# ANALYSE : Raffineries en panne : Kyiv assèche le carburant de la guerre

> La machine de guerre de Vladimir Poutine tourne au pétrole. Pas métaphoriquement — littéralement. Les revenus pétroliers et gaziers représentaient, selon diverses estimations, entre 40 et 50 % des recettes budgétaires fédérales russes dans les années précédant la guerre. Ces revenus financent les salaires des soldats, l'achat d'armes, la production de munitions, et le maintien

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-06-28
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/analyse-raffineries-en-panne-kyiv-asseche-le-carburant-de-la-guerre

## Introduction : Le pétrole, nerf de la guerre de Poutine

### La dépendance pétrolière comme vulnérabilité stratégique

La machine de guerre de **Vladimir Poutine** tourne au pétrole. Pas métaphoriquement — littéralement. Les **revenus pétroliers et gaziers** représentaient, selon diverses estimations, entre **40 et 50 %** des recettes budgétaires fédérales russes dans les années précédant la guerre. Ces revenus financent les salaires des soldats, l'achat d'armes, la production de munitions, et le maintien d'un niveau de vie suffisant pour préserver le soutien populaire au régime. Attaquer les raffineries, c'est attaquer la caisse enregistreuse de **Poutine**.

L'**Ukraine** a compris cette vulnérabilité structurelle et en a fait l'un des axes centraux de sa **stratégie de deep strike**. Depuis **2024**, des dizaines de raffineries de pétrole réparties sur l'ensemble du territoire russe ont été ciblées par des drones et des missiles ukrainiens. Les dommages cumulés sont considérables. Selon **The Moscow Times**, la **production pétrolière russe** a enregistré une **sixième baisse mensuelle consécutive** en **juin 2026** — une tendance directement liée aux frappes répétées sur les infrastructures d'extraction, de raffinage et de transport.

### Une stratégie calculée et systématique

La campagne contre les raffineries russes n'est pas une série d'opportunités saisies au hasard. C'est une **stratégie planifiée**, qui cible méthodiquement les maillons les plus vulnérables et les plus difficiles à remplacer de la chaîne de valeur pétrolière russe. Les **raffineries** sont des cibles particulièrement attractives parce qu'elles sont difficiles à reconstruire rapidement — elles nécessitent des équipements spécialisés que les sanctions occidentales rendent difficiles à importer, et des techniciens qualifiés que la mobilisation militaire a en partie drainés vers le front.

Cette stratégie d'**attrition industrielle** est l'héritière intellectuelle des campagnes de bombardement alliées contre les raffineries et les infrastructures pétrolières allemandes pendant la **Seconde Guerre mondiale**. La comparaison a ses limites — les contextes sont différents — mais la logique fondamentale est la même : priver l'adversaire du carburant dont il a besoin pour mener ses opérations militaires.

*Quand j'analyse la stratégie ukrainienne contre les raffineries russes, je vois une lucidité stratégique remarquable. L'Ukraine ne peut pas égaler la Russie en nombre de chars ou d'artillerie. Mais elle peut frapper l'infrastructure économique qui permet à la Russie de financer et de soutenir sa machine de guerre. C'est de la stratégie asymétrique à son meilleur.*

## Les frappes sur les raffineries : résultats documentés

### Un bilan impressionnant de dommages

Les données disponibles sur les dommages causés aux raffineries russes sont fragmentaires — la **Russie** ne publie pas d'informations détaillées sur les dégâts subis. Mais les sources journalistiques, les images satellites commerciales et les signalements de l'agence **Reuters** et d'autres organisations permettent de reconstituer un tableau partiel. Des raffineries majeures dans des régions comme **Saratov**, **Ryazan**, **Volgograd**, **Krasnodar** et **Orsk** ont subi des dommages significatifs à divers degrés depuis le début de la campagne systématique.

