôle effectif gouvernemental** continuer à se réduire, avec des conséquences potentiellement déstabilisatrices pour l'ensemble de la région sahélienne, y compris pour les pays voisins qui font face à des dynamiques jihadistes similaires. Cette trajectoire inquiétante devrait alerter davantage la communauté internationale sur les risques d'un effondrement sécuritaire plus large dans une région déjà fragile.

**Le JNIM ne gagne pas parce qu'il est invincible militairement** — il gagne, en partie, parce que les stratégies alternatives adoptées par la junte malienne, y compris son alliance avec la Russie, échouent à produire des résultats sécuritaires durables sur le terrain, laissant un vide que l'organisation jihadiste continue d'exploiter méthodiquement.

*Ce qui m'inquiète le plus dans cette histoire n'est pas la force du JNIM, mais la faiblesse structurelle des réponses qu'on lui oppose. Une junte isolée, un allié russe dépassé, une communauté internationale distraite : c'est la recette parfaite pour que l'extrémisme continue de prospérer pendant encore des années.*

## Ce que l'Occident devrait retenir de cette expansion jihadiste

### Le vide laissé par le retrait occidental n'a pas été comblé positivement

Le **retrait des forces françaises et onusiennes** du Mali, motivé par une combinaison de lassitude politique, de tensions diplomatiques avec la junte et de contraintes budgétaires, a laissé un vide sécuritaire que ni la junte malienne seule, ni son alliance avec la Russie, n'ont réussi à combler efficacement. Cette réalité mérite d'être analysée sans complaisance par les décideurs occidentaux qui envisageraient des stratégies similaires de désengagement dans d'autres théâtres sécuritaires africains.

Cette leçon dépasse le seul cas malien : elle illustre les risques d'un retrait précipité sans stratégie de transition solide, un enseignement qui devrait également informer les débats occidentaux sur l'engagement à long terme envers des dossiers sécuritaires complexes, qu'il s'agisse du Sahel ou d'autres théâtres où la présence occidentale reste contestée mais dont l'absence pourrait produire des conséquences encore plus dévastatrices.

### Une vigilance renouvelée sur l'expansion de l'influence hostile

L'expansion continue de l'influence russe au Sahel, en dépit de résultats sécuritaires mitigés, illustre la détermination de Moscou à consolider des sphères d'influence alternatives face à l'Occident, une stratégie qui mérite une vigilance renouvelée de la part des chancelleries occidentales, en cohérence avec la lutte plus large contre l'expansionnisme russe qui se joue également en Ukraine et ailleurs en Europe de l'Est.

**Le Sahel n'est pas un théâtre secondaire dans la compétition géopolitique mondiale actuelle** — c'est un front parmi d'autres où se joue la capacité de l'Occident à maintenir une influence positive face à des puissances qui cherchent activement à redessiner l'ordre international à leur avantage, souvent au détriment des populations locales qui en paient le prix humain le plus lourd.

*On ne peut pas prétendre défendre un ordre international fondé sur le droit en Ukraine tout en ignorant les dynamiques similaires qui se jouent au Sahel. La cohérence géopolitique exige une attention équivalente, même quand les caméras occidentales préfèrent regarder ailleurs.*

## Le précédent d'avril, avertissement ignoré par Bamako

### La mort du ministre de la Défense, un choc insuffisamment entendu

L'offensive coordonnée du **25 avril 2026**, qui a coûté la vie au **ministre malien de la Défense, Sadio Camara**, aurait dû constituer un signal d'alarme suffisant pour déclencher une révision en profondeur de la stratégie sécuritaire de la junte. Selon **Anadolu Ajansı**, cette vague d'attaques avait déjà démontré la capacité du JNIM et du FLA à frapper simultanément plusieurs cibles, incluant la région de **Kidal** et un hélicoptère abattu près de **Gao**. Deux mois et demi plus tard, l'offensive du 4 juillet reproduit presque exactement le même schéma opérationnel, preuve que les leçons tactiques n'ont pas été tirées, ou que les moyens pour y répondre restent structurellement insuffisants.

Cette répétition, à quelques mois d'intervalle, d'un mode opératoire quasi identique constitue l'un des éléments les plus accablants pour évaluer l'efficacité réelle de la stratégie sécuritaire malienne actuelle, qu'elle soit menée par les forces régulières ou en coordination avec l'**Africa Corps** russe. **Un gouvernement qui ne parvient pas à empêcher la répétition d'une attaque presque identique en moins de trois mois envoie un signal clair sur ses propres limites structurelles.**

### La question lancinante des leçons non tirées

Il serait injuste de prétendre qu'aucun ajustement tactique n'a été tenté par les forces gouvernementales et leurs alliés russes entre avril et juillet 2026. Mais l'ampleur similaire des deux offensives suggère que ces ajustements, quels qu'ils soient, n'ont pas suffi à modifier fondamentalement le rapport de forces sur le terrain. Le JNIM et le FLA continuent de disposer d'une liberté de mouvement suffisante pour planifier et exécuter des opérations coordonnées sur plusieurs fronts éloignés les uns des autres, ce qui constitue en soi un échec sécuritaire majeur pour un état qui prétend contrôler son territoire national.

