# L'OFAC reste l'arme silencieuse de Washington face à Téhéran

> Introduction : le levier que personne ne voit à la télévision

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-07-03
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/analyse-lofac-reste-larme-silencieuse-de-washington-face-a-teheran

## Introduction : le levier que personne ne voit à la télévision

### Un acronyme peu connu, un pouvoir immense

Peu de gens en dehors des cercles diplomatiques connaissent le nom complet de l'**OFAC**, l'**Office of Foreign Assets Control** du **Trésor américain**. Pourtant, cet organe discret détient l'un des leviers les plus puissants de la politique étrangère américaine envers l'**Iran**, un pouvoir de sanction qui pèse aujourd'hui plus lourd que bien des discours présidentiels dans les négociations en cours.

Alors que **Washington** et **Téhéran** viennent de conclure un dégel partiel de **12 milliards de dollars** le **23 juin 2026**, c'est précisément l'architecture bâtie par l'**OFAC** depuis des décennies qui demeure le véritable centre de gravité de cette négociation, bien plus que les annonces spectaculaires qui font les gros titres.

### Pourquoi cette analyse s'impose maintenant

Cette analyse s'impose maintenant parce que le grand public confond trop souvent un geste diplomatique ponctuel avec un changement structurel du rapport de force. Comprendre le fonctionnement réel du **programme de sanctions iranien** de l'**OFAC** permet de mesurer avec précision ce qui a changé le 23 juin, et surtout ce qui n'a pas bougé d'un centimètre.

Sans cette grille de lecture technique, il devient impossible d'évaluer sérieusement si **Téhéran** a obtenu une vraie victoire ou seulement un répit calculé dans une guerre économique qui dure depuis des années.

## L'architecture du programme de sanctions iranien

### Un empilement de décennies de mesures punitives

Le **programme de sanctions iranien** administré par l'**OFAC** ne date pas d'hier: il s'est construit par strates successives depuis les années 1990, s'intensifiant particulièrement après l'effondrement de l'accord nucléaire de **2015**, abandonné unilatéralement par l'administration **Trump** en **2018**. Chaque crise régionale a ajouté sa couche de désignations supplémentaires.

Aujourd'hui, ce dispositif couvre simultanément le secteur pétrolier, le système financier, le programme de missiles balistiques, le soutien iranien à des groupes armés régionaux comme le **Hezbollah**, et la prolifération nucléaire, faisant de l'**Iran** l'un des pays les plus sanctionnés au monde selon les catégories recensées par le **Trésor américain**.

### Le rôle central des désignations SDN

Le mécanisme technique central de l'**OFAC** repose sur la liste des **Specially Designated Nationals**, qui gèle les actifs américains de centaines d'entités et d'individus iraniens et interdit à toute personne américaine de transiger avec eux. Ce système extraterritorial touche également les entreprises étrangères qui commercent avec les entités listées, un effet de levier mondial rarement égalé par d'autres régimes de sanctions.

C'est cette portée extraterritoriale qui explique pourquoi même des partenaires commerciaux de l'**Iran** situés en dehors des États-Unis modifient leur comportement pour éviter de se retrouver eux-mêmes visés par des sanctions secondaires américaines.

## Le dégel du 23 juin, une exception calculée, pas une rupture

### Une fenêtre de **60 jours** strictement encadrée

Le dégel annoncé le **23 juin 2026** ouvre une fenêtre de **60 jours**, expirant le **21 août 2026**, permettant l'exportation de pétrole brut, de produits pétrochimiques et de produits pétroliers iraniens. Cette exemption temporaire ne touche qu'une fraction du dispositif global administré par l'**OFAC**, laissant intact l'essentiel de l'architecture punitive construite depuis des années.

Deux tranches de **6 milliards de dollars** chacune ont été débloquées dans ce cadre, un montant significatif mais qui reste minoritaire face à l'ensemble des avoirs iraniens gelés à travers le monde depuis le début du régime de sanctions actuel.

### La supervision technique confiée à des figures clés

Le vice-président américain **JD Vance** supervise la dimension technique de ces discussions avec son homologue iranien **Ali Bagheri**, tandis que le **secrétaire d'État Marco Rubio** continue de défendre publiquement la fermeté du dispositif de sanctions global maintenu par son administration. Cette répartition des rôles illustre la coexistence, au sein même de la Maison-Blanche, de logiques de fermeté et de négociation pragmatique.

