# ANALYSE : Zelensky limoge Syrskyi après Fedorov, et la rue avait déjà tranché

> Volodymyr Zelensky a limogé le commandant en chef Oleksandr Syrskyi, après une semaine agitée durant laquelle il avait déjà limogé le ministre de la Défense Mykhailo Fedorov.

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-07-25
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/analyse-zelensky-limoge-syrskyi-apres-fedorov-et-la-rue-avait-deja-tranche

## Introduction

**Volodymyr Zelensky a limogé le commandant en chef Oleksandr Syrskyi**, après une semaine agitée durant laquelle il avait déjà limogé le **ministre de la Défense Mykhailo Fedorov**. **Mykhailo Drapatyi**, commandant du groupement de forces interarmées, a été nommé nouveau commandant en chef. Cette analyse s'appuie sur les travaux de **Sarah Whitmore**, professeure associée de sciences politiques à l'Université Oxford Brookes, et **Bettina Renz**, professeure de sécurité internationale à l'Université de Nottingham, republiés par Asia Times depuis The Conversation. *Un limogeage isolé raconte une crise. Deux limogeages en une semaine racontent un système qui craque à sa jointure la plus ancienne.*

Le limogeage de Fedorov, **ministre populaire** que beaucoup créditent d'être **« the brains behind Ukraine's successful drone strategy »**, a provoqué la descente dans la rue de **milliers de personnes**. Zelensky a présenté le départ de Syrskyi comme un élément d'une **restructuration générale** des forces armées.

Cette analyse traite l'interprétation de Whitmore et Renz comme une **lecture savante**, et non comme un fait brut : leur recherche universitaire couvre la période **2019-2022**, et leur lecture des événements de juillet 2026 constitue une extrapolation de leur cadre analytique, clairement identifiée comme telle tout au long de ce texte.

## Ce que la rue a exigé, avant que le palais ne bouge

### Des milliers de personnes dans la rue pour un ministre limogé

Le renvoi de **Mykhailo Fedorov** a provoqué une mobilisation publique de **milliers de personnes**, un fait rare dans une Ukraine en guerre où les **manifestations de masse** contre le pouvoir exécutif restent peu fréquentes. **Cette réaction populaire** visait un ministre largement crédité, dans l'**opinion publique** et chez les experts cités par Whitmore et Renz, d'être à l'origine de la **stratégie de drones** qui a permis à l'Ukraine de compenser son **désavantage matériel** face à la Russie.

**La rue a donc tranché avant le palais** : le limogeage de Syrskyi, survenu après cette mobilisation, peut être lu comme une réponse tardive à une colère publique déjà exprimée contre le départ de Fedorov, plutôt que comme une **décision strictement militaire** prise indépendamment de la pression de la rue.

### Ce que cette séquence révèle sur l'ordre réel des décisions à Kyiv

**Zelensky a présenté le départ de Syrskyi** comme un élément d'une restructuration générale des forces armées, une présentation qui minimise le **lien temporel direct** entre la colère de la rue et le second limogeage. **Cette présentation officielle** mérite d'être confrontée à la chronologie brute des événements, sans que cette confrontation ne prouve à elle seule une **causalité** que les sources ne confirment pas explicitement.

*Un pouvoir qui explique un limogeage par une réforme générale espère toujours qu'on oubliera la manifestation qui l'a précédé.*

## Une tension institutionnelle, pas seulement personnelle

### La thèse centrale de Whitmore et Renz

Les auteurs soutiennent que les **tensions entre ministre civil de la Défense et direction militaire** sont **institutionnelles**, et non pas seulement personnelles. **Cette thèse** déplace le regard : il ne s'agirait pas d'un **conflit de personnalités** entre Zelensky, Fedorov et Syrskyi, mais d'un **défaut structurel** ancré dans l'architecture même du commandement militaire ukrainien depuis plusieurs années.

**Cette lecture institutionnelle** s'appuie sur une recherche universitaire couvrant la période **2019 à 2022**, de l'élection de Zelensky à l'invasion à grande échelle. Elle ne constitue pas une **observation directe** des événements de juillet 2026, mais une **grille de lecture** appliquée **rétroactivement** par les auteurs elles-mêmes à la crise actuelle.

