# BILLET : Israël refuse de quitter le Liban : le caillou dans l'accord

> En juin 2026, Israël et le Liban se sont retrouvés une nouvelle fois à Washington pour tenter de négocier une sortie de crise. Les délégations ont échangé, les communiqués ont été polis, et le résultat est arrivé : aucune avancée substantielle. Le texte conjoint publié par les États-Unis, Israël et le Liban conditionne la cessation des hostilités à un arrêt complet des tirs du

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Billet
- Publié: 2026-06-28
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/billet-israel-refuse-de-quitter-le-liban-le-caillou-dans-l-accord

## À retenir

- Le texte conjoint conditionne la cessation des hostilités à l'arrêt des tirs du Hezbollah et à son retrait du sud du Litani, sans calendrier pour quitter la zone tampon occupée par Tsahal.
- Le mécanisme des « zones pilotes » confié aux Forces armées du Liban laisse à Israël le soin de décider quand il se retire, selon ses propres critères de sécurité.
- L'Iran reste le soutien du Hezbollah, et le deal américano-iranien de juin 2026 ne mentionne pas explicitement le Liban.
- La résolution 1701 et la FINUL n'ont pas permis d'imposer un retrait israélien ni un désarmement du Hezbollah, et les États-Unis couvrent politiquement Israël.
- Le Liban est exsangue économiquement, et les civils du Sud restent déplacés sans perspective de retour.

## Introduction : un accord de papier sur un volcan

### Washington signe, Israël reste

En juin 2026, **Israël** et le **Liban** se sont retrouvés une nouvelle fois à **Washington** pour tenter de négocier une sortie de crise. Les délégations ont échangé, les communiqués ont été polis, et le résultat est arrivé : **aucune avancée substantielle**. Le texte conjoint publié par les **États-Unis**, **Israël** et le **Liban** conditionne la cessation des hostilités à **un arrêt complet des tirs du Hezbollah** et au retrait de ses membres du secteur sud du fleuve **Litani**. Pas un mot sur un calendrier de retrait israélien au-delà de la zone tampon que **Tsahal** occupe sur **5 à 10 kilomètres de profondeur**.

Le paradoxe est saisissant : on exige du **Hezbollah** un désarmement complet pendant qu'Israël conserve sa **liberté opérationnelle totale** dans le sud du pays. Les **Forces armées du Liban (FAL)** sont censées prendre le contrôle de **zones pilotes**, mais personne ne dit quand **l'armée israélienne** libèrera le terrain qu'elle occupe. On est face à une équation dont **l'une des inconnues** est délibérément laissée de côté.

### Un cessez-le-feu qui n'en est pas un

La trêve du **17 avril 2026** a officiellement tenu quelques semaines avant de s'effondrer. **L'intensification des combats** et les **avancées terrestres israéliennes** dans le sud du Liban ont confirmé l'échec de cette première tentative. Dès le début juin, les négociateurs sont retournés à la table, mais sans résultat tangible. De nouvelles discussions politiques et sécuritaires ont été annoncées pour la semaine du **22 juin** — repoussant encore l'horizon d'une vraie paix.

Ce que l'on appelle pudiquement **«accord minimaliste»** repousse en réalité la perspective d'un cessez-le-feu durable. **Le Liban** est épuisé, ses institutions fragilisées. **Israël** cherche à conserver un **maximum de liberté opérationnelle**. Et pendant ce temps, les civils libanais paient le prix d'une guerre qui n'a pas de fin visible.

