# ANALYSE : Soixante partenaires taxés, le tarif n'est plus une menace

> Il y a une différence entre brandir un tarif et l'imposer. Le 23 juillet 2026, le représentant au commerce des États-Unis, Jamieson Greer , a annoncé de nouvelles taxes sur les importations en provenance de 60 pays…

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-07-29
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/analyse-soixante-partenaires-taxes-le-tarif-n-est-plus-une-menace

## Une échéance qui ne ressemble plus à une négociation

### L'annonce du 23 juillet

Il y a une différence entre **brandir** un tarif et l'imposer. Le 23 juillet 2026, le représentant au commerce des États-Unis, **Jamieson Greer**, a annoncé de **nouvelles taxes** sur les importations en provenance de 60 pays, avec des taux allant de 10 % à 12,5 %, selon Le Monde. Ce n'est plus une carte qu'on agite avant une **rencontre diplomatique**. C'est un **texte réglementaire** qui produit des effets à date fixe.

**CNBC** précise que cette nouvelle vague de droits de douane a pris effet à **12 h 01 ET le vendredi**, en remplacement d'un tarif de base temporaire de 10 % qui a expiré le **24 juillet**. Les nouveaux taux, confirme CNBC, s'échelonnent bien de **10 % à 12,5 %**.

### Ce que ce calendrier révèle déjà

Un **tarif temporaire** qui expire, remplacé le lendemain par un tarif structurel : ce n'est pas une coïncidence de calendrier. **C'est la définition même d'un régime qui s'installe**, plutôt que d'une mesure de pression ponctuelle destinée à disparaître après un accord.

**Soixante partenaires commerciaux** visés en une seule salve, ce n'est plus une négociation bilatérale isolée. C'est une politique commerciale appliquée à l'échelle du globe, avec les mêmes mécanismes pour des économies aussi différentes que le Canada et une partie de l'Union européenne.

*Un tarif qui survit à l'accord qu'il devait forcer n'est plus une pression. C'est un régime.*

## Le motif officiel : le travail forcé, pas la balance commerciale

### Une justification inattendue

Le Monde précise que les 60 pays visés, dont ceux de l'Union européenne, sont accusés de ne pas avoir interdit et appliqué efficacement l'importation de marchandises issues du **travail forcé**. C'est un **motif juridique inhabituel** pour une salve tarifaire de cette ampleur : d'ordinaire, ce type de mesure invoque un déficit commercial ou une pratique de dumping, pas une question de droits humains dans les chaînes d'approvisionnement.

Ce choix de justification mérite d'être noté sans être sur-interprété : les sources consultées pour cette analyse ne permettent pas de trancher si ce motif constitue la cause réelle de la mesure ou un habillage juridique pour une décision de politique commerciale plus large.

### Une accusation qui touche des économies très différentes

**Appliquer la même accusation de travail forcé à l'Union européenne, à la Chine et à une soixantaine d'autres partenaires suppose une lecture extrêmement large de la notion.** Certains de ces pays disposent de **cadres réglementaires stricts** sur le travail forcé ; d'autres beaucoup moins. Les regrouper sous un même motif efface ces différences plutôt que de les documenter.

Une **accusation aussi large**, appliquée aussi uniformément, ressemble davantage à un cadre juridique commode qu'à une enquête menée pays par pays sur les pratiques réelles de chaque partenaire commercial.

*Une accusation appliquée à soixante pays à la fois cesse d'être une enquête et devient un instrument.*

## Le Canada, cas d'école d'une escalade méthodique

### Cinquante pour cent sur une gamme de produits

Reuters indique que Donald Trump a annoncé un lundi des **droits de douane de 50 %** sur une variété de produits canadiens, avec une entrée en vigueur prévue le **19 août 2026**. Ce **chiffre**, à lui seul, dépasse largement les 10 à 12,5 % appliqués à la salve générale de 60 pays : il indique un traitement à part, plus dur, réservé à un partenaire pourtant historiquement allié économique de Washington.