### Le contrôle civil démocratique, un objectif jamais pleinement atteint

Le **contrôle civil démocratique de l'armée** était un objectif officiel de l'Ukraine, conforme aux exigences de l'**OTAN** et de l'**UE** dans le cadre de son **rapprochement occidental**. **Sa mise en œuvre**, selon Whitmore et Renz, a buté sur une **faible acceptation** de l'idée qu'un ministre de la Défense doit être civil et doit, à ce titre, avoir **autorité** sur la définition de la politique de défense.

**Cette résistance culturelle et institutionnelle** au contrôle civil constitue, selon les auteurs, le **fil conducteur** qui relie la crise actuelle à des épisodes similaires survenus depuis 2017. *Une loi peut changer un organigramme. Elle ne change pas, du jour au lendemain, qui répond réellement au téléphone quand la guerre appelle.*

## Une loi de 2018 héritée d'un autre monde

### Un héritage soviétique conservé malgré la pression occidentale

La **loi de 2018**, adoptée sous pression occidentale, a conservé un **héritage soviétique** où le ministre de la Défense et le commandant en chef répondent **séparément** devant le président, plutôt que le second relevant hiérarchiquement du premier comme dans la plupart des **démocraties occidentales**. **Ce choix structurel**, selon Whitmore et Renz, produit un résultat prévisible : les chefs militaires contournent le ministre et vont directement au président.

**Cette architecture** place le président ukrainien en position d'arbitre permanent entre deux chaînes de responsabilité parallèles, plutôt qu'en sommet d'une **hiérarchie unifiée** où le ministre civil superviserait le commandement militaire. **Le résultat**, selon les auteurs, est un ministre structurellement affaibli face à un commandant en chef qui garde un **accès direct et privilégié** au chef de l'État.

### Pourquoi cette architecture favorise mécaniquement les généraux

Depuis **2019**, Zelensky a nommé **cinq civils** comme ministres de la Défense, tout en s'appuyant sur le commandant en chef pour la **politique de défense**, ce qui a marginalisé les ministres successifs selon l'analyse de Whitmore et Renz. **Ce chiffre de cinq ministres** en l'espace de sept ans traduit, à lui seul, une instabilité chronique du poste que la seule explication de **personnalités incompatibles** peine à couvrir entièrement.

*Cinq ministres en sept ans, ce n'est plus une série de mauvais choix. C'est un poste que la structure elle-même rend difficile à occuper durablement.*

## Les précédents qui annonçaient déjà cette crise

### Poltorak et Muzhenko, deux hommes qui s'évitaient

Entre **2017 et 2019**, le ministre **Stepan Poltorak** et le lieutenant-général **Viktor Muzhenko**, selon les experts cités par Whitmore et Renz, **« would not even be in the same room together »**. **Ce premier précédent**, antérieur même à l'élection de Zelensky, montre que la **tension structurelle** entre ministre civil et commandement militaire précède largement la présidence actuelle et ne peut donc pas être attribuée à un **style de gouvernance** propre à un seul dirigeant.

**Cette incompatibilité documentée** entre deux responsables occupant simultanément les plus hautes fonctions de la défense ukrainienne illustre, selon les auteurs, un dysfonctionnement récurrent bien antérieur à la guerre actuelle contre la Russie. *Une décennie de ruptures n'est jamais une coïncidence. C'est un motif que personne, en haut lieu, n'a voulu regarder en face.*

### Zagorodniuk, Khomchak et Taran : une décennie de ruptures répétées

En **2019-2020**, les relations entre le général **Ruslan Khomchak** et le réformateur **Andriy Zagorodniuk** **« went south very quickly »**, et Zelensky a limogé Zagorodniuk après seulement **six mois** en poste. En **2020-2021**, le conflit entre Khomchak et **Andriy Taran** est devenu public au point que l'un a poursuivi l'autre en justice.