*Ce qu'on appelle diplomatie au Proche-Orient ressemble souvent à un jeu de dupes. Israël signe ce qui l'arrange, reste là où il veut rester, et laisse les autres réclamer le retrait. Ça dure depuis des décennies. Je ne prétends pas avoir la solution — mais je refuse de prétendre que ce qu'on nous présente comme un «accord» en est vraiment un.*

## La logique israélienne : la sécurité avant tout, le droit ensuite

### La doctrine des «zones pilotes»

**Israël** a proposé une approche graduelle : la création de **«zones pilotes»** dont les **Forces armées du Liban** prendraient le contrôle exclusif, à l'exclusion du **Hezbollah**. Sur le papier, c'est raisonnable. Dans la pratique, ce mécanisme permet à **Tsahal** de ne se retirer que là où il l'estime sûr — et de rester partout ailleurs. Il s'agit d'un **retrait conditionnel**, géré par l'occupant lui-même, à son propre rythme et selon ses propres critères de sécurité.

Les **États-Unis se sont engagés à renforcer les capacités des FAL** pour les aider dans cette mission. C'est un geste utile — les **Forces armées libanaises** manquent cruellement d'équipements et de formation — mais cela ne règle pas la question fondamentale : **qui décide quand Israël quitte le territoire libanais ?** La réponse implicite est : **Israël lui-même**. Et c'est précisément là que le bât blesse.

### Le dossier des drones du Hezbollah, ultime prétexte

L'accord de juin 2026 ne règle pas non plus, pour **l'État hébreu**, la question des **drones utilisés par le Hezbollah**. **Israël** a réaffirmé que sa sécurité ne peut être assurée que par le **désarmement complet du Hezbollah** et le respect de son intégrité territoriale. Cette condition est à la fois légitime dans son principe et pratiquement inatteignable dans le délai exigé — ce qui garantit à **Tsahal** de rester présent indéfiniment au **Liban-Sud**.

Les drones du **Hezbollah**, réels et préoccupants, deviennent ainsi un **joker permanent** dans les mains israéliennes. Tant qu'ils existent — et ils existeront longtemps — Israël dispose d'un argument béton pour justifier une présence militaire que le droit international condamnerait autrement sans ambiguïté. **La sécurité légitime d'une nation** est ici instrumentalisée comme outil de non-retrait.

*Je comprends que l'armée israélienne ne veuille pas quitter un terrain sans garanties solides. Qui le voudrait après ce qu'Israël a vécu ? Mais il y a une différence entre des garanties légitimes et une occupation déguisée en diplomatie. Ce que je vois en 2026, c'est un État démocratique qui utilise le langage de la sécurité pour contourner ses obligations internationales.*

## Le Hezbollah affaibli mais pas éliminé

### Une organisation exsangue, pas détruite

Les opérations militaires israéliennes depuis 2024 ont **lourdement endommagé l'infrastructure du Hezbollah**. Des commandants ont été éliminés, des dépôts d'armes détruits, des réseaux de communication perturbés. L'organisation chiite n'est plus ce qu'elle était au sommet de sa puissance. Mais elle **n'est pas morte**. Elle s'adapte, se reconfigure, recrute — et bénéficie toujours du soutien logistique et financier de **l'Iran**, même affaibli.

La question n'est donc pas de savoir si le **Hezbollah** a été affaibli — il l'a été — mais de savoir si **son affaiblissement justifie indéfiniment la présence israélienne au Liban**. Une présence qui, selon les analystes, alimente en retour le ressentiment de la population locale et **offre au Hezbollah** son meilleur argument de recrutement : la résistance à l'occupant.

### Le dilemme des FAL face à une double pression

Les **Forces armées du Liban** sont prises en étau. D'un côté, **Israël** leur demande de déployer effectivement dans le Sud, de contrôler les zones pilotes et de barrer la route au **Hezbollah**. De l'autre, leur capacité à tenir ce rôle dépend d'un soutien financier et matériel international encore insuffisant. **L'armée libanaise** ne dispose ni des effectifs ni des équipements nécessaires pour contrôler une frontière de plusieurs dizaines de kilomètres face à une organisation paramilitaire aguerrie.