**Reuters** précise également que les États-Unis mènent des discussions séparées avec le Canada et le Mexique, et que les trois économies réalisent ensemble environ **1,6 billion de dollars** de commerce annuel de biens sous l'accord trilatéral qui les lie.

### Le prix d'une relation commerciale historique

**Un accord qui organise 1,6 billion de dollars** d'échanges annuels ne se négocie pas de la même façon qu'un simple ajustement tarifaire. Le fait que le **Canada** se retrouve visé par un taux cinq fois supérieur à la moyenne de la salve générale dit quelque chose sur la nature de la relation actuelle entre les deux capitales.

Reuters rapporte que le Canada a indiqué qu'il « fera tout ce qu'il faut » pour se défendre dans cette guerre commerciale, y compris des représailles éventuelles. Ce n'est pas une **formule diplomatique creuse** : c'est l'annonce explicite d'une contre-mesure possible, de la part d'un partenaire qui se considère traité en adversaire plutôt qu'en allié.

*Cinq fois le taux général, appliqué au plus proche voisin économique : ce n'est plus un ajustement, c'est un message.*

## « Tout ce qu'il faut » : ce que la formule de Carney signifie vraiment

### Une déclaration qui engage

Selon Reuters, le **premier ministre canadien** a affirmé que son pays ferait « tout ce qu'il faut » face à cette guerre commerciale. Une formule de ce type, prononcée publiquement par un chef de gouvernement, n'est jamais anodine : elle engage politiquement celui qui la prononce à agir si la situation ne se résorbe pas.

Un média canadien rapporte que **Carney** a également affirmé que « tout est sur la table » concernant d'éventuelles mesures de rétorsion contre les États-Unis. Cette double formulation — défense totale, rétorsion possible — dessine une posture de fermeté qui contraste avec le ton généralement prudent des relations économiques entre les deux pays depuis des décennies.

### Ce que l'histoire récente permet de mesurer

**Le Canada et les États-Unis n'ont pas pour habitude de se parler en ces termes.** Que cette rhétorique se traduise ou non par des mesures concrètes de rétorsion, son existence même mesure la dégradation d'une relation commerciale qui servait historiquement de modèle de coopération économique nord-américaine.

Les **discussions bilatérales séparées** entre Washington et Ottawa, d'un côté, et Washington et Mexico, de l'autre, suggèrent que l'accord trilatéral qui liait les trois pays ne fonctionne plus comme un cadre unifié de négociation.

*Quand un allié économique de longue date parle de rétorsion, la routine diplomatique a déjà cédé.*

## 99 % du commerce transatlantique sous un même régime

### Deux chiffres proches, mais pas identiques

Le Monde indique que les pays visés par cette salve représentent **99 %** du commerce vers les côtes américaines. CNBC, de son côté, évoque plutôt **99,4 %** des importations américaines. Ces deux pourcentages ne sont pas rigoureusement identiques, et cette analyse ne les fusionne pas artificiellement : ils mesurent probablement des périmètres statistiques légèrement différents, mais tous deux pointent vers la même réalité brute.

Quelle que soit la **méthode exacte de calcul** retenue par chaque média, l'ordre de grandeur ne varie pas : la quasi-totalité du commerce extérieur américain se trouve désormais couverte par une forme ou une autre de tarif douanier additionnel.

### Une politique qui ne laisse plus d'angle mort

**Quand 99 % d'un flux commercial est couvert par une politique tarifaire, cette politique n'est plus une exception ciblée : elle est devenue la norme.** Il ne reste, statistiquement, presque aucun **partenaire commercial majeur** des États-Unis qui échappe à cette nouvelle architecture.

Cette **quasi-universalité** change la nature même de la mesure. Un tarif appliqué à un seul pays reste un outil diplomatique bilatéral. Un tarif qui couvre 99 % des échanges devient un changement structurel de la politique commerciale américaine dans son ensemble.