**Une réforme visant à subordonner** le commandant en chef au ministre a échoué durant cette période, la direction militaire résistant activement au changement et Zelensky n'intervenant pas pour l'**imposer**. **Ce refus d'arbitrer** en faveur du contrôle civil, selon Whitmore et Renz, constitue un **choix récurrent** du président plutôt qu'un accident isolé.

## Les scandales de corruption qui ont fragilisé le ministère

### Des accusations de trahison qui restent, à ce stade, des accusations

Le ministère a connu des **scandales répétés de corruption** dans les achats de défense au fil des années. **Trois anciens ministres civils** de la Défense en poste entre **2010 et 2014**, ainsi que le chef d'état-major général de **2012 à 2014**, sont accusés de trahison pour avoir vendu du matériel militaire sans autorisation. **Il s'agit d'accusations**, formulées au conditionnel, et la présomption d'innocence s'applique pleinement à ces anciens responsables tant qu'aucune **décision judiciaire définitive** n'a été rendue publique dans le dossier disponible.

**Cette analyse rapporte ces accusations** exactement comme les auteurs les présentent, sans leur attribuer un statut de fait établi. **Aucune source consultée** pour cet article ne permet d'affirmer une culpabilité, et aucune **identité précise** au-delà des fonctions occupées n'a été retenue ici pour cette raison.

### Pourquoi ces scandales anciens éclairent la crise actuelle

**Une histoire de corruption** dans les achats de défense alimente, selon la logique même développée par Whitmore et Renz, une méfiance structurelle qui complique davantage la relation entre civils et militaires : chaque scandale renforce l'argument selon lequel les militaires devraient garder le contrôle opérationnel loin des politiques, tout en fragilisant simultanément la **légitimité** des ministres civils censés les superviser.

*Un scandale de corruption ne salit pas seulement un nom. Il donne, pour des années, une excuse à ceux qui préfèrent qu'aucun civil ne regarde de trop près.*

## L'expert qui accuse Zelensky d'avoir mal compris la logique du pouvoir civil

### Une critique directe rapportée par les auteurs

Un **expert ukrainien de la défense**, cité par Whitmore et Renz sans être nommé dans le dossier disponible, estime que Zelensky **« failed to understand the logic that civilians must do the strategic policy-making »**. **Cette citation** constitue l'une des critiques les plus directes rapportées dans l'analyse, formulée par une source experte dont l'identité précise n'est pas fournie par les auteurs elles-mêmes.

**Cette analyse reproduit cette citation** telle qu'elle apparaît dans le texte source, sans pouvoir vérifier indépendamment l'identité exacte de cet expert ni le contexte complet de sa déclaration, une limite méthodologique qu'il convient de signaler explicitement. *Une critique anonyme reste une critique. Elle pèse moins qu'une signature, mais elle pèse plus qu'un silence.*

### Ce que cette critique implique pour la lecture du limogeage de Syrskyi

Si cette critique est fondée, le limogeage de Syrskyi ne réglerait pas le problème structurel identifié : remplacer un commandant en chef par un autre, **Mykhailo Drapatyi**, ne change rien à une architecture légale où le nouveau commandant en chef répondra, comme son prédécesseur, directement au président plutôt qu'au ministre de la Défense.

**Cette continuité structurelle**, indépendante des personnes en poste, constitue le cœur de l'avertissement lancé par Whitmore et Renz dans leur analyse republiée par Asia Times.

## Drapatyi, un nouveau visage pour une structure inchangée

### Un commandant issu du groupement de forces interarmées

**Mykhailo Drapatyi**, commandant du groupement de forces interarmées, a été nommé nouveau commandant en chef pour remplacer Syrskyi. **Cette nomination** s'inscrit dans une continuité institutionnelle plutôt que dans une rupture : le nouveau commandant hérite d'un poste dont l'**autorité** et l'accès direct au président restent, selon l'analyse de Whitmore et Renz, structurellement inchangés par ce simple changement de personne.