C'est cette dualité qui permet à l'administration **Trump** de présenter simultanément le dégel comme un geste de bonne volonté calculée et le maintien du reste des sanctions comme une preuve de fermeté ininterrompue envers **Téhéran**.

## La dimension nucléaire, véritable moteur de la négociation

### Le retour des inspecteurs, contrepartie non négociable

Le véritable enjeu stratégique de cet accord technique réside dans le retour des **inspecteurs internationaux**, vraisemblablement sous l'égide de l'**Agence internationale de l'énergie atomique**, dans les installations nucléaires iraniennes. Sans cette contrepartie, l'**OFAC** n'aurait vraisemblablement jamais autorisé la moindre exemption sectorielle, aussi limitée soit-elle dans le temps.

Le président **Trump** a affirmé publiquement que l'**Iran** allait accepter ces inspections, une déclaration qui souligne combien le dossier nucléaire demeure la véritable monnaie d'échange de toute cette séquence diplomatique, bien plus que le montant des fonds débloqués lui-même.

### Le scepticisme documenté des experts en non-prolifération

Les spécialistes du dossier nucléaire iranien rappellent que **Téhéran** a, par le passé, multiplié les gestes d'ouverture partielle sans jamais offrir un accès complet et sans entrave à l'ensemble de ses sites sensibles. Cette histoire de promesses à moitié tenues doit guider toute lecture sérieuse du dégel actuel.

Rien dans l'accord de juin 2026 ne garantit, à ce stade, que cette fois sera structurellement différente des cycles précédents observés depuis l'effondrement de l'accord de **2015**, ce qui invite à une prudence méthodologique plutôt qu'à un optimisme précoce.

## Le double discours de **Téhéran** sur l'usage des fonds

### Une divergence assumée sur les intentions d'achat

Le vice-gouverneur de la **Banque centrale d'Iran**, **Mohsen Karimi**, a affirmé via l'agence **Tasnim** que **Téhéran** n'a **« aucune obligation d'acheter »** des produits agricoles américains avec les fonds débloqués, contredisant en partie la version présentée côté américain selon laquelle l'argent servirait notamment à ces achats.

Cette divergence, documentée par plusieurs agences de presse internationales, illustre une réalité plus large: chaque camp raconte cet accord technique à sa manière à sa propre opinion publique, sans que l'un ou l'autre ne livre l'intégralité des termes convenus lors des négociations.

### Ce que cette gestion du récit révèle sur la fragilité de l'accord

Cette gestion différenciée de la communication n'est pas nouvelle dans les relations irano-américaines, mais elle prend un relief particulier lorsque les sommes en jeu atteignent **12 milliards de dollars** et que le contexte régional reste aussi explosif qu'au **Liban**, où un **cessez-le-feu** fragile continue de tenir entre **Israël** et le **Hezbollah**.

Cette fragilité narrative constitue, à mes yeux, un indicateur précoce du risque que l'accord technique s'effondre dès que l'une des deux parties estimera que l'autre a violé l'esprit, sinon la lettre, des engagements pris à **Genève** et à **Buergenstock**.

## L'effet de levier de l'**OFAC** sur les marchés pétroliers mondiaux

### Un allègement pensé pour calmer la volatilité des prix

Le contexte de cette levée partielle de sanctions ne peut être dissocié de la pression exercée sur le **marché mondial du pétrole** par le conflit ouvert entre les États-Unis, **Israël** et l'**Iran** depuis plusieurs mois. En autorisant temporairement les exportations pétrolières iraniennes, **Washington** cherche vraisemblablement à calmer une volatilité des prix qui pèse directement sur l'économie américaine elle-même.

Ce pragmatisme économique, bien réel, illustre comment l'**OFAC** peut être utilisé de façon chirurgicale pour ajuster des équilibres macroéconomiques globaux, sans pour autant renoncer à l'objectif stratégique de pression maximale sur le régime iranien.

### La menace du **détroit d'Ormuz** en toile de fond

Le président **Trump** a lui-même évoqué, quelques jours avant l'annonce du dégel, la menace d'une fermeture du **détroit d'Ormuz** par **Téhéran**, un point de passage stratégique pour une part significative du commerce pétrolier mondial. Cette menace, bien que non concrétisée, a vraisemblablement pesé dans le calcul américain en faveur d'un geste d'apaisement ciblé.

Cette dimension géoéconomique du dossier illustre à quel point l'**OFAC** n'agit jamais dans un vide stratégique: chaque décision de sanction ou d'exemption s'inscrit dans un calcul plus large impliquant les marchés énergétiques mondiaux et la stabilité régionale.