*Quand une politique tarifaire couvre 99 % des échanges, elle a cessé d'être une exception.*

## Le bilan chiffré derrière l'annonce

### Ce qui est confirmé et ce qui reste flou

Cette analyse doit préciser ses **limites** : les sources consultées ne fournissent pas de liste exhaustive, pays par pays, des 60 partenaires visés ni du taux exact appliqué à chacun. Le Monde et CNBC parlent tous deux de « 60 pays » ou « 60 partenaires commerciaux », mais la granularité exacte — quel pays paie 10 %, quel pays paie 12,5 % — n'apparaît pas dans le matériel disponible pour cette analyse.

Ce que l'on peut affirmer avec **certitude**, en revanche, c'est la fourchette globale (10 % à 12,5 %) et les deux cas particuliers documentés avec précision : le Canada, à 50 % sur une gamme spécifique de produits, et l'ensemble tarifaire général qui a remplacé le tarif de base temporaire de 10 %.

### La prudence nécessaire sur un périmètre mouvant

**Le risque juridique et plateforme identifié pour ce dossier est jugé faible, mais le périmètre exact des tarifs reste mouvant.** Une politique commerciale de cette ampleur continue d'évoluer par ajustements, exemptions sectorielles et négociations bilatérales qui modifient le tableau d'ensemble presque chaque semaine.

Citer les **listes officielles** quand elles existent reste la seule façon responsable de suivre ce dossier, plutôt que de se fier à des synthèses journalistiques qui peuvent déjà être dépassées au moment de leur publication.

*Un dossier qui bouge chaque semaine n'attend jamais qu'on ait fini de l'écrire.*

## De la négociation ponctuelle à l'outil permanent

### L'angle qui distingue ce dossier des précédents

Ce qui distingue cette **salve tarifaire** des précédentes rondes de négociation commerciale de l'ère Trump, c'est précisément l'absence apparente d'échéance de sortie. Un tarif de négociation classique s'accompagne généralement d'une clause de révision, d'un objectif chiffré à atteindre ou d'une date de renégociation annoncée. Les sources consultées ne mentionnent aucun mécanisme de ce type pour cette salve de 60 pays.

Le **remplacement immédiat** d'un tarif « temporaire » de 10 % par un tarif structurel de 10 % à 12,5 % dessine un motif clair : la temporalité change de nature, mais le taux, lui, ne redescend jamais à zéro.

### Un outil qui devient une composante budgétaire

**Un tarif permanent n'est plus seulement un levier diplomatique : c'est une source de revenus fiscaux et un facteur de prix intégré durablement à l'économie américaine.** Les **entreprises** important des biens depuis ces 60 pays doivent planifier leurs coûts en tenant compte d'un tarif qui n'a plus vocation à disparaître après un accord.

C'est cette **bascule**, plus que le taux précis appliqué à chaque pays, qui constitue le véritable changement de régime documenté par cette salve du 23 juillet.

*Un tarif qui ne redescend jamais à zéro a cessé d'être une négociation.*

## Le pacte trilatéral nord-américain sous tension

### Un accord de 1,6 billion de dollars mis à l'épreuve

Reuters rappelle que le Canada, le Mexique et les États-Unis réalisent environ **1,6 billion de dollars** de commerce annuel de biens sous leur accord trilatéral. C'est l'un des **blocs commerciaux** les plus intégrés au monde, construit sur des décennies de chaînes d'approvisionnement communes, en particulier dans l'automobile et l'agroalimentaire.

Le fait que **Washington** mène, depuis ce virage, des discussions séparées avec chacun des deux autres partenaires, plutôt qu'une négociation trilatérale unifiée, signale une fragmentation de l'approche qui contredit l'esprit même de l'accord signé initialement.