**Aucune source disponible** ne détaille les intentions précises de Drapatyi concernant sa relation avec le futur ministre de la Défense, ce qui empêche cette analyse d'anticiper si la **dynamique de contournement** documentée par les précédents historiques se reproduira à l'identique.

### La question qui reste ouverte : qui succédera à Fedorov ?

Le dossier disponible ne précise pas qui succédera à **Mykhailo Fedorov** au poste de ministre de la Défense. **Cette vacance** constitue, à elle seule, un test pour la thèse de Whitmore et Renz : le choix du successeur, et surtout la manière dont Zelensky définira ou non son **autorité réelle** sur la politique de défense, indiquera si la leçon institutionnelle de cette crise a été retenue.

*Le nom du prochain ministre comptera moins que la question qu'il devra trancher dès son premier jour : qui, de lui ou du général, décide vraiment.*

## Ce que Zelensky a choisi, et ce qu'il a évité de choisir

### Un président qui s'est d'abord rangé du côté de son général

Selon la **lecture finale des auteurs**, Zelensky s'est d'abord rangé du côté de son général au moment du limogeage de Fedorov, avant que la crise politique déclenchée par cette décision ne le force à limoger également le chef militaire. **Cette séquence** suggère un président réagissant à la pression publique plutôt qu'appliquant, dès le départ, un principe cohérent de gouvernance civile-militaire.

**Cette lecture** reste celle de Whitmore et Renz, fondée sur leur cadre d'analyse institutionnelle ; elle n'est pas présentée ici comme une vérité incontestable, mais comme l'interprétation savante la plus complète actuellement disponible sur cette séquence d'événements.

### Le vrai choix qu'aucun limogeage ne règle

**Les changements de personnes**, selon la conclusion des auteurs, ne modifient pas les **structures** qui ont produit la crise : le contrôle civil de l'armée ukrainienne reste contesté, indépendamment du nom du ministre ou du commandant en chef en poste à un moment donné.

**Ce constat** place la responsabilité au niveau de la loi de 2018 elle-même, plutôt qu'au niveau des personnalités successivement nommées et limogées depuis 2019, une distinction que cette analyse juge essentielle pour comprendre la portée réelle des événements de juillet 2026. *Blâmer un homme coûte une carrière. Blâmer une loi coûte un vote au parlement. C'est pour ça qu'on choisit presque toujours la première option.*

## Ce que cette crise dit de la guerre, au-delà de Kyiv

### Une instabilité de commandement en pleine guerre active

Cette crise civilo-militaire survient alors que l'Ukraine fait face à une **pression militaire continue** sur le front, avec des vagues de drones et de missiles russes visant le territoire ukrainien dans les mêmes jours, selon Ukrinform. **Ce contexte** rend la stabilité du commandement particulièrement sensible : un changement de commandant en chef, même présenté comme une restructuration planifiée, intervient à un moment où la **continuité opérationnelle** compte plus que jamais.

**Aucune source disponible** ne permet d'établir un lien direct entre cette crise de commandement et l'évolution récente des opérations militaires russes, et cette analyse se garde d'établir une telle causalité sans preuve.

### Ce que les alliés occidentaux pourraient surveiller

Pour les partenaires occidentaux de l'Ukraine, qui ont fait du **contrôle civil démocratique** de l'armée une condition de rapprochement avec l'OTAN et l'UE, cette crise illustre la persistance d'un **défaut structurel** que la guerre n'a pas suffi à résoudre. **Cette persistance** pourrait, à terme, influencer la manière dont ces partenaires évaluent la **solidité institutionnelle** de l'Ukraine au-delà de sa seule performance militaire sur le terrain.

*On juge parfois un pays en guerre à ses victoires sur le front. On devrait aussi le juger à qui, dans ses propres bureaux, a réellement le dernier mot.*

## Ce que cette analyse ne peut pas encore établir

### Les limites de la lecture institutionnelle

**Cette analyse** repose sur une interprétation universitaire qui elle-même reconnaît son ancrage dans une recherche antérieure à 2022. **Appliquer ce cadre** à une crise survenue en 2026, en pleine guerre à grande échelle, comporte une part d'**extrapolation** que Whitmore et Renz assument, mais que cette analyse doit signaler explicitement pour ne pas transformer une hypothèse savante en certitude journalistique.