Les **États-Unis** s'engagent à **renforcer les FAL** — mais à quel rythme et avec quels moyens concrets ? La promesse américaine est réelle, mais elle ne compense pas des **années de désinvestissement** dans l'armée libanaise. Et tant que les FAL ne seront pas crédibles sur le terrain, **Israël** aura beau jeu de maintenir ses positions en arguant qu'il n'existe pas encore de substitut viable.

*L'armée libanaise mérite plus de respect que ce que l'Occident lui accorde. Ce sont des soldats professionnels, souvent bien formés, qui patrouillent dans un pays dont l'État est en ruines. Les lâcher avec des promesses vagues et exiger qu'ils remplacent à la fois le Hezbollah et Tsahal, c'est leur confier une mission impossible. Et tout le monde le sait.*

## L'Iran derrière le rideau : un obstacle diplomatique de taille

### Téhéran finance et surveille

**L'Iran** reste le bailleur de fonds et l'inspirateur stratégique du **Hezbollah**. Malgré les sanctions, malgré les tensions autour de son programme nucléaire et malgré un deal naissant avec **Washington** en juin 2026, **Téhéran** n'entend pas lâcher sa prise sur le **Liban**. Le **Hezbollah** est trop précieux comme levier régional pour être abandonné dans le cadre d'une simple négociation bilatérale israélo-libanaise.

Les discussions entre **Washington** et **Téhéran** sur le nucléaire, évoquées par **JD Vance** comme une «très bonne fondation» le 22 juin 2026, pourraient théoriquement ouvrir un espace pour une solution globale incluant le **Liban**. Mais c'est un horizon très lointain. **L'Iran** ne sacrifiera pas son influence libanaise en échange d'un allègement de sanctions nucléaires — ce sont deux dossiers qu'il tient à séparer soigneusement.

### Le deal américano-iranien : une fenêtre entrouverte

L'accord initial entre les **États-Unis** et **l'Iran** annoncé fin juin 2026 est présenté comme un premier pas vers la fin des hostilités directes et un allègement des sanctions. **Washington** a décidé de débloquer environ **24 à 25 milliards de dollars** d'avoirs gelés et d'ouvrir la voie à **300 milliards de dollars** de reconstruction. C'est un signal fort — mais il ne dit rien sur le rôle du **Hezbollah** au **Liban**.

Pour que ce deal serve réellement la paix au Liban, il faudrait qu'il inclue un volet explicite sur le désarmement du **Hezbollah** ou au minimum une neutralisation de son soutien iranien. Aucune source sérieuse ne confirme que cette condition est sur la table. L'Iran traite le **Hezbollah** comme un investissement stratégique, pas comme une concession négociable. Tant que **Téhéran** tient ce fil, **Beyrouth** demeurera sous tension.

*Un deal américano-iranien qui ignore le Hezbollah, c'est comme négocier un accord sur les inondations sans parler du barrage qui cède. L'Iran sait exactement ce qu'il fait. Washington aussi, vraisemblablement. Ce qui me trouble, c'est l'absence totale de discussion publique sur le prix que le Liban devra payer pour cette normalisation en cours.*

## La résolution 1701 : la lettre et l'esprit

### Un texte que tout le monde invoque et personne n'applique

La **résolution 1701 du Conseil de sécurité** de l'ONU, adoptée en 2006, prévoit le déploiement de la **FINUL** dans le sud du Liban et le désarmement des groupes armés — Hezbollah inclus. Vingt ans plus tard, cette résolution est toujours citée dans chaque communiqué, chaque accord-cadre, chaque déclaration diplomatique. Et toujours aussi peu respectée dans ses points essentiels.

**Israël** invoque la **1701** pour justifier ses opérations : le Hezbollah viole le texte en restant armé au sud du **Litani**. Vrai. Mais **Israël** viole lui aussi cette résolution en maintenant une présence militaire sur le territoire libanais sans autorisation du **Conseil de sécurité**. Le **double standard** est flagrant — et il mine la crédibilité de tout le système de droit international dans la région.