### Ce que la fragmentation des négociations révèle

**Négocier séparément avec le Canada et le Mexique, alors que l'accord qui les lie aux États-Unis est explicitement trilatéral, affaiblit mécaniquement la position de négociation de chacun des deux partenaires nord-américains.** Diviser, dans ce contexte, produit un **rapport de force** plus favorable à la partie qui négocie face à des interlocuteurs isolés plutôt que coordonnés.

Rien dans les sources consultées ne permet d'affirmer que cette fragmentation est une stratégie délibérée plutôt qu'une conséquence de calendriers diplomatiques distincts. Mais l'**effet**, lui, reste observable indépendamment de l'intention.

*Diviser les négociations produit toujours le même effet, que ce soit voulu ou non.*

## Le précédent du printemps qui éclaire l'été

### Une escalade qui ne date pas d'hier

Cette salve de juillet ne surgit pas dans le **vide**. Reuters rapportait déjà, le 22 juillet, que les tarifs américains de 50 % sur un large éventail de produits canadiens devaient entrer en vigueur le 19 août. L'annonce du 23 juillet, avec sa salve élargie à 60 pays, s'inscrit donc dans une séquence déjà engagée plutôt que dans une rupture soudaine et isolée.

Cette **continuité** mérite d'être soulignée : elle contredit l'idée d'une décision impulsive prise en un seul jour. Le dossier canadien, en particulier, se construisait déjà depuis plusieurs semaines avant l'annonce générale du 23 juillet.

### Une trajectoire cohérente plutôt qu'une succession de surprises

**Ce n'est pas une suite de décisions isolées, mais une trajectoire cohérente vers un régime tarifaire plus large et plus permanent.** Chaque **annonce individuelle** — le Canada en premier, puis la salve des 60 partenaires — s'inscrit dans une même logique d'expansion progressive de l'outil tarifaire.

Comprendre cette **continuité** change la lecture qu'on peut faire de chaque nouvelle annonce à venir : elle n'est probablement pas un coup de théâtre isolé, mais l'étape suivante d'un mouvement déjà en cours.

*Rien de ce qui arrive en juillet n'a commencé en juillet.*

## Les entreprises doivent anticiper un coût permanent

### Un coût qui remonte la chaîne jusqu'au consommateur

Un **tarif douanier** n'est jamais payé uniquement par l'exportateur étranger : il est en général répercuté, en tout ou en partie, sur le prix payé par l'importateur, puis par le consommateur final. Aucune des sources consultées ne fournit de **chiffre précis** sur la répercussion attendue de cette salve spécifique sur les prix à la consommation américains, et cette analyse se garde donc d'en inventer un.

Ce qui est **structurellement certain**, en revanche, c'est que des taux de 10 % à 12,5 % appliqués à 99 % du commerce extérieur américain constituent une pression inflationniste d'ampleur nationale, quelle que soit la vitesse exacte à laquelle elle se traduit dans les rayons.

### Une incertitude qui devient elle-même un coût

**Pour une entreprise qui importe, l'incertitude sur la durée et l'ampleur d'un tarif coûte presque aussi cher que le tarif lui-même.** Sans **clause de sortie** annoncée, planifier un investissement ou une chaîne d'approvisionnement à moyen terme devient un exercice nettement plus risqué qu'il ne l'était avant le 23 juillet.

C'est peut-être l'effet le moins visible, mais le plus **durable**, de cette bascule : au-delà du taux affiché, c'est la disparition d'un horizon de sortie qui pèse le plus lourd sur la planification économique.

*Un tarif sans date de sortie coûte deux fois : le montant affiché, et l'incertitude qui l'accompagne.*

## La Chine et le Royaume-Uni, deux cas parmi soixante

### Des partenaires très différents, un même traitement

CNBC indique que cette salve vise **60 partenaires commerciaux**, dont l'Union européenne, la Chine, le Royaume-Uni et le Canada. Regrouper ces quatre exemples dans une même phrase révèle déjà l'ampleur de l'homogénéisation opérée par cette politique : la Chine, rivale stratégique déclarée de Washington depuis des années, et le Royaume-Uni, allié historique proche, se retrouvent traités selon une même fourchette tarifaire de 10 % à 12,5 %.

