# BILLET : Ex-soldats russes interdits d'UE — Paris et Rome bloquent, le signal envoyé à Moscou reste ambigu

> L'idée est simple, directe, moralement inattaquable : interdire l'entrée dans l'Union européenne aux anciens soldats russes qui ont combattu en Ukraine. Ursula von der Leyen l'a formulée le 9 juin 2026 dans le cadre du 21e paquet de sanctions : toute personne ayant servi dans les forces armées russes depuis le début de la guerre doit rester hors de portée des capitales, des pla

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Billet
- Publié: 2026-06-29
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/billet-ex-soldats-russes-interdits-d-ue-paris-et-rome-bloquent-le-signal-envoye-

## Introduction : une bonne idée que l'Europe s'empresse de compliquer

### La proposition : tenir les bourreaux à l'écart de nos maisons

L'idée est simple, directe, moralement inattaquable : **interdire l'entrée dans l'Union européenne** aux anciens soldats russes qui ont combattu en Ukraine. Ursula von der Leyen l'a formulée le **9 juin 2026** dans le cadre du **21e paquet de sanctions** : toute personne ayant servi dans les forces armées russes depuis le début de la guerre doit rester hors de portée des capitales, des plages et des villes européennes. Environ **1,5 million de vétérans** potentiellement concernés. Une mesure claire, lisible, et qui envoie un signal politique fort à ceux qui ont participé à des crimes documentés contre le peuple ukrainien.

Mais voilà — comme souvent avec l'**Union européenne**, une bonne idée rencontre rapidement les complexités bureaucratiques, les intérêts nationaux et les peurs irrationnelles de certains gouvernements. Réunion des États membres le **26 juin 2026**. Et là, deux pays qui auraient pu montrer l'exemple choisissent de faire obstacle : la **France** et l'**Italie**.

### Paris et Rome : la peur du signal politique

Selon des sources diplomatiques européennes citées par **Bloomberg**, Paris et Rome ne sont pas fondamentalement opposées à l'idée d'écarter les ex-combattants russes. Leur objection est plus subtile — et plus révélatrice. Elles craignent que le **libellé actuel de la proposition** puisse ouvrir la porte, à terme, à une interdiction visant l'ensemble des citoyens russes. Chaque État membre devrait en effet déterminer qui a ou n'a pas combattu — une évaluation « **loin d'être simple** », selon leurs sources. Et cette complexité, soutiennent-elles, devrait relever de la politique des visas plutôt que d'un paquet de sanctions.

Argument légitime en apparence. Mais en pratique ? Ces mêmes objections sont soulevées depuis **2022** pour ralentir chaque mesure un peu trop efficace. Ce n'est pas la première fois que **Paris** ou **Rome** freinent des mesures de pression sur Moscou. Et ce n'est probablement pas la dernière.

*Je vais être direct : l'argument de Paris et Rome sur la « complexité » de l'identification des ex-combattants est un prétexte respectable pour éviter une mesure politiquement inconfortable. L'Europe a les moyens techniques de faire ce tri. Ce qu'elle manque, c'est parfois la volonté.*

## Les chiffres qui donnent le vertige

### 670 000 demandes de visa par des Russes — et les camps d'opposition

Les chiffres disponibles éclairent les réticences de Paris et Rome sous un jour différent. L'an dernier, les ressortissants russes ont déposé **plus de 670 000 demandes de visa Schengen**. Et la **France, l'Italie et l'Espagne** ont représenté à elles seules **les trois quarts** de toutes ces demandes. Les intérêts touristiques, économiques et relationnels en jeu ne sont pas négligeables. Certains de ces Russes qui voyagent en Europe sont des dissidents, des journalistes, des opposants au régime de Poutine. Une interdiction trop large les affecterait injustement.