## Les voix critiques au **Congrès** américain

### Un scepticisme bipartisan sur la rapidité du geste

Au **Congrès** américain, des voix bipartisanes, y compris au sein du propre camp politique de l'administration **Trump**, ont exprimé des réserves sur la rapidité et l'opacité relative de ce dégel financier. Plusieurs élus réclament une transparence accrue sur les mécanismes précis de vérification prévus avant toute levée supplémentaire de sanctions administrée par l'**OFAC**.

Cette absence de consensus politique interne aux États-Unis illustre bien que le dossier reste hautement controversé, contrairement à l'image d'un accord largement approuvé que certains communiqués officiels pourraient laisser entendre à première lecture.

### Le risque d'une contestation législative future

Cette fragilité politique intérieure pourrait, dans les semaines à venir, contraindre l'administration à revoir certains termes de l'accord ou à publier davantage de détails pour désamorcer les critiques les plus vives venues du **Congrès**, voire à faire l'objet de mesures législatives visant à encadrer plus strictement le pouvoir discrétionnaire de l'**OFAC** sur ce dossier précis.

Cette instabilité politique interne américaine constitue, à mes yeux, un facteur de risque supplémentaire trop souvent négligé dans les analyses qui se concentrent uniquement sur la dimension irano-américaine du dossier.

## L'axe autoritaire, grand bénéficiaire silencieux de tout assouplissement

### **Pékin** et **Moscou**, partenaires structurels de **Téhéran**

Chaque dégel de sanctions sur l'**Iran** profite indirectement à ses partenaires stratégiques les plus proches, à commencer par la **Chine** et la **Russie**, qui restent les principaux acheteurs de pétrole iranien sous sanctions depuis des années. Un assouplissement, même temporaire, du régime de sanctions de l'**OFAC** facilite mécaniquement ces flux commerciaux déjà bien établis entre **Téhéran**, **Pékin** et **Moscou**.

Cette dimension du dossier est trop souvent négligée dans les analyses occidentales centrées uniquement sur la relation bilatérale entre **Washington** et **Téhéran**, alors que la **Chine** demeure, selon moi, la plus grande menace structurelle à long terme pour l'ordre international dont l'Occident doit rester le centre de gravité.

### La convergence **Iran**-**Russie**-**Corée du Nord** face aux sanctions occidentales

L'**Iran**, la **Russie** et la **Corée du Nord** partagent aujourd'hui une convergence d'intérêts de plus en plus assumée face aux sanctions occidentales, échangeant technologies militaires, soutien diplomatique et parfois financement direct. Tout assouplissement financier accordé à l'un de ces régimes renforce, par ricochet, la résilience collective de cet axe autoritaire.

C'est cette dimension systémique, dépassant largement le seul cadre irano-américain, qui devrait guider une réflexion occidentale plus large sur la cohérence de sa politique de sanctions envers l'ensemble des régimes hostiles à l'ordre international libéral.

## Le silence de l'**OFAC** sur les droits humains

### Un dispositif technique, pas un instrument de justice sociale

Le programme de sanctions administré par l'**OFAC** cible avant tout des objectifs de sécurité nationale et de non-prolifération, pas directement la répression intérieure exercée par le régime iranien contre ses propres citoyens. Cette limite structurelle du dispositif mérite d'être soulignée chaque fois qu'un geste de désescalade financière est célébré sans nuance.

Les organisations de défense des droits humains issues de la diaspora iranienne ont exprimé leur scepticisme face à ce dégel, rappelant que chaque assouplissement financier accordé au régime, historiquement, a coïncidé avec un renforcement de ses capacités répressives internes.

### Un manque de coordination entre dossiers stratégiques distincts

Cette approche compartimentée, qui sépare artificiellement la diplomatie nucléaire, la pression économique et la question des droits humains, n'est pas propre à cette administration américaine, mais elle mérite d'être soulignée chaque fois qu'un geste de désescalade financière est célébré sans nuance.

Ces voix méritent d'être entendues dans le débat public occidental, car elles rappellent que derrière chaque négociation technique entre États se trouvent des populations civiles directement affectées par les choix de leurs dirigeants.