Cette **homogénéité** tranche avec les décennies précédentes de politique commerciale américaine, où le statut diplomatique d'un partenaire influençait généralement le traitement tarifaire qui lui était réservé.

### Ce que l'uniformité du taux signifie politiquement

**Appliquer un taux comparable à un rival stratégique et à un allié historique proche efface, au moins en apparence, la hiérarchie diplomatique traditionnelle entre partenaires commerciaux.** Que cette **uniformité** soit un choix délibéré ou un effet secondaire d'une mesure conçue pour être appliquée rapidement à grande échelle, elle marque une rupture avec les pratiques antérieures.

Le cas du **Canada**, taxé à 50 % sur une gamme spécifique de produits, montre que cette uniformité n'est pas totale : certains partenaires reçoivent un traitement distinct, plus sévère, pour des raisons que les sources disponibles ne détaillent pas entièrement.

*Traiter un rival et un allié de la même façon n'est jamais neutre, même quand ce n'est pas voulu.*

## **Taïwan** observe, à distance, un changement de régime

### Un signal régional indirect

Un rapport cité dans les sources indique une **activité militaire chinoise accrue** autour de Taïwan, **documentée** le 23 juillet 2026, soit exactement le même jour que l'annonce tarifaire américaine. Cette analyse ne prétend établir aucun lien causal direct entre les deux événements : les sources consultées ne fournissent aucune preuve d'une connexion explicite entre la politique tarifaire américaine et cette activité militaire régionale.

Ce qui peut être noté, avec **prudence**, c'est que la même semaine qui a vu Washington redéfinir sa politique commerciale mondiale a aussi vu une tension régionale s'intensifier dans le Pacifique. Cette simultanéité mérite d'être signalée, sans être transformée en explication.

### La prudence méthodologique qu'impose ce genre de coïncidence

**Une coïncidence de calendrier n'est jamais une preuve de causalité, et cette analyse refuse d'en fabriquer une là où les sources n'en établissent aucune.** Le lecteur attentif retiendra la **simultanéité** comme un simple fait daté, pas comme un mécanisme démontré.

C'est précisément cette **discipline** qui distingue une analyse rigoureuse d'une théorie séduisante mais non étayée : la coïncidence reste une coïncidence jusqu'à preuve du contraire.

*Une coïncidence de calendrier n'est jamais une preuve, mais elle mérite d'être notée.*

## Le contraste entre pression et régime, chiffres à l'appui

### Deux logiques qui ne produisent pas les mêmes effets

Une **pression tarifaire ponctuelle** vise un résultat précis : faire plier un partenaire sur un dossier identifié, puis se retirer une fois l'objectif atteint. Un régime tarifaire, à l'inverse, s'installe indépendamment du résultat obtenu, parce qu'il sert d'abord une fonction structurelle — recettes fiscales, protection industrielle, ou signal politique permanent.

Les **éléments réunis** dans cette analyse — remplacement immédiat du tarif temporaire, absence de clause de sortie documentée, couverture de 99 % du commerce extérieur, traitement homogène de partenaires diplomatiquement très différents — pointent tous vers la seconde logique plutôt que la première.

### Ce que ce changement de régime impose comme lecture

**Lire cette salve du 23 juillet comme une simple manœuvre de négociation reviendrait à ignorer la quasi-totalité des indices structurels rassemblés ici.** La **question pertinente** n'est plus de savoir quand ce tarif sera retiré, mais comment l'économie mondiale va s'organiser autour de sa permanence.

C'est ce déplacement de la question elle-même — de « quand cela finira-t-il » à « comment vivre avec » — qui résume le mieux le changement documenté par cette analyse.