Ce n'est pas ce que propose von der Leyen. La proposition cible spécifiquement les **anciens militaires** ayant combattu en Ukraine — pas l'ensemble de la population russe. Mais la crainte d'un glissement, d'une extension future, semble suffire à paralyser deux des plus grands États membres de l'UE. Le résultat concret : une mesure qui pourrait signifier quelque chose reste dans les limbes de la négociation européenne.

### 1,5 million de vétérans russes — la portée de la mesure

Environ **1,5 million de vétérans russes** seraient potentiellement concernés par cette interdiction. Ce chiffre énorme reflète l'ampleur de l'effort de guerre russe. La **Russie** a mobilisé des centaines de milliers de soldats depuis **2022**, y compris par des mobilisations partielles controversées. Beaucoup de ces hommes ont participé à des opérations documentées comme des crimes de guerre : exécutions de civils, bombardements d'infrastructures civiles, déportations d'enfants ukrainiens.

L'idée qu'un nombre significatif de ces individus pourrait obtenir un visa Schengen et se promener librement à Paris, Milan ou Berlin n'est pas abstraite. Des cas documentés ont déjà émergé. L'interdiction proposée est une réponse proportionnée à cette réalité. Elle ne résout pas tout — les fraudeurs existeront toujours — mais elle envoie un signal clair : **l'Europe ne sera pas un refuge pour ceux qui ont porté les armes contre l'Ukraine**.

*1,5 million de vétérans potentiellement concernés. Et on hésite ? Je comprends les nuances juridiques, je comprends les dissidents russes qui méritent notre protection. Mais je ne comprends pas qu'on puisse peser ces considérations administratives contre la réalité de ce que ces soldats ont fait en Ukraine.*

## Le contexte plus large du 21e paquet de sanctions

### Pétrole, cryptomonnaies, flotte fantôme

La mesure sur les ex-combattants n'est qu'un élément d'un paquet plus large et ambitieux. Le **21e paquet de sanctions** proposé par la Commission européenne inclut notamment un **ajustement du plafond de prix du pétrole russe** — fixé à **15%** sous le prix moyen du brut Urals, ce qui a porté le plafond actuel à **44,10 dollars le baril**. Une révision prévue en juillet pourrait le faire monter à au moins **65 dollars**, au-dessus de l'ancien plafond de **60 dollars**. L'objectif est de continuer à réduire les revenus énergétiques de **Moscou** qui financent sa machine de guerre.

S'ajoutent des restrictions visant les banques, les **opérateurs de cryptomonnaies** et les compagnies pétrolières qui aident la Russie à contourner les sanctions existantes. Trente navires supplémentaires seraient ajoutés à la liste noire de la **flotte fantôme** russe — ces pétroliers qui transportent le pétrole russe sous pavillons de complaisance pour échapper aux contrôles. Des contrôles à l'exportation sur des entreprises en **Chine, Inde, Turquie et Asie centrale** accusées d'approvisionner les fabricants d'armes russes sont également envisagés.

### Un paquet qui se dilue dans les négociations

Le problème récurrent des paquets de sanctions européens est celui de leur diluition progressive sous les pressions des États membres qui ont des intérêts particuliers à préserver. La **Hongrie** a longtemps été le principal obstacle — mais elle n'est plus seule. **France et Italie** sur les combattants, d'autres sur le plafond pétrolier, d'autres encore sur les mesures commerciales : chaque mesure significative trouve ses opposants au sein même de l'UE.

Le résultat est un paquet dont l'effet de signal international est souvent plus important que l'effet réel sur l'économie russe. La **Russie** a appris à s'adapter aux sanctions européennes, précisément parce qu'elles arrivent progressivement et avec suffisamment de préavis pour permettre des ajustements. Une Union européenne plus cohérente et plus rapide dans ses décisions serait une Union européenne plus efficace face à l'agression russe.