**Aucune déclaration officielle** de la présidence ukrainienne, distincte de la présentation d'une **« restructuration générale »**, ne vient confirmer ou infirmer directement la thèse institutionnelle défendue par les auteurs dans le dossier disponible pour cette analyse. *Le silence officiel n'est pas une réponse. C'est parfois la seule réponse qu'un pouvoir peut se permettre de donner en pleine guerre.*

### Ce que la suite pourrait confirmer ou contredire

Le choix du prochain ministre de la Défense, et la nature de sa relation avec **Mykhailo Drapatyi**, constitueront le test le plus direct de la thèse institutionnelle de Whitmore et Renz. **Une répétition** du schéma de contournement documenté depuis 2017 confirmerait leur lecture ; une **rupture réelle** avec ce schéma, si elle survient, nuancerait leur pronostic.

Cette analyse s'en tient, à la date du 25 juillet 2026, à ce que les faits rapportés et l'interprétation savante permettent d'établir, sans anticiper une évolution que le dossier actuel ne permet pas encore de confirmer.

## Comment d'autres démocraties ont résolu, ou pas, ce même problème

### Le modèle occidental que l'OTAN a tenté d'exporter

Dans la plupart des **démocraties occidentales**, le commandant en chef militaire relève hiérarchiquement du ministre de la Défense, lui-même responsable devant le pouvoir civil élu. **Ce modèle** constitue la référence que l'OTAN et l'UE ont cherché à promouvoir auprès de l'Ukraine depuis son indépendance, en particulier après la révolution de Maidan.

**Le contraste avec l'architecture ukrainienne**, où ministre et commandant en chef répondent séparément devant le président, illustre selon Whitmore et Renz un écart persistant entre les engagements formels pris par Kyiv envers ses partenaires occidentaux et la réalité institutionnelle appliquée sur le terrain.

### Pourquoi l'exportation d'un modèle institutionnel ne suffit pas

**Adopter une loi** qui affiche formellement un principe de contrôle civil ne garantit pas son application réelle, en particulier lorsque la culture militaire héritée de l'ère soviétique continue de privilégier l'autorité directe du commandant en chef auprès du chef de l'État. **Cette leçon**, selon Whitmore et Renz, dépasse le seul cas ukrainien et concerne plus largement les pays issus de l'espace post-soviétique engagés dans un rapprochement avec les structures occidentales.

*On peut copier une loi occidentale en une soirée de vote. On ne copie pas, à la même vitesse, les réflexes de pouvoir qu'une autre histoire a mis des décennies à fabriquer.*

## Ce que Fedorov représentait vraiment pour l'effort de guerre

### Le ministre crédité d'une stratégie qui a changé le rapport de force

**Mykhailo Fedorov**, largement crédité d'être à l'origine de la **stratégie de drones** qui a permis à l'Ukraine de résister à un adversaire militairement bien plus puissant, occupait une position symbolique rare dans le gouvernement ukrainien : celle d'un **civil dont la compétence technique** était reconnue jusque dans les rangs militaires eux-mêmes. **Son limogeage** a donc touché un nerf particulièrement sensible de l'opinion publique ukrainienne, au-delà du seul cercle politique.

**Cette reconnaissance publique** de la compétence de Fedorov explique en partie l'ampleur de la mobilisation qui a suivi son départ, une réaction difficile à expliquer si son limogeage avait été perçu comme une simple rotation administrative parmi d'autres.

### Ce que son départ signale sur l'équilibre réel du pouvoir

Si même un ministre aussi populaire et techniquement reconnu que Fedorov peut être écarté sans que cela empêche, dans un second temps, le limogeage du commandant en chef lui-même, cela suggère que **l'équilibre réel du pouvoir** à Kyiv reste concentré dans les mains du président, capable de se défaire tour à tour de ses deux principaux responsables de la défense en l'espace d'une seule semaine.