*La bonne question n'est plus quand ce tarif finira, mais comment vivre avec.*

## Les représailles canadiennes, un test pour tout le système

### Ce qu'une riposte canadienne signifierait pour les 59 autres

Si le Canada met effectivement en œuvre les **mesures de rétorsion** qu'il évoque, ce geste ne resterait probablement pas un cas isolé. Les **59 autres partenaires** visés par la salve générale observeront attentivement si une riposte canadienne obtient des concessions, un ajustement de taux, ou au contraire ne produit aucun effet visible sur la politique américaine.

Aucune source consultée ne permet de prédire l'issue de cette **confrontation naissante**. Mais son résultat, quel qu'il soit, servira de référence pour tous les autres pays qui envisagent une réponse similaire.

### Un précédent qui dépasse la relation bilatérale

**Ce que le Canada teste actuellement, sans nécessairement le vouloir, c'est la marge de manœuvre réelle laissée à n'importe quel partenaire commercial face à ce nouveau régime tarifaire.** Une **victoire canadienne**, même partielle, changerait le calcul stratégique de dizaines d'autres gouvernements.

C'est aussi pour cette raison que ce **dossier canadien**, en apparence bilatéral, mérite d'être suivi comme un indicateur du système tarifaire dans son ensemble, pas seulement comme une querelle entre deux voisins.

*Ce que le Canada teste aujourd'hui, soixante pays le regardent.*

## Ce que cette analyse retient, chiffres et dates à l'appui

### La séquence complète, sans artifice

Un **tarif de base temporaire** de 10 % expire le 24 juillet. Il est immédiatement remplacé par une **salve structurelle** de 10 % à 12,5 % touchant 60 partenaires commerciaux, couvrant jusqu'à 99,4 % des importations américaines selon CNBC. Le Canada, traité à part, fait face à 50 % sur une gamme spécifique de produits, avec entrée en vigueur le 19 août. **Ottawa** évoque des représailles ; les 59 autres partenaires regardent.

**Ce n'est pas une théorie. Ce sont des dates, des pourcentages, des déclarations officielles, mis côte à côte.**

### Un régime, pas une négociation

Que le **motif invoqué** soit le travail forcé, l'équilibre commercial ou une combinaison des deux ne change pas la conclusion structurelle de cette analyse : l'absence de clause de sortie, la couverture quasi universelle du commerce extérieur américain et le remplacement immédiat du tarif temporaire par un tarif permanent dessinent un régime, pas un épisode de négociation.

La **politique commerciale américaine** de l'été 2026 ne se joue plus dossier par dossier, pays par pays. Elle se joue à l'échelle d'un système entier, et le prix de ce système se mesure déjà, chiffre après chiffre, dans les statistiques du commerce mondial.

*Le prix de ce système se mesure déjà, chiffre après chiffre, dans le commerce mondial.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires et officielles

- [Reuters — Canada will do whatever it takes in trade war with US, says Carney](https://www.reuters.com/business/canada-will-do-whatever-it-takes-trade-war-with-us-says-carney-2026-07-23/)

- [Reuters — Separate US talks with Canada, Mexico test North America's trilateral trade pact](https://www.reuters.com/world/americas/separate-us-talks-with-canada-mexico-test-north-americas-trilateral-trade-pact-2026-07-22/)

### Sources secondaires

- [Le Monde — Droits de douane : Donald Trump poursuit sa guerre commerciale par tous les moyens](https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/07/24/droits-de-douane-donald-trump-poursuit-sa-guerre-commerciale-par-tous-les-moyens_6731308_3234.html)

- [CNBC — Trump just restarted the global trade war](https://www.cnbc.com/2026/07/27/donald-trump-tariffs-trade-war-iran.html)

- Medicine Hat News — Carney says 'everything's on the table' for tariff retaliation

- [ANI News — Taiwan detects heightened Chinese military activity around its territory](https://www.aninews.in/news/world/asia/taiwan-detects-heightened-chinese-military-activity-around-its-territory20260723065107)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/analyse-soixante-partenaires-taxes-le-tarif-n-est-plus-une-menace