*Vingt-et-un paquets de sanctions. Vingt-et-un rounds de négociations, de compromis, de diluitions. Je ne nie pas les résultats — l'économie russe souffre. Mais j'imagine parfois ce qu'aurait pu être l'impact d'une Europe qui agirait d'un seul tenant, sans les tractations d'arrière-salle qui affaiblissent chaque mesure.*

## La France et l'Italie — le problème de la cohérence

### Des alliés qui soutiennent... jusqu'à un certain point

Ni la **France** ni l'**Italie** ne sont des opposantes au soutien à l'Ukraine. Paris a livré des **canons Caesar**, des **missiles Scalp**, des **systèmes de défense aérienne**. Rome a fourni des armes, des équipements, un soutien politique de principe. Mais sur certaines mesures spécifiques — notamment celles qui touchent aux relations avec la société russe ou aux intérêts économiques — leur enthousiasme se refroidit notablement.

Cette ambivalence n'est pas sans conséquences. Elle envoie à **Moscou** le signal que l'unité européenne a des limites, que certaines mesures seront toujours bloquées par au moins un ou deux grands États membres. **Poutine** lit ces signaux et les intègre dans ses calculs stratégiques. Chaque fissure dans la cohésion européenne est une information utile pour le Kremlin.

### La responsabilité des grands pays de l'UE

La **France** et l'**Italie** sont deux des plus grandes économies de l'**Union européenne**. Leur influence dans les négociations est considérable. Quand elles bloquent ou ralentissent une mesure, elles ne le font pas sans conséquences — elles définissent en partie les limites de ce que l'Europe est capable de faire. Cette responsabilité devrait s'accompagner d'une plus grande conscience des signaux qu'elles envoient, tant à Kyiv qu'à Moscou.

Il y a une cohérence à défendre : soit on considère que les anciens soldats russes ayant combattu en Ukraine représentent une catégorie particulière, soit on ne le considère pas. La proposition de la Commission européenne dit que oui. Paris et Rome disent peut-être, sous certaines conditions, avec des garanties. Cette réponse conditionnelle est politiquement problématique dans un moment où l'Ukraine attend de ses alliés une solidarité sans équivoque.

*La France et l'Italie ont des intérêts légitimes à défendre — je ne prétends pas le contraire. Mais il y a un moment dans l'histoire où les calculs de court terme doivent céder devant une vision à long terme de ce que l'Europe veut être. Ce moment est maintenant. Et je ne suis pas sûr qu'elles le voient.*

## Le précédent juridique et ses implications futures

### Une mesure qui fait jurisprudence dans l'UE

L'interdiction d'entrée sur le territoire de l'**Union européenne** pour les **ex-combattants des forces armées russes** qui se sont battus en **Ukraine** depuis **2022** établit un **précédent juridique important**. Pour la première fois, un statut de combattant dans une guerre spécifique devient un critère d'exclusion aux frontières européennes. Ce précédent pourrait avoir des implications sur la politique migratoire et de sécurité de l'**UE** dans d'autres conflits futurs.

La mesure soulève également des questions d'application pratique non triviales. Comment vérifier qu'une personne s'est battue en **Ukraine** ? Les **bases de données d'identification** militaires russes ne sont pas accessibles aux autorités européennes. Des indicateurs indirects — présence dans certaines régions d'origine, décorations militaires russes, tatouages de brigade — peuvent donner des indices mais ne constituent pas des preuves légales suffisantes pour un refus d'entrée systématique. La mise en œuvre effective de cette mesure est donc plus complexe qu'elle n'y paraît.

### Les résistances françaises et italiennes : une lecture politique

Les réticences de **Paris** et **Rome** à soutenir pleinement cette mesure révèlent des calculs politiques internes spécifiques. En **France**, une partie de l'électorat et de la classe politique reste sensible à l'idée que des mesures trop agressives contre la **Russie** risquent d'empêcher une sortie diplomatique. Cette sensibilité — héritée d'une longue tradition de **dialogue Est-Ouest** — complique les prises de position tranchées même quand elles sont moralement justifiées.

