# Bank of America paie 72,5 millions, mais qui paie vraiment

> Introduction : le prix d'un silence bancaire

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Éditorial
- Publié: 2026-07-04
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/bank-of-america-paie-725-millions-mais-qui-paie-vraiment

## Introduction : le prix d'un silence bancaire

### Un règlement de plus dans la longue liste Epstein

**Bank of America** a accepté de verser **72,5 millions de dollars** pour régler un recours collectif intenté par des femmes affirmant que la banque a **facilité le trafic sexuel** de **Jeffrey Epstein**. L'accord, décrit par les avocats comme un **« règlement de principe »**, doit encore recevoir l'**approbation finale** du juge fédéral **Jed Rakoff**, de la Cour de district de Manhattan.

Le recours, initié en **octobre 2025** par une plaignante identifiée sous le pseudonyme **Jane Doe**, couvre la période du **30 juin 2008** au **6 juillet 2019**, soit l'ensemble des années durant lesquelles Epstein a utilisé des comptes à Bank of America pour, selon la plainte, financer et dissimuler son **réseau de trafic sexuel**.

### Une banque, un compte, un système

Selon la plainte, Jane Doe a ouvert un compte à Bank of America en **mai 2013**, à la demande du comptable d'Epstein, **Richard Kahn**, et d'un avocat spécialisé en immigration, dans le cadre d'un stratagème visant à tromper les autorités d'immigration. Entre **2011 et 2013**, elle affirme avoir été **agressée sexuellement** par Epstein à au moins deux reprises, séquestrée et contrainte à des actes sexuels avec d'autres femmes.

*Ce n'est pas juste une histoire de comptes bancaires mal surveillés. C'est l'histoire d'une institution financière qui a laissé un système d'exploitation fonctionner sous son toit pendant plus d'une décennie, et qui aujourd'hui préfère payer plutôt que d'expliquer publiquement pourquoi.*

## Ce que Bank of America est accusée d'avoir fait

### Des services bancaires au service d'un prédateur

Le recours collectif accuse Bank of America d'avoir **ignoré des activités financières suspectes** associées à Epstein malgré une **abondance de signaux d'alerte** sur ses agissements criminels, préférant privilégier le **profit** plutôt que la **sécurité de ses clientes vulnérables**. Le document de règlement affirme que l'opération de trafic sexuel d'Epstein a été **« facilitée et permise »** par la banque, qui lui aurait fourni des services de **retrait** et de **virement** tout en l'aidant à **échapper à la surveillance réglementaire**.

Selon la plainte, cette assistance aurait **entravé les autorités** dans leur capacité à découvrir les opérations illégales d'Epstein et aurait **amplifié son accès et son contrôle** sur ses victimes, causant un préjudice direct aux membres du recours collectif.

### La défense de la banque

Bank of America a **catégoriquement nié**, et continue de nier, toute participation ou assistance aux opérations de trafic sexuel d'Epstein, ainsi que toute forme d'obstruction. La banque a qualifié les allégations de **« sans substance et non fondées »**, affirmant n'avoir offert que des **services bancaires standards** à une personne qui n'était, à l'époque, pas connue pour ses liens avec des activités criminelles.

Le règlement ne comporte **aucune admission de culpabilité** de la part de Bank of America. C'est une distinction juridique importante: la banque paie pour mettre fin au litige, pas pour reconnaître une faute.

*« Services standards », vraiment? Une décennie de transferts et de retraits liés à un homme déjà condamné en 2008 pour sollicitation d'une mineure, ça ne ressemble à aucune définition raisonnable de la normalité bancaire. Le vocabulaire juridique choisi ici sert à minimiser, pas à clarifier.*

## Le calendrier judiciaire qui a précipité l'accord

### Une décision de janvier qui a changé la donne

En **janvier 2026**, le juge Rakoff avait déjà rendu une décision cruciale: Bank of America devait **répondre directement** aux accusations de Jane Doe selon lesquelles la banque avait sciemment profité du trafic sexuel d'Epstein et entravé l'application des lois de protection contre le trafic humain. Cette décision a considérablement affaibli la position de défense de la banque avant même le procès.

Le **12 mars 2026**, les avocats des deux parties ont informé le juge, lors d'une conférence téléphonique, qu'ils étaient parvenus à un **règlement de principe**. Les documents détaillant l'accord ont été déposés le **27 mars 2026**, avec une audience prévue le **2 avril 2026** pour examiner la proposition.

### Un procès et une déposition évités de justesse

Sans ce règlement, un **procès** était prévu pour le **11 mai 2026**. Le milliardaire **Leon Black**, cofondateur d'**Apollo Global Management**, devait aussi être **déposé sous serment** le 26 mars 2026, un interrogatoire qui n'aura probablement plus lieu grâce à l'accord conclu quelques semaines plus tôt.

Black avait démissionné de son poste de PDG d'Apollo en 2021 après qu'une enquête d'un cabinet d'avocats externe eut révélé qu'il avait versé environ **170 millions de dollars** à Epstein pour des services de **« planification fiscale et successorale »**. Il a toujours nié avoir eu connaissance des activités criminelles d'Epstein.