*Quand un président peut limoger, en une semaine, son ministre le plus populaire et son général le plus haut placé, la vraie question n'est plus qui dirige la défense. C'est qui, au sommet, reste vraiment irremplaçable.*

## Ce que Drapatyi devra prouver, et vite

### Hériter d'un poste sous surveillance publique renforcée

**Mykhailo Drapatyi** hérite d'un commandement placé sous une **surveillance publique renforcée**, après une semaine où deux de ses prédécesseurs à des postes clés de la défense ont été écartés dans des circonstances contestées par une partie de l'opinion publique. **Cette pression supplémentaire** s'ajoute à la charge déjà lourde de diriger les forces armées en pleine guerre active contre la Russie.

**Son parcours antérieur**, à la tête du groupement de forces interarmées, lui confère une expérience opérationnelle directe que les sources disponibles ne permettent cependant pas de comparer précisément à celle de Syrskyi au moment de sa propre nomination.

### La confiance publique, une ressource rare qu'il devra reconstruire

Après le départ contesté de Fedorov et de Syrskyi, **reconstruire la confiance publique** envers le commandement militaire constitue un défi distinct des seules opérations sur le front. **Cette confiance**, selon la logique même de l'analyse de Whitmore et Renz, dépend moins de la personne nommée que de la capacité du système à démontrer une cohérence institutionnelle que les précédents cités montrent comme rarement acquise.

*Un nouveau nom rassure pour une semaine. Seule une structure qui tient dans la durée rassure pour une guerre entière.*

## Conclusion

Zelensky a limogé Syrskyi après avoir limogé Fedorov, et la rue, selon la chronologie des faits, avait déjà tranché avant que le palais ne bouge une seconde fois. Whitmore et Renz montrent que cette crise n'est pas un accident de personnalités : c'est une **loi de 2018** qui sépare ministre et commandant en chef, un **héritage soviétique** jamais pleinement corrigé, et une **décennie de précédents**, de Poltorak-Muzhenko à Khomchak-Taran, qui annonçaient déjà ce dénouement.

**Changer de commandant en chef** ne change pas la structure qui a produit la crise. Le vrai test arrive avec le nom du prochain ministre de la Défense, et avec la question que la loi ukrainienne refuse de trancher depuis 2018 : qui, du civil ou du général, gouverne vraiment la guerre. *On peut limoger un général. On ne limoge pas aussi facilement la loi qui l'a rendu, depuis le début, plus fort que le ministre censé le commander.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Asia Times (republiant Sarah Whitmore et Bettina Renz, The Conversation) — Politicians vs generals: Ukraine's long hidden war within — 25 juillet 2026](https://asiatimes.com/2026/07/politicians-vs-generals-ukraines-long-hidden-war-within/)

### Sources secondaires

- [Ukrinform — Les forces de défense aérienne abattent un missile russe et 127 drones — 25 juillet 2026](https://www.ukrinform.net/rubric-ato/4147791-air-defense-forces-shoot-down-one-russian-missile-and-127-drones.html)

- [Kyiv Post — Zelensky avertit d'une possible attaque massive dans les 48 heures — 25 juillet 2026](https://www.kyivpost.com/post/81028)

- [Ukrinform — Bilan quotidien des pertes russes revendiquées — 25 juillet 2026](https://www.ukrinform.net/rubric-ato/4147789-russia-lose-1450-more-invaders-and-two-air-defense-systems-in-war-against-ukraine.html)

- [Associated Press — L'Ukraine continue de fortifier sa frontière avec le Bélarus — 25 juillet 2026](https://apnews.com/article/belarus-ukraine-russia-war-c2efe1831717b5d27f22ff685a043b25)

- [Ukrinform — Une unité de secours et des stations-service frappées dans la région de Poltava — 25 juillet 2026](https://www.ukrinform.net/rubric-ato/4147800-in-poltava-region-russian-forces-strike-emergency-service-team-and-gas-stations.html)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/analyse-zelensky-limoge-syrskyi-apres-fedorov-et-la-rue-avait-deja-tranche