En **Italie**, la politique ukrainienne reste complexe dans un paysage où certains partis de gouvernement ont historiquement entretenu des relations proches avec **Moscou**. Ces nuances politiques internes se traduisent par des hésitations au niveau européen sur les mesures les plus symboliquement fortes. C'est une réalité démocratique avec laquelle l'**Ukraine** doit composer — sans pour autant valider l'idée que la **modération** vis-à-vis des agresseurs soit une position tenable à long terme.

*Paris et Rome qui hésitent. Je comprends les contraintes politiques internes. Mais il y a des moments où la clarté morale devrait l'emporter sur le calcul électoral. Interdire l'accès à l'Europe à ceux qui ont participé à des crimes de guerre n'est pas une posture agressive — c'est de la cohérence avec les valeurs que l'UE prétend défendre.*

## Ce que cette mesure dit de l'état de la politique étrangère européenne

### Une UE qui agit, mais avec des réserves persistantes

La mesure d'interdiction d'entrée pour les **ex-combattants russes**, même imparfaite dans son application, illustre une tendance de fond : l'**Union européenne** est en train de construire, laborieusement, une politique étrangère et de sécurité plus musclée. Ce processus est lent, souvent frustrant pour les alliés les plus proactifs comme la **Pologne** et les **pays baltes**. Mais la direction est bonne — vers plus de cohérence et plus de capacité à agir collectivement face aux menaces.

Le problème récurrent est celui de l'**unanimité**. Les décisions de politique étrangère européenne nécessitent l'accord de vingt-sept États membres — un système conçu pour garantir la légitimité démocratique mais qui favorise le plus petit commun dénominateur face aux décisions difficiles. Des réformes institutionnelles permettant des votes à la **majorité qualifiée** sur certaines questions de politique étrangère sont en discussion depuis des années. Le dossier ukrainien en a révélé l'urgence — sans pour autant déverrouiller le consensus politique nécessaire pour les adopter.

### La solidarité comme réponse à la menace

Au-delà des débats institutionnels, la mesure sur les **ex-combattants russes** envoie un signal politique qui transcende ses limites pratiques. Elle dit à la **Russie** — et au monde — que l'**Europe** ne restera pas passive face aux conséquences du conflit. Elle dit à l'**Ukraine** que ses partenaires européens prennent au sérieux la demande de **responsabilité** pour les actions militaires russes. Et elle dit aux combattants russes eux-mêmes qu'il y a des conséquences personnelles à participer à une guerre d'agression.

Cette dernière dimension est peut-être la plus importante à long terme. Si suffisamment de soldats russes savent qu'ils ne pourront plus jamais visiter **Paris**, **Rome** ou **Berlin** en raison de leur participation à la guerre en **Ukraine**, cela crée une **pression individuelle** sur ceux qui pourraient hésiter à s'engager. Ce n'est pas une dissuasion suffisante pour arrêter la guerre — mais dans la mécanique complexe de la **pression systémique**, chaque levier compte.

*Si un soldat russe sait qu'en participant à la guerre en Ukraine il se ferme l'Europe à vie, peut-être qu'il hésite deux secondes avant de signer son engagement. Deux secondes qui ne changeront peut-être rien. Mais peut-être qu'elles changeront quelque chose, pour quelqu'un. C'est la logique des sanctions individuelles.*

## La liste des États qui appliquent : les pionniers de la mesure

### Les pays baltes et la Pologne en tête

Pendant que **Paris** et **Rome** hésitent, les États qui appliquent le plus vigoureusement l'interdiction d'entrée pour les **ex-combattants russes** sont sans surprise les pays les plus directement exposés à la menace : **Estonie**, **Lettonie**, **Lituanie** et **Pologne**. Ces pays n'ont pas attendu une directive européenne pour renforcer leurs contrôles aux frontières et refuser l'entrée à des personnes présentant des indicateurs d'appartenance aux forces armées russes ayant combattu en **Ukraine**.