Certaines installations ont été temporairement mises hors service pendant des semaines, d'autres ont subi des dommages partiels qui ont réduit leur capacité de production, d'autres encore ont été contraintes à des réparations coûteuses qui ont mobilisé des ressources et du personnel qualifié. L'effet cumulatif de ces dommages sur la production pétrolière russe est documenté par les statistiques disponibles — avec une tendance à la baisse qui s'est confirmée tout au long du premier semestre **2026**.

### L'impact sur la production pétrolière globale

Selon les données partielles disponibles, la **Russie** a manqué ses **quotas de production OPEC+** à plusieurs reprises en **2025** et **2026** — partiellement en raison des frappes ukrainiennes sur les infrastructures. La **production pétrolière** russe, qui avait étonnamment résisté dans les premiers temps de la guerre, a commencé à montrer des signes de stress cumulatif. Des sources industrielles russes citées anonymement par **The Moscow Times** ont reconnu que les frappes créaient des «**défis opérationnels significatifs**».

Ces baisses de production ont un impact direct sur les revenus de l'État russe. Chaque baril de pétrole non produit ou non exporté est un revenu en moins pour le **Trésor russe**. Dans le contexte d'un budget de guerre déjà sous tension — avec des dépenses militaires qui ont considérablement augmenté depuis **2022** — cette réduction des revenus pétroliers est une pression supplémentaire sur la viabilité financière de l'effort de guerre.

*Il y a une satisfaction intellectuelle — et je ne m'en cache pas — à voir les raffineries russes brûler. Non pas pour la destruction elle-même, mais parce qu'elle représente la réussite d'une stratégie brillante qui transforme la faiblesse relative de l'Ukraine en levier contre la principale vulnérabilité de la Russie. La stratégie prime sur la force brute.*

## L'adaptation russe : entre résilience et limites

### La Russie répare, réorganise, résiste

La **Russie** n'est pas passive face à cette campagne. Elle a déployé des équipes de réparation rapide sur les sites endommagés, souvent en quelques jours ou semaines. Elle a renforcé les défenses antiaériennes autour des raffineries les plus stratégiques. Elle a diversifié ses chaînes d'approvisionnement et réduit sa dépendance aux installations les plus exposées. Elle a également développé une capacité de **stockage stratégique** de carburant pour compenser les pertes de production temporaires.

Cette résilience est réelle et ne doit pas être sous-estimée. La **Russie** dispose d'une culture industrielle héritée de l'ère soviétique qui lui permet de mobiliser des ressources et du personnel pour faire face aux urgences. Des ingénieurs et techniciens ont été mobilisés spécifiquement pour les réparations d'urgence des installations endommagées. Des matériaux de substitution ont été utilisés quand les équipements originaux n'étaient pas disponibles.

### Les limites de la résilience russe

Mais cette résilience a ses limites. Les **équipements spécialisés** nécessaires à la réparation de certaines unités de raffinage complexes — colonnes de distillation, réacteurs de craquage catalytique — ne sont pas disponibles sur le marché russe et sont soumis aux sanctions occidentales. Les délais pour les obtenir via des circuits de contournement sont longs et les coûts sont élevés. Chaque raffinerie maintenue hors service pendant une longue période représente une perte de revenus qui s'accumule.

Par ailleurs, la mobilisation industrielle pour la guerre a créé des pénuries de **main-d'œuvre qualifiée** dans de nombreux secteurs. Des ingénieurs qui auraient normalement été affectés à la maintenance des raffineries ont été mobilisés pour d'autres besoins industriels ou militaires. Cette tension sur les ressources humaines qualifiées est l'une des contraintes les plus difficiles à surmonter pour maintenir les opérations des raffineries endommagées.