*Une déposition évitée à quelques semaines d'avance, ça sent moins la coïncidence que la stratégie. Quand un règlement financier permet à un témoin clé d'échapper à un interrogatoire sous serment, le public a le droit de se demander ce que cette déposition aurait pu révéler.*

## Un quatrième règlement, pas le premier

### JPMorgan et Deutsche Bank avant elle

Bank of America n'est pas la première grande institution financière à régler ce type de litige. En **juin 2023**, **JPMorgan Chase** avait accepté de verser **290 millions de dollars** aux victimes d'Epstein, suivi peu après par **Deutsche Bank**, qui avait consenti à payer **75 millions de dollars**. En **août 2023**, JPMorgan avait également accepté de verser **75 millions de dollars** au gouvernement des **îles Vierges américaines**.

La même année, Leon Black avait accepté de verser **62,5 millions de dollars** aux îles Vierges américaines, un règlement qui l'a libéré de poursuites potentielles supplémentaires liées à Epstein dans ce territoire.

### Un schéma qui se répète, une leçon qui ne s'apprend pas

Ce règlement de Bank of America porte à **quatre** le nombre d'institutions financières majeures ayant réglé des poursuites liées à Epstein en l'espace de trois ans. Ce n'est plus un cas isolé; c'est un **schéma industriel** de complaisance bancaire envers un client dont les activités criminelles étaient, selon les plaignants, largement documentées et signalées en interne bien avant son arrestation de 2019.

*Quatre banques, quatre règlements, des centaines de millions versés en trois ans. À ce stade, il ne s'agit plus d'erreurs isolées de conformité. C'est la preuve qu'un système entier a choisi, année après année, de fermer les yeux tant que l'argent continuait de circuler.*

## Pourquoi l'argent ne suffit jamais

### Ce que 72,5 millions ne répare pas

Aucune somme d'argent ne peut effacer les **années d'abus** subies par les femmes visées par ce recours. Le règlement offre une **compensation financière**, pas une reconnaissance publique de responsabilité, puisque Bank of America maintient sa position de **négation totale**. Pour plusieurs victimes, cette absence d'aveu constitue une forme de **justice inachevée**.

*L'argent soulage, mais il ne répare pas tout. Aucune plaignante dans ce dossier n'a demandé seulement un chèque; elles ont demandé que quelqu'un admette ce qui s'est passé. Et sur ce point précis, le règlement ne leur donne rien.*

L'avocate **Sigrid McCawley**, qui représente les plaignantes, a qualifié ce règlement d'**« étape supplémentaire vers une justice amplement méritée »**. C'est une formulation prudente, qui reconnaît implicitement que la justice complète reste, dans ce dossier, encore hors de portée.

### L'absence persistante de responsabilité pénale

Aucun dirigeant de Bank of America n'a été **personnellement poursuivi** au criminel dans ce dossier. Le règlement civil clôt le litige financier, mais il ne répond pas à la question plus large de savoir si des employés ou des cadres de la banque ont sciemment permis ces transactions en connaissance de cause. Cette question demeure, à ce jour, **sans réponse publique documentée**.

*Payer une amende n'est pas la même chose que rendre des comptes. Tant qu'aucun cadre bancaire ne fait face à des conséquences personnelles, le message envoyé à l'industrie financière reste le même: le risque de complicité avec un prédateur se calcule, et il se règle en argent, jamais en responsabilité individuelle.*

## Le rôle du juge Rakoff dans ce dossier

### Une supervision judiciaire qui a forcé la main des parties

Le juge **Jed Rakoff** a joué un rôle déterminant dans ce dossier bien avant le règlement. Sa décision de janvier 2026, forçant Bank of America à répondre directement aux accusations les plus graves de la plaignante, a réduit considérablement la marge de manœuvre juridique de la banque. C'est cette pression judiciaire, plus que toute volonté spontanée de transparence, qui semble avoir précipité les négociations.

L'approbation finale du règlement par le juge Rakoff, prévue lors de l'audience du 2 avril 2026, reste une formalité généralement accordée dans ce type de dossier, bien qu'elle ne soit jamais entièrement automatique.

### Ce que cette supervision révèle sur le système judiciaire américain

Le fait qu'il ait fallu une décision judiciaire contraignante pour faire avancer ce dossier illustre une réalité plus large: sans **pression judiciaire soutenue**, les grandes institutions financières ont peu d'incitatifs internes à reconnaître leur rôle dans ce type de scandale. La justice civile, ici, agit comme un substitut imparfait à une responsabilisation pénale plus directe.

## Ce que révèle la comparaison avec JPMorgan

### Un montant plus faible, une responsabilité similaire

Le règlement de **72,5 millions de dollars** versé par Bank of America est nettement **inférieur** aux **290 millions de dollars** payés par **JPMorgan Chase** en 2023. Cet écart soulève une question légitime: la différence de montant reflète-t-elle une **différence réelle de responsabilité**, ou simplement un **rapport de force juridique** différent entre les plaignants et chacune des banques?