Leur approche est pragmatique et fondée sur leurs **services de renseignement nationaux** qui maintiennent des bases de données sur les personnes à risque. Sans accès direct aux registres militaires russes, ils utilisent des combinaisons d'indicateurs : voyages dans les zones de conflit identifiées, cercles sociaux, présence sur des réseaux sociaux russes, tatouages de brigades connues, décorations visibles. Ce profilage est imparfait mais opérationnel — et il envoie un signal clair aux candidats à l'entrée que la surveillance est réelle.

### Le modèle baltique comme référence pour l'UE

L'approche des **pays baltes** pourrait servir de modèle pour une politique européenne plus cohérente. Ils ont développé des **outils d'évaluation des risques** adaptés à la menace spécifique posée par les ex-combattants russes : questionnaires détaillés, vérifications approfondies des antécédents, coordination avec les services de renseignement partenaires. Ces outils ne sont pas parfaits, mais ils sont plus efficaces que l'absence totale de mesures spécifiques.

La volonté politique de les appliquer — y compris au risque de frictions diplomatiques avec **Moscou** — reflète la culture stratégique de ces pays : ayant vécu sous occupation soviétique, ils comprennent viscéralement que la faiblesse face à la menace russe n'achète pas la paix — elle l'encourage. C'est une leçon que les pays d'**Europe occidentale** doivent intégrer dans leur propre calcul, même si leur histoire les a moins directement conditionnés à cette vigilance.

*Les pays baltes appliquent ce que Paris et Rome tergiversent à mettre en place. Peut-être parce qu'ils savent, pour l'avoir vécu, ce que coûte l'inaction face à la Russie. Cette expérience historique directe est une ressource stratégique que l'UE devrait écouter plus attentivement.*

## Ce qu'il faut pour que cette politique fonctionne

### Une base de données commune et un partage de renseignement renforcé

Pour que l'interdiction d'entrée pour les **ex-combattants russes** soit efficace à l'échelle de l'**Union européenne**, elle nécessite une infrastructure de mise en œuvre que l'**UE** ne possède pas encore pleinement. Une **base de données partagée** entre États membres, alimentée par des contributions des services de renseignement nationaux et par des informations provenant de sources ouvertes vérifiées, serait l'outil central d'une politique cohérente. Sans cet outil, chaque État membre applique la mesure avec ses propres données — ce qui crée des failles dans la couverture.

Le renforcement du partage de renseignement au sein de l'**UE** sur les combattants russes en **Ukraine** est un projet plus large que la seule question d'entrée sur le territoire. Il concerne aussi la **détection des réseaux d'espionnage**, l'identification des individus à risque dans les communautés de la diaspora russe, et la surveillance des tentatives russes d'influencer les processus politiques européens. La mesure sur les ex-combattants est une porte d'entrée politique vers un renforcement plus large de la coopération de renseignement européenne.

### La dimension droits humains : ne pas discriminer collectivement

Toute politique de contrôle aux frontières fondée sur l'appartenance à un groupe — même un groupe aussi spécifique que les anciens combattants d'une guerre d'agression — doit s'accompagner de garanties contre la **discrimination collective**. Tous les citoyens russes ne sont pas des combattants. Tous les ex-militaires russes n'ont pas participé aux opérations en **Ukraine**. Toute mise en œuvre de cette mesure doit distinguer rigoureusement les individus ciblés de la population russe dans son ensemble.

Cette distinction n'est pas seulement une exigence juridique des **droits humains** — c'est aussi une nécessité politique. Une politique perçue comme une discrimination collective anti-russe ferait le jeu de la propagande de **Moscou** qui cherche à présenter l'**Occident** comme hostile à tous les Russes. L'objectif est de cibler précisément ceux qui ont participé à des actes illégaux — pas de punir collectivement une nationalité. Cette précision est aussi indispensable qu'elle est difficile à maintenir dans la pratique.