*La résilience industrielle de la Russie est réelle — mais elle se construit sur un fond de déclin de compétences et de dépendance technologique occidentale que les sanctions commencent à vraiment faire sentir. On ne répare pas une raffinerie moderne avec de la débrouillardise soviétique et des matériaux de substitution. Pas indéfiniment, en tout cas.*

## L'impact sur les prix du carburant en Russie

### Une pression interne sur la société russe

Les dommages aux raffineries ont contribué à une **hausse des prix des carburants** sur le marché domestique russe. Cette hausse n'est pas spectaculaire — le gouvernement russe subventionne les prix et maintient des contrôles — mais elle est visible et perçue par la population. Elle s'ajoute à d'autres signaux inflationnistes qui témoignent des tensions croissantes dans l'économie de guerre russe.

Pour les entreprises russes, notamment les agriculteurs et les transporteurs qui dépendent du carburant, la hausse des prix est une contrainte réelle. Elle augmente les coûts de production et réduit les marges dans des secteurs déjà sous pression. Ces difficultés économiques créent des tensions sociales qui alimentent les critiques à voix basse contre la gestion de la guerre par le **Kremlin** — pas encore un défi politique sérieux pour **Poutine**, mais un facteur d'érosion à long terme.

### Les effets sur l'exportation pétrolière

La réduction de la capacité de raffinage affecte également la capacité de la **Russie** à exporter des produits pétroliers raffinés — gazole, kérosène, fioul — qui commandent des prix plus élevés que le pétrole brut. Cette dégradation du mix d'exportation réduit les revenus en devises que la **Russie** tire de ses exportations énergétiques. Ces devises sont essentielles pour financer les importations dont l'économie de guerre a besoin.

La **Chine** et l'**Inde** continuent d'acheter du pétrole brut russe à des prix réduits — mais ce commerce se fait en monnaies locales (**yuan**, **roupie**) qui sont difficilement convertibles en dollars ou en euros pour payer les importations nécessaires. Ce «**mur des devises**» est l'une des contraintes les plus structurelles pesant sur l'économie de guerre russe.

*Le mur des devises est l'un des détails les plus importants et les moins commentés de la stratégie économique de guerre. Poutine peut vendre son pétrole à la Chine et à l'Inde — mais les yuans et les roupies ne lui permettent pas d'acheter les semi-conducteurs ou les équipements dont son industrie de guerre a besoin. L'embargo occidental sur les devises fortes est un levier redoutable.*

## L'économie de guerre russe : au bord du gouffre ou encore viable ?

### Les débats entre économistes

Les économistes sont divisés sur l'état réel de l'économie de guerre russe. Certains, comme ceux cités par la **Foundation for the Analysis of Finance** (**FAF**), soulignent que malgré les frappes et les sanctions, l'économie russe a montré une résilience surprenante. Le **PIB russe** a enregistré une croissance positive en **2023** et **2024**. L'inflation, bien qu'élevée, reste gérable. Le chômage est bas — en partie parce que l'industrie de guerre absorbe des travailleurs.

D'autres analystes, comme des conseillers proches de l'équipe économique de **Zelensky**, soutiennent que l'économie russe a «**atteint une impasse**» — que la croissance actuelle est une croissance de guerre artificielle qui masque des déséquilibres structurels profonds. Les dépenses militaires ont explosé, la dette publique augmente, les réserves de change s'érodent, et l'**inflation** ronge les économies des ménages. Ce tableau pessimiste est plus difficile à documenter précisément, mais les signaux d'alerte sont réels.

### Ce que les chiffres disponibles révèlent

Selon des données partielles disponibles, les **dépenses militaires russes** devraient atteindre **4,5 trillions de roubles** supplémentaires en **2026** — une augmentation considérable par rapport aux niveaux d'avant-guerre. Le budget défense représente désormais une part historiquement élevée du **PIB russe** et du budget fédéral. Cette militarisation de l'économie a des coûts d'opportunité considérables : des investissements qui ne se font pas dans les infrastructures civiles, l'éducation, la santé et la retraite.