Les documents judiciaires ne permettent pas, à ce stade, de trancher cette question avec certitude. Ce qu'on peut affirmer, c'est que les **deux banques** ont choisi de régler plutôt que d'aller devant un jury, ce qui limite considérablement la **transparence publique** sur l'ampleur exacte de leur implication respective.

### Le poids des avocats et des ressources juridiques

Les plaignantes contre Bank of America étaient représentées par le cabinet **Boies Schiller Flexner**, un cabinet reconnu pour ses litiges de grande envergure contre des institutions financières. La **qualité de la représentation juridique** influence directement l'issue de ce type de négociation, un facteur qui échappe souvent à l'attention du public concentré uniquement sur le montant final annoncé.

*Comparer les montants entre banques, c'est utile, mais ça ne doit pas nous faire oublier l'essentiel: chaque règlement, peu importe sa taille, reste une négociation privée qui évite un procès public. Et un procès public, c'est souvent la seule façon d'obtenir de vraies réponses sur ce qui s'est réellement passé.*

## L'impact sur la confiance envers le secteur bancaire

### Une industrie qui peine à tirer les leçons

Malgré quatre règlements majeurs en trois ans, rien n'indique qu'une **réforme structurelle** des mécanismes de conformité bancaire ait été mise en place à la suite de ces affaires. Les régulateurs fédéraux américains n'ont pas imposé de **sanctions réglementaires publiques** comparables à l'ampleur des règlements civils versés aux victimes.

Cette absence de réforme visible alimente une **inquiétude légitime**: si le coût financier d'une complicité avérée ou alléguée reste absorbable pour une institution de la taille de Bank of America, l'incitatif à renforcer réellement la **surveillance interne** demeure faible.

### Ce que les clients et actionnaires devraient demander

Les actionnaires de Bank of America ont un intérêt direct à exiger une **transparence renforcée** sur les procédures de conformité qui ont permis à ce dossier de s'étendre sur plus d'une décennie. Les clients ordinaires, de leur côté, méritent l'assurance que leur institution financière applique les mêmes normes de vigilance à tous ses clients, peu importe leur **fortune** ou leur **influence**.

*Une banque qui paie 72,5 millions sans jamais admettre sa faute continuera d'opérer exactement comme avant, sauf pression continue de ses propres actionnaires et clients. La responsabilisation ne viendra pas d'en haut si personne ne l'exige d'en bas.*

## Conclusion : la justice financière n'est pas la justice complète

### Un chapitre de plus, pas une fin

Ce règlement de **72,5 millions de dollars** ferme un chapitre judiciaire, mais il n'éteint pas les questions plus profondes soulevées par ce dossier. Combien d'autres institutions ont fermé les yeux? Combien de cadres savaient et n'ont rien dit? Ces questions demeurent, pour l'essentiel, sans réponses publiques complètes à ce jour.

Le prochain jalon vérifiable reste l'audience du **2 avril 2026**, où le juge Rakoff doit formellement approuver ou ajuster les termes de l'accord.

### Ce que le public devrait exiger ensuite

Au minimum, le public est en droit d'exiger une **transparence accrue** sur les mécanismes internes de conformité bancaire qui ont permis à Epstein d'opérer pendant plus d'une décennie sans être inquiété par ses partenaires financiers. Sans cette transparence, rien ne garantit qu'un schéma similaire ne se reproduise pas ailleurs, avec un autre client, une autre banque, et les mêmes **silences complices**.

*Quatre banques, quatre règlements, zéro procès public, zéro aveu. Si c'est ça la conclusion officielle du scandale financier lié à Epstein, alors le système a déjà gagné contre les victimes, même en payant des centaines de millions de dollars.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

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Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

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Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Epstein victims to get $72.5 million from Bank of America in lawsuit settlement — CNBC, 27 mars 2026](https://www.cnbc.com/2026/03/27/jeffrey-epstein-bank-of-america-lawsuit-settle.html)

- [Bank of America settles Epstein accusers' lawsuit — Reuters, 16 mars 2026](https://www.reuters.com/sustainability/boards-policy-regulation/bank-america-settles-epstein-accusers-lawsuit-2026-03-16/)

- [US District Judge Grants Final Settlement Approval for Jeffrey Epstein Survivors — Boies Schiller Flexner](https://www.bsfllp.com/news-events/us-district-judge-grants-final-settlement-approval-for-jeffrey-epstein-survivors.html)

### Sources secondaires

- [US judge preliminarily approves settlement between Epstein estate — Reuters, 3 mars 2026](https://www.reuters.com/world/us-judge-preliminarily-approves-35-million-settlement-between-epstein-estate-2026-03-03/)

- [Financial Times coverage of Epstein-related bank settlements — Financial Times](https://www.ft.com/content/2d7e6671-5779-49ab-9b26-c36291f63a44)

- [Banks Face Lawsuits For Aiding, Profiting From Epstein Schemes — Top Class Actions](https://topclassactions.com/lawsuit-settlements/money/banks-face-lawsuits-for-aiding-profiting-from-epstein-schemes/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/bank-of-america-paie-725-millions-mais-qui-paie-vraiment