## Les leçons de l'accord de **2015** pour l'**OFAC** d'aujourd'hui

### Un précédent riche d'enseignements largement ignorés

L'accord nucléaire de **2015**, négocié sous l'administration Obama puis abandonné unilatéralement par **Trump** lors de son premier mandat en **2018**, avait déjà démontré la difficulté de bâtir une confiance durable avec **Téhéran** sur la seule base de levées de sanctions échelonnées administrées par l'**OFAC**.

Le retrait américain de cet accord avait été justifié par l'insuffisance des mécanismes de vérification à long terme, un argument que l'administration actuelle semble redécouvrir avec le même scepticisme, sans toutefois tirer toutes les conséquences pratiques de cette expérience passée.

### Le risque de répéter les mêmes cycles sans mémoire institutionnelle

Chaque nouvelle négociation avec l'**Iran** semble repartir de zéro, comme si les cycles précédents de sanctions et de dégels n'avaient laissé aucune trace dans la mémoire institutionnelle de l'**OFAC** et du Département d'État. Cette amnésie stratégique profite avant tout à **Téhéran**, qui maîtrise parfaitement l'art de gagner du temps entre deux cycles de pression internationale.

Rompre ce cycle exigerait une continuité politique rare entre administrations américaines successives, une continuité que le système politique des États-Unis, marqué par l'alternance et les revirements doctrinaux, peine structurellement à offrir sur des dossiers aussi sensibles que le nucléaire iranien.

## Ce que révèle ce dossier sur la doctrine **Trump** au Moyen-Orient

### Une politique étrangère faite de ruptures et de revirements calculés

Ce dégel financier n'est pas un geste isolé; il s'inscrit dans une doctrine plus large de l'administration **Trump** au Moyen-Orient, marquée par des ruptures spectaculaires suivies de gestes de désescalade tout aussi soudains. Cette imprévisibilité, revendiquée par le président lui-même comme un atout de négociation, laisse cependant les alliés régionaux dans une incertitude permanente.

Le **secrétaire d'État Marco Rubio** et le vice-président **JD Vance** incarnent, chacun à leur manière, les deux faces de cette doctrine: fermeté rhétorique d'un côté, pragmatisme transactionnel de l'autre, une combinaison qui produit des résultats difficiles à anticiper pour les partenaires de **Washington**.

### **Trump**, mal nécessaire d'une realpolitik assumée face à l'**OFAC**

Je l'ai déjà écrit et je le répète: je considère **Donald Trump** comme un mal nécessaire pour l'Occident dans ce contexte géopolitique tendu. Sa disposition à utiliser l'**OFAC** comme instrument de négociation directe avec des régimes hostiles, aussi inconfortable soit-elle, a parfois permis d'éviter des escalades militaires encore plus coûteuses.

Mais cette realpolitik assumée doit s'accompagner de garde-fous clairs au sein même du dispositif de sanctions, faute de quoi elle risque de se transformer en une succession de concessions sans contrepartie vérifiable, un piège dans lequel plusieurs administrations américaines sont déjà tombées face à **Téhéran**.

## Les alliés régionaux face à l'incertitude du dispositif américain

### Le **Golfe** surveille chaque décision de l'**OFAC** avec prudence

Les pays du **Golfe**, en particulier l'**Arabie saoudite** et les **Émirats arabes unis**, suivent ce dégel financier avec une inquiétude à peine voilée. Un **Iran** financièrement moins asphyxié reste, pour ces capitales, un Iran potentiellement plus actif dans le financement de ses réseaux régionaux, du **Yémen** à la **Syrie** en passant par l'**Irak**.

Cette inquiétude régionale ne se traduit pas nécessairement par une opposition publique frontale à la diplomatie américaine, mais elle nourrit des consultations discrètes entre capitales du **Golfe** et **Washington** sur les garde-fous à exiger avant toute levée supplémentaire de sanctions par l'**OFAC**.

### **Israël**, observateur vigilant d'un dispositif qui le concerne directement

**Israël** n'est pas partie prenante directe de cet accord technique entre **Washington** et **Téhéran**, mais chaque dollar débloqué par l'**OFAC** reste, de facto, une variable stratégique surveillée de près à Jérusalem. Le gouvernement israélien a multiplié les signaux de méfiance envers toute normalisation trop rapide avec un régime qu'il considère comme une menace existentielle directe.

Cette tension entre l'agenda diplomatique américain et les inquiétudes sécuritaires israéliennes illustre la difficulté de mener une politique de sanctions cohérente lorsque les intérêts de sécurité immédiats d'un allié clé ne s'alignent pas parfaitement avec le calendrier de désescalade souhaité par **Washington**.