Ces coûts seront payés par la population russe — pas immédiatement, mais sur le long terme. Une économie qui sacrifie ses investissements civils pour financer la guerre pendant des années sort de cette période avec un capital humain, infrastructurel et technologique considérablement dégradé. C'est un prix que **Poutine** est prêt à faire payer à son peuple — mais qui limite les options stratégiques de la **Russie** pour les décennies à venir.

*Je suis prudent sur les annonces triomphales sur l'effondrement imminent de l'économie russe. Il ne s'effondrera pas demain. Mais il s'érode — lentement, méthodiquement, irrémédiablement. Et c'est exactement la stratégie d'attrition que l'Ukraine poursuit avec intelligence et patience.*

## Le rôle des sanctions occidentales en complément des frappes

### Une pression économique à deux vitesses

Les frappes ukrainiennes sur les raffineries s'inscrivent dans un contexte de pression économique plus large créé par les sanctions occidentales. Ces sanctions ont compliqué l'accès de la **Russie** aux **technologies occidentales** nécessaires pour maintenir et moderniser son industrie pétrolière. Les équipements de forage, les logiciels de gestion des puits, les produits chimiques spécialisés — tout cela est soumis à des restrictions d'exportation qui s'accumulent dans le temps.

La combinaison des frappes physiques sur les infrastructures et des sanctions économiques qui limitent leur remplacement crée un effet multiplicateur. Une raffinerie endommagée par un drone ukrainien est difficile à réparer parce que les pièces de remplacement sont sanctionnées. Un puits de pétrole qui s'épuise ne peut pas être remplacé par de nouvelles technologies de forage parce que celles-ci sont sous embargo. Ces deux pressions se renforcent mutuellement dans une stratégie cohérente d'épuisement de l'économie de guerre russe.

### Les failles dans le dispositif des sanctions

Mais les sanctions ont des failles. Des pays comme la **Turquie**, les **Émirats arabes unis**, des États d'**Asie centrale** et certains pays **africains** servent de plaques tournantes pour le contournement des sanctions. Des composants technologiques arrivent en **Russie** via ces intermédiaires, parfois avec des délais et des surcoûts importants mais en quantités suffisantes pour maintenir une production industrielle de base. L'efficacité du régime de sanctions dépend étroitement de la capacité des gouvernements occidentaux à identifier et à sanctionner ces intermédiaires.

L'intensification des sanctions secondaires — ciblant les entreprises de pays tiers qui facilitent l'accès russe aux technologies sanctionnées — est une priorité que les gouvernements occidentaux ont partiellement mise en œuvre. Mais son application rigoureuse exige une surveillance intensive du commerce international et une volonté politique de froisser des relations commerciales avec des pays tiers. C'est un exercice délicat que les gouvernements occidentaux font avec une cohérence variable.

*Les failles dans le régime des sanctions me frustrent profondément. On met en place des milliers de mesures restrictives, et des entreprises turques, émiraties ou kazakhstanaises les contournent allégrement. La réponse n'est pas d'abandonner les sanctions — c'est de les faire respecter avec beaucoup plus de rigueur et de fermeté, quitte à froisser des partenaires commerciaux.*

## Les prix du pétrole et la géopolitique mondiale

### L'impact sur les marchés mondiaux de l'énergie

La réduction de la production pétrolière russe a des répercussions sur les **marchés mondiaux de l'énergie**. La **Russie** est l'un des trois plus grands producteurs mondiaux de pétrole — toute réduction significative de sa production peut influencer les prix mondiaux du pétrole brut. L'**OPEP+** a partiellement compensé cette réduction par des ajustements de quotas, mais les tensions restent présentes dans un marché énergétique mondial déjà sous pression.

Pour l'**Europe**, qui a largement réussi à diversifier ses approvisionnements énergétiques depuis **2022** en réduisant sa dépendance au gaz russe, l'impact est limité à court terme. Mais la volatilité des prix de l'énergie reste une préoccupation économique et sociale — elle affecte les coûts industriels, les factures des ménages et la compétitivité économique des pays européens. Cette réalité complique politiquement le maintien du soutien à la stratégie ukrainienne de deep strike.