### La FINUL : observateurs impuissants

La **Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL)** compte environ **10 000 soldats** déployés dans le sud du pays. Elle observe, documente, rapporte — mais ne peut ni désarmer le **Hezbollah** ni contraindre **Tsahal** à se retirer. Son mandat est limité, ses règles d'engagement prudentes, et son efficacité contestée par toutes les parties. C'est une présence symbolique dans un conflit bien réel.

En juin 2026, la **FINUL** a continué à documenter les **incidents dans la zone bleue** sans pouvoir imposer quoi que ce soit à **Israël** ni au **Hezbollah**. Son existence rassure les chancelleries occidentales et offre une couverture politique, mais elle n'a pas changé la réalité sur le terrain depuis 2006. La cruelle vérité est qu'aucun mécanisme international ne dispose aujourd'hui des moyens d'imposer un retrait israélien ou un désarmement du Hezbollah.

*La FINUL est le symbole parfait de ce que l'ONU peut faire quand les grandes puissances n'ont pas vraiment envie d'une solution : envoyer des soldats, leur interdire de se battre, et appeler ça du maintien de la paix. Ce n'est pas une critique des soldats sur le terrain — ils font ce qu'ils peuvent. C'est une critique du système qui les place dans cette situation absurde.*

## Le Liban en miettes : un État victime de sa propre paralysie

### Institutions libanaises à genoux

Le **Liban** de 2026 est un pays exsangue. Après des années de **crise économique**, l'explosion du port de **Beyrouth** en 2020, la pandémie, la guerre avec Israël et le maintien d'un système politique sectaire corrompu, ses institutions sont au bord du gouffre. **L'État libanais** ne contrôle pas réellement son propre territoire — une partie est sous influence du **Hezbollah**, une autre sous occupation israélienne de facto.

Cette paralysie institutionnelle est une aubaine pour tous ceux qui veulent éviter une solution. **Israël** peut arguer que sans État fort, point de contrôle possible — justifiant sa présence. **L'Iran** peut maintenir son influence via le **Hezbollah** faute d'alternative étatique crédible. Et les **Libanais ordinaires** — chrétiens, sunnites, chiites, druzes — paient la note d'un jeu géopolitique dont ils ne sont pas les acteurs.

### L'économie libanaise : une catastrophe prolongée

La **livre libanaise** ne vaut plus rien. Le système bancaire est paralysé depuis 2019. La **Banque du Liban** opère dans l'opacité. L'aide internationale arrive au compte-gouttes, conditionnée à des réformes que la classe politique libanaise est structurellement incapable d'entreprendre. Selon les estimations récentes, le **PIB libanais par habitant** a chuté de plus de **70 % en moins de dix ans**.

Dans ce contexte de dévastation économique, l'absence d'accord de paix aggrave encore les choses. Les **investissements** fuient, les **cerveaux** partent, et les populations qui restent vivent dans une incertitude totale. Chaque nouvelle ronde de négociations qui échoue est une nouvelle saignée pour un pays qui n'a plus de sang à perdre. La **paix au Liban** n'est pas seulement une question de droit international — c'est une urgence humanitaire.

*J'ai du mal à regarder les images de Beyrouth en 2026 et à y voir un pays qui fait encore partie du même monde que nous. Ce qui s'est passé là-bas est une catastrophe civilisationnelle. Et l'impasse diplomatique actuelle, avec ses «zones pilotes» et ses communiqués polis, ressemble à de la bureaucratie organisée pendant que la maison brûle.*

## La pression internationale : entre posture et impuissance

### Europe : déclarations fermes, leviers faibles

Les puissances européennes — **France**, **Allemagne**, **Royaume-Uni** — continuent d'appeler au **respect de la résolution 1701** et au retrait israélien du **Liban**. Ces déclarations sont sincères, mais leur poids diplomatique est limité. **Israël** n'est pas soumis à des sanctions européennes. Les relations commerciales entre **l'UE et Israël**, malgré les tensions, restent solides. Et Washington couvre politiquement les opérations israéliennes.