**Le schéma se répète parce que rien de structurel n'a changé** — ni la stratégie sécuritaire de fond, ni la nature du partenariat russe, ni les conditions socio-économiques qui continuent d'alimenter le recrutement jihadiste dans les zones rurales du nord et du centre du pays. Sans un changement structurel profond, il n'y a aucune raison objective de croire que la prochaine offensive coordonnée, probablement dans les mois à venir, sera traitée différemment de celles d'avril et de juillet.

*Trois mois. C'est le temps qu'il a fallu au JNIM et au FLA pour reproduire quasiment à l'identique une offensive qui avait déjà coûté la vie à un ministre de la Défense. Si ça ne constitue pas la preuve d'un échec sécuritaire structurel, je ne sais pas ce qu'il faudrait de plus pour convaincre Bamako de changer d'approche.*

## Conclusion : Un billet pour ne pas oublier ce front silencieux

### Ce que cette offensive du 4 juillet révèle vraiment

L'offensive coordonnée du JNIM et du FLA sur cinq villes maliennes le 4 juillet 2026 n'est pas un incident isolé, mais la confirmation d'une tendance de fond : malgré des revers militaires documentés et la présence de mercenaires russes censés renforcer la sécurité du pays, l'insurrection jihadiste et séparatiste continue d'étendre son emprise opérationnelle sur le territoire malien. Cette réalité contredit frontalement le narratif de stabilisation que la junte de Bamako tente de projeter depuis son arrivée au pouvoir.

Le ciblage symbolique d'une prison abritant des dissidents politiques, combiné aux attaques simultanées sur des positions militaires dispersées géographiquement, illustre une capacité organisationnelle qui devrait alarmer davantage les observateurs régionaux et internationaux, au-delà des simples décomptes de pertes que chaque camp avance pour défendre son propre narratif de la situation sur le terrain.

### Un appel à ne pas détourner le regard

Ce billet n'a pas vocation à minimiser la complexité de la situation malienne ni à proposer une solution simple à une crise qui dure depuis plus d'une décennie sous différentes formes. Il vise simplement à rappeler que ce front sahélien, souvent éclipsé par d'autres actualités géopolitiques plus médiatisées, continue de produire des développements significatifs qui méritent une attention soutenue, notamment parce qu'ils s'inscrivent dans une compétition géopolitique plus large entre l'Occident et des puissances qui cherchent à en saper l'influence.

**Le Mali continue de brûler, lentement mais sûrement, sous le regard largement absent d'un monde occupé ailleurs. Ce billet n'y changera rien à court terme. Mais l'ignorance n'est jamais une stratégie, ni pour les décideurs, ni pour ceux qui prétendent les informer.**

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

*Je ne peux pas prétendre avoir toutes les réponses sur le Sahel. C'est une région complexe, aux dynamiques multiples, que je ne maîtrise pas avec la même profondeur que le dossier ukrainien. Mais l'humilité sur les détails ne doit jamais devenir une excuse pour le silence sur l'essentiel : des gens meurent, des villes tombent, et le monde regarde trop souvent ailleurs.*

## Sources

### Sources primaires

- [Council on Foreign Relations — Global Conflict Tracker, extrémisme violent au Sahel](https://www.cfr.org/global-conflict-tracker/conflict/violent-extremism-sahel)

- [Ce qu'il faut savoir sur les attaques coordonnées renouvelées à travers le Mali — Al Jazeera, 5 juillet 2026](https://www.aljazeera.com/news/2026/7/5/what-to-know-about-the-renewed-coordinated-attacks-across-mali)

### Sources secondaires

- [Offensives maliennes de 2026 — Wikipedia](https://en.wikipedia.org/wiki/2026_Mali_offensives)

- [Explicatif — Attaques au Mali : que s'est-il passé et que va-t-il se passer — Anadolu Ajansı, 25 avril 2026](https://www.aa.com.tr/en/world/explainer-attacks-in-mali-what-happened-and-what-next/3918056)

- [Mali : les rebelles s'emparent de la ville clé d'Anéfis alors qu'ils resserrent leur emprise dans le nord — allAfrica, 7 juillet 2026](https://allafrica.com/stories/202607070003.html)

- [La Russie salue le déploiement d'une force militaire conjointe au Sahel — RT International](https://www.rt.com/africa/611562-russia-welcomes-sahel-alliance-joint-counterterrorism-force/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/billet-jnim-etend-son-emprise-sur-le-mali-malgre-les-revers-militaires