*Cibler les combattants, pas les Russes. C'est la ligne à tenir — éthiquement et politiquement. Une mesure qui glisse vers la discrimination collective ne défend pas les valeurs européennes. Elle les compromet. Et dans cette guerre qui est aussi une guerre de valeurs, cette distinction est fondamentale.*

## Conclusion : le signal envoyé et ce qu'il coûte

### Ce que cette hésitation dit à l'Ukraine

Pour l'**Ukraine**, qui observe ces négociations européennes depuis son champ de bataille, le message est clair : l'**Europe unie** reste un projet inachevé. On peut compter sur certains alliés — les **pays Baltes**, la **Pologne**, les pays nordiques — pour une solidarité sans conditions. D'autres partenaires restent dans des zones de confort, soutenant l'Ukraine en paroles mais tâtonnant dès que les mesures coûtent quelque chose — même politiquement.

Cette hésitation n'est pas fatale. L'Ukraine survivra à ce nouveau retard dans le **21e paquet de sanctions**. Mais elle accumule. Chaque retard, chaque compromis dilué, chaque mesure abandonnée sous la pression de Paris ou Rome est une leçon que Kyiv tire sur la fiabilité de ses alliés à long terme. Et ces leçons influencent les stratégies diplomatiques ukrainiennes au moment où les négociations de paix se profilent à l'horizon.

### La mesure finira par passer — mais à quel prix ?

L'histoire des paquets de sanctions européens nous enseigne que la plupart des mesures finissent par être adoptées, même tardivement et dans une version affaiblie. L'interdiction pour les ex-combattants russes connaîtra vraisemblablement le même chemin : adoption progressive, avec des clauses d'application nationale suffisamment vagues pour satisfaire Paris et Rome. C'est mieux que rien. Mais c'est moins bien que ce que la situation exigerait.

L'**Europe peut mieux faire**. Elle a les institutions, les outils juridiques, la puissance économique pour exercer une pression bien plus forte sur la **Russie de Poutine**. Ce qui lui manque parfois, c'est la volonté politique cohérente. Et cette volonté, face à la plus grande agression sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale, ne devrait pas être optionnelle.

*Une Europe imparfaite, hésitante sur les détails, mais qui avance dans la bonne direction. Cette interdiction d'entrée pour les ex-combattants russes n'est pas révolutionnaire. Mais elle est réelle. Et dans le langage de la diplomatie européenne, 'réel et imparfait' vaut toujours mieux que 'parfait et inexistant'.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Euromaidan Press — Russia's former soldiers may face a locked EU border — if France and Italy stop balking — 26 juin 2026](https://euromaidanpress.com/2026/06/26/russias-former-soldiers-may-face-a-locked-eu-border-if-france-and-italy-stop-balking/)

- [Euronews — EU ban on Russian combatants faces resistance from France and Italy — 26 juin 2026](https://www.euronews.com/my-europe/2026/06/26/eu-ban-on-russian-combatants-faces-resistance-from-france-and-italy)

- [RBC Ukraine — Two EU countries oppose entry ban on Russians who fought against Ukraine — 25 juin 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/two-eu-countries-oppose-entry-ban-on-russians-1782413097.html)

### Sources secondaires

- [Ukrpravda — Russian attack in Zaporizhzhia: one killed, 15 injured including two children — 28 juin 2026](https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/06/28/8041471/)

- [Euromaidan Press — Russo-Ukrainian war, day 1581 — 24 juin 2026](https://euromaidanpress.com/2026/06/24/russo-ukrainian-war-day-1581/)

- [United24 Media — Ukraine Launches Record Wave of Strikes on Russia's Defense Industry in June — 28 juin 2026](https://united24media.com/war-in-ukraine/ukraine-launches-record-wave-of-strikes-on-russias-defense-industry-in-june-20234)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/billet-ex-soldats-russes-interdits-d-ue-paris-et-rome-bloquent-le-signal-envoye-