L'**Union européenne** se retrouve dans une position inconfortable : elle finance une partie de l'aide humanitaire au **Liban**, contribue à la **FINUL**, défend verbalement la souveraineté libanaise — mais ne dispose d'aucun levier réel pour modifier le comportement d'**Israël** ou d'**Iran**. C'est la limite structurelle d'une diplomatie européenne qui n'est pas encore souveraine face aux grandes puissances de la région.

### Washington : le grand arbitre paralysé

Les **États-Unis** restent la puissance incontournable dans ce dossier. Ils sont le seul acteur capable de mettre une pression réelle sur **Israël** — et ils refusent systématiquement de le faire de façon décisive. L'**administration Biden** en son temps, l'**administration Trump** aujourd'hui, ont toutes deux protégé **Israël** des conséquences juridiques et diplomatiques de ses actions au **Liban**. **Washington** négocie avec **Téhéran** sur le nucléaire tout en couvrant l'occupation israélienne au Sud-Liban — un grand écart permanent.

Ce n'est pas de la mauvaise foi : c'est de la realpolitik. Les **États-Unis** ont des intérêts stratégiques dans la région qui dépassent largement la question libanaise. Mais le résultat est que le **Liban** n'a pas de vrai protecteur — que des observateurs, des financeurs et des alliés qui regardent ailleurs quand ça brûle vraiment.

*Il m'arrive de me demander ce que le Liban devrait faire différemment pour être pris au sérieux par Washington. S'acheter un programme nucléaire ? Avoir du pétrole en abondance ? La réponse honnête, c'est qu'un pays sans ressources stratégiques majeur dans une région instable ne peut pas forcer les grandes puissances à agir. C'est brutal, mais c'est la vérité géopolitique nue.*

## La dimension humanitaire : les civils pris en otage d'un conflit sans fin

### Des populations déplacées sans perspective de retour

Au sud du **Liban**, les populations civiles qui avaient fui les combats de **2024** n'ont toujours pas pu rentrer chez elles en **juin 2026**. Les villages bordant la **zone tampon** contrôlée par **Tsahal** restent inaccessibles. Des dizaines de milliers de **Libanais du Sud** vivent dans des camps de fortune ou chez des proches à **Beyrouth** et dans d'autres régions, dans une situation d'incertitude totale. Personne ne leur dit quand ils pourront rentrer — parce que personne ne sait quand **Israël** se retirera.

L'**UNHCR** et diverses organisations humanitaires ont documenté les conditions de vie dégradées de ces **déplacés internes**. Sans terres agricoles, sans accès à leurs propriétés, sans revenus stables, ils représentent une bombe sociale à retardement. La **crise humanitaire au Liban-Sud** est directement liée à l'absence de résolution politique — et chaque mois supplémentaire d'occupation israélienne aggrave irrémédiablement leur situation.

### Les infrastructures détruites et la reconstruction suspendue

Les **bombardements** de 2024-2025 ont laissé des cicatrices profondes dans les villages du **Liban-Sud**. Des maisons, des routes, des infrastructures d'eau et d'électricité ont été détruites. La **reconstruction** ne peut commencer sérieusement tant que l'incertitude sécuritaire persiste et que les civils ne peuvent pas rentrer superviser les travaux. L'aide internationale promise — notamment par le **Qatar**, l'**Arabie saoudite** et l'**Union européenne** — est conditionnée à une stabilisation que l'impasse diplomatique retarde indéfiniment.

Ce cycle destructeur — conflit, reconstruction partielle, nouveau conflit — a épuisé la résilience des communautés du **Liban-Sud**. Certaines familles ont fui trois ou quatre fois depuis **2006**. Ce qu'on leur demande aujourd'hui, c'est d'attendre encore : que les diplomates trouvent une formule, que les militaires s'entendent sur des zones pilotes, que les politiques cessent de tergiverser. L'attente, pour eux, a un coût humain que les communiqués diplomatiques n'évoquent jamais.