### Les bénéficiaires inattendus

Parmi les bénéficiaires inattendus de la réduction de la production pétrolière russe figurent les **producteurs de pétrole occidentaux** — notamment les entreprises américaines de shale oil — qui profitent de prix légèrement plus élevés. Il y a une certaine ironie dans le fait que les drones ukrainiens qui frappent les raffineries russes améliorent indirectement la rentabilité du secteur pétrolier américain. Mais cette ironie ne doit pas occulter l'objectif stratégique principal : affaiblir l'économie de guerre russe.

La **Chine** et l'**Inde**, qui achètent le pétrole russe à des prix réduits, bénéficient également de cette situation — mais à un niveau moindre si la production russe baisse. Elles ont tout intérêt à ce que la **Russie** maintienne sa production pour continuer à accéder à des hydrocarbures bon marché. Ce calcul influence leurs positions sur le conflit ukrainien — elles souhaitent une stabilisation de la situation sans nécessairement vouloir une victoire russe qui rendrait **Moscou** moins dépendant de leurs achats.

*La géopolitique du pétrole est un jeu d'intérêts croisés qui n'a rien à voir avec les valeurs. La Chine achète du pétrole russe pas parce qu'elle aime Poutine — mais parce que c'est économiquement avantageux. C'est exactement pour ça que l'Occident doit frapper les raffineries : chaque baril de moins que la Russie exporte réduit le levier économique de Moscou sur Pékin.*

## La stratégie intégrée : drones, sanctions et diplomatie

### Une guerre sur trois fronts simultanés

L'**Ukraine** mène une guerre sur trois fronts simultanés : **militaire** sur la ligne de front, **économique** via les frappes sur les infrastructures russes, et **diplomatique** pour maintenir le soutien occidental. La campagne contre les raffineries est le front économique de cette guerre totale — une dimension souvent sous-estimée dans les médias, mais fondamentale dans la stratégie de **Zelensky**. Chaque front alimente les autres : des succès militaires renforcent la position diplomatique de **Kyiv**, qui à son tour assure le flux d'armes nécessaires au front militaire.

La coordination entre ces trois dimensions est l'une des réussites les plus remarquables de la direction ukrainienne. Là où des dirigeants moins expérimentés auraient pu se disperser ou se concentrer sur une seule dimension, **Zelensky** et son équipe ont maintenu une vision stratégique cohérente qui intègre toutes les dimensions du conflit. La campagne contre les raffineries est une expression de cette vision : frapper là où l'ennemi est le plus vulnérable, avec les moyens disponibles, dans le cadre d'une stratégie d'ensemble.

### Le rôle de la diplomatie économique

La **diplomatie économique** occidente est le troisième pilier de la pression sur l'économie de guerre russe. Les négociations avec la **Chine** et l'**Inde** pour réduire leurs achats de pétrole russe, les efforts pour maintenir le plafonnement des prix du pétrole russe, les consultations avec les pays du **Golfe** pour les éloigner des pratiques qui permettent à **Moscou** de contourner les sanctions — tout cela crée une pression diplomatique économique qui complète les frappes physiques et les sanctions directes.

Cette diplomatie économique est difficile et souvent frustrante. Des partenaires qui ont leurs propres intérêts à préserver ne suivent pas toujours les injonctions occidentales. Mais chaque accord, chaque engagement supplémentaire, chaque réduction des achats de pétrole russe par un pays tiers contribue, même marginalement, à la pression économique globale sur la **Russie**. Dans une guerre d'attrition, les marges comptent.