*Ce que les négociateurs au sommet semblent oublier trop souvent, c'est qu'il y a des gens réels au bout de chaque décision non prise. Des familles qui attendent de rentrer chez elles depuis des mois. Des agriculteurs qui regardent leurs oliviers sans pouvoir les récolter. Le prix humain de cette impasse diplomatique n'est pas abstrait — il se compte en vies gâchées, en enfants qui grandissent loin de leur village. Aucun accord-cadre ne le dira jamais assez clairement.*

## Conclusion : un caillou qui bloque toute la route

### L'accord qui n'avance pas

En **juin 2026**, l'**accord israélo-libanais** reste un document inachevé, construit sur des ambiguïtés calculées. **Israël** maintient sa présence militaire dans le **Liban-Sud** avec la bénédiction tacite des **États-Unis**. Le **Hezbollah** est affaibli mais non désarmé. Les **FAL** ont promis de déployer, mais sans les moyens nécessaires. Et le **Liban civil** continue de saigner, lentement, inexorablement.

Ce refus israélien de se retirer est, objectivement, **le caillou dans la chaussure** de toute la diplomatie régionale. Pas le seul — le **Hezbollah** armé et l'**Iran** derrière lui constituent un problème symétrique — mais tant qu'**Israël** ne se retire pas du territoire libanais, aucune architecture de paix durable ne peut se construire. Les textes signés à **Washington** ne seront que de beau papier.

### Un peuple qui attend depuis trop longtemps

Les **Libanais** méritent mieux que ce cycle perpétuel de guerre et de faux accords. Ils méritent un État fonctionnel, une économie viable, un territoire souverain. Ni **Israël** ni le **Hezbollah** ni **l'Iran** ni les grandes puissances ne semblent disposés à leur donner cela aujourd'hui. Le **billet** du chroniqueur, hélas, ne peut que constater l'échec et espérer que les prochaines négociations — probablement à l'automne 2026 — produiront quelque chose de tangible. L'espoir est mince. Mais il persiste.

*Je termine ce billet avec une conviction simple : le droit international n'est pas une option pour les forts et une obligation pour les faibles. Si on accepte qu'Israël peut occuper indéfiniment le Liban-Sud sans conséquences, on valide un précédent dangereux que d'autres — Russie, Chine, Iran — ont déjà commencé à utiliser. La cohérence n'est pas qu'un principe moral, c'est une nécessité stratégique.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Le Monde — Accord Israël-Liban : un accord minimaliste — 4 juin 2026](https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/04/entre-israel-et-le-liban-un-accord-minimaliste-qui-repousse-la-perspective-d-un-cessez-le-feu-durable_6697336_3210.html)

- [Euromaidan Press — Polish FM warns Putin's retaliatory rhetoric — 24 juin 2026](https://euromaidanpress.com/2026/06/24/polish-fm-warns-putins-retaliatory-rhetoric-sounds-like-an-announcement-of-a-provocation/)

- The Guardian — Vance : «très bonne fondation» deal final Iran — 22 juin 2026

### Sources secondaires

- [Al Jazeera — Les Baltes ont besoin d'un mécanisme de désescalade — 27 mai 2026](https://www.aljazeera.com/opinions/2026/5/27/the-baltics-urgently-need-a-de-escalation-mechanism-belarus-can-help)

- [ISW — Iran Update Special Report — 21 juin 2026](https://understandingwar.org/research/middle-east/iran-update-special-report-june-21-2026/)

- [Ground News — US-Iran accord initial fin guerre — 23 juin 2026](https://ground.news/article/b656df9e-us-iran-initial-agreement-ceasefire-sanctions)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/billet-israel-refuse-de-quitter-le-liban-le-caillou-dans-l-accord