*La stratégie intégrée de l'Ukraine — militaire, économique, diplomatique — est une démonstration que la guerre moderne ne se gagne pas seulement avec des armes. Elle se gagne avec de la cohérence stratégique, de la vision à long terme et une capacité à exploiter toutes les dimensions de la puissance nationale. Zelensky a compr is cela mieux que beaucoup de dirigeants de grandes puissances.*

## Conclusion : Assécher la guerre à sa source

### Une stratégie de long terme

La campagne ukrainienne contre les raffineries russes est une **stratégie d'attrition économique** de long terme. Elle ne produira pas de victoire rapide ni de résultats spectaculaires à court terme. Mais sa logique est implacable : en réduisant progressivement la capacité de la **Russie** à financer et à approvisionner sa machine de guerre, l'**Ukraine** augmente le coût du conflit pour **Poutine** jusqu'au point où le maintien de la guerre devient insoutenable.

Cette stratégie exige de la patience, de la persévérance et un soutien occidental constant — en armements, en renseignement et en sanctions économiques robustes. Elle exige aussi une compréhension politique que la victoire en **Ukraine** ne sera pas un événement soudain mais un processus progressif d'épuisement de l'adversaire. Les raffineries en panne aujourd'hui sont des briques dans la construction de cette victoire — modestes, mais réelles.

### Le message à la Russie et au monde

**Kyiv** envoie un message clair à **Moscou** et au reste du monde : la guerre contre l'**Ukraine** a un prix. Ce prix se paie en raffineries détruites, en revenus pétroliers perdus, en dépenses de défense explosives, en budgets sociaux sacrifiés. Ce prix augmente chaque jour. Et l'**Ukraine** a la volonté, la capacité et le soutien nécessaires pour continuer à le faire payer — jusqu'à ce que **Poutine** comprenne que continuer cette guerre coûte plus que ce qu'elle rapporte.

C'est la logique de la résistance que **Zelensky** a choisie : non pas la confrontation militaire directe frontale qu'il ne peut pas gagner seul, mais l'attrition systématique de toutes les sources de puissance de l'adversaire. Les raffineries en panne sont une pièce de ce puzzle — une pièce dont l'importance stratégique dépasse de loin les flammes visibles dans les images satellites.

*Assécher le carburant de la guerre de Poutine — c'est la formulation la plus juste de ce que l'Ukraine est en train de faire. Pas avec des mots, pas avec des appels à la raison, mais avec des drones qui brûlent les raffineries et des missiles qui détruisent les dépôts. C'est une stratégie sans glamour et sans gloire facile. Mais c'est une stratégie qui fonctionne.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [The Moscow Times — La production pétrolière russe baisse pour le sixième mois consécutif — 11 juin 2026](https://www.themoscowtimes.com/2026/06/11/russian-oil-output-falls-for-sixth-straight-month-as-ukrainian-drone-attacks-hit-infrastructure-a92987)

- [The Moscow Times — La campagne de deep strike qui met Moscou sur la défensive — 22 juin 2026](https://www.themoscowtimes.com/2026/06/22/inside-the-ukrainian-deep-strike-campaign-that-has-moscow-on-the-back-foot-a93061)

- [ISW — Évaluation de la campagne offensive russe — 26 juin 2026](https://understandingwar.org/research/russia-ukraine/russian-offensive-campaign-assessment-june-26-2026/)

### Sources secondaires

- [FAF — L'économie de guerre russe a des problèmes mais n'est pas sur le point de s'effondrer — 23 juin 2026](https://www.faf.ae/home/2026/6/23/russias-war-economy-has-problems-but-is-not-about-to-crash-vladimir-putin-is-still-able-to-fund-his-aggression)

- [Ground News/Bloomberg — La Russie augmente les dépenses de guerre de 4,5 trillions de roubles — 2026](https://ground.news/article/bloomberg-russia-to-increase-war-spending-4-5-trillion-roubles)

- Foreign Policy — Frappes ukrainiennes sur les raffineries russes et l'économie — 23 juin 2026

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/analyse-raffineries-en-panne-kyiv-asseche-le-carburant-de-la-guerre