## Les trois conditions que l'**OFAC** devrait imposer avant d'aller plus loin

### Traçabilité, vérification et transparence comme préalables

Si cette séquence diplomatique doit se poursuivre au-delà des **60 jours** prévus, trois conditions me semblent non négociables pour l'**OFAC**: un accès complet et sans entrave des **inspecteurs internationaux** à l'ensemble des sites nucléaires sensibles, un mécanisme de traçabilité des fonds débloqués pour empêcher tout financement indirect de milices régionales, et une transparence accrue envers le **Congrès** sur les critères d'exemption retenus.

Sans ces garanties, tout dégel supplémentaire risquerait de répéter les erreurs du passé, où des gestes de bonne volonté occidentale ont été interprétés par **Téhéran** comme des signes de faiblesse plutôt que comme des invitations sincères à la coopération.

### Le rôle des alliés européens dans le renforcement du dispositif

Les puissances européennes, notamment la **France**, l'**Allemagne** et le **Royaume-Uni**, ont un rôle à jouer pour renforcer les mécanismes de vérification internationale, indépendamment des calculs bilatéraux entre **Washington** et **Téhéran** gérés par l'**OFAC**. Leur expertise historique sur le dossier nucléaire iranien demeure un atout que l'Occident aurait tort de négliger.

Une coordination transatlantique plus étroite sur ce dossier permettrait d'éviter que **Téhéran** n'exploite les divergences d'approche entre **Washington** et les capitales européennes pour obtenir des concessions à la pièce, sans jamais offrir de garanties globales et durables.

## Le précédent nord-coréen, avertissement pour l'**OFAC**

### Une comparaison qui dérange mais qui éclaire

Le cas de la **Corée du Nord**, sous sanctions américaines depuis des décennies, offre un précédent éclairant pour évaluer l'efficacité à long terme du dispositif de l'**OFAC**. **Pyongyang** a démontré qu'un régime isolé peut, avec l'aide de partenaires comme la **Chine** et la **Russie**, contourner partiellement les sanctions tout en poursuivant son programme nucléaire, une leçon que **Téhéran** observe avec attention.

Cette comparaison ne signifie pas que les sanctions sont inutiles, mais elle rappelle que l'**OFAC** ne peut agir seul: sans coordination internationale robuste et sans fermeture des voies de contournement via des pays tiers, même le dispositif le plus sophistiqué finit par perdre une partie de son mordant avec le temps.

### Ce que cela signifie pour la crédibilité du dégel actuel

Si **Téhéran** parvient, comme **Pyongyang** avant elle, à diversifier ses partenaires commerciaux pour amortir l'impact des sanctions résiduelles, la fenêtre de **60 jours** ouverte par l'**OFAC** pourrait devenir un simple accélérateur de ce processus de contournement, plutôt qu'un levier de négociation véritablement contraignant.

C'est cette dynamique de long terme, plus que l'annonce ponctuelle du 23 juin, qui devrait préoccuper les stratèges américains chargés de concevoir la prochaine phase de ce dossier complexe.

## Conclusion : l'**OFAC**, boussole silencieuse d'un dossier bruyant

### Ce que cette analyse permet d'établir avec certitude

Au terme de cette analyse, un constat s'impose: le **programme de sanctions iranien** administré par l'**OFAC** reste, dans son architecture globale, pleinement actif malgré le dégel spectaculaire du **23 juin 2026**. Seule une fenêtre sectorielle et temporaire de **60 jours** a été ouverte, conditionnée à la reprise des inspections nucléaires internationales.

Cette nuance technique, souvent perdue dans la couverture médiatique grand public, est pourtant essentielle pour comprendre le véritable rapport de force qui continue de structurer les relations entre **Washington** et **Téhéran**, bien au-delà des annonces spectaculaires.

### Ce que l'avenir immédiat devra confirmer

Les prochaines semaines diront si cette fenêtre de **60 jours** débouche sur un accès réel et vérifiable des **inspecteurs internationaux**, ou si elle se referme sans résultat tangible, renvoyant l'**OFAC** à son rôle habituel de gardien intransigeant d'un dispositif de pression maximale.

C'est cette vérification continue, fait par fait, inspection par inspection, qui déterminera si cette séquence marque une inflexion réelle ou un simple épisode de plus dans l'histoire longue et complexe des sanctions américaines contre l'**Iran**.

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Iran Sanctions Program — Office of Foreign Assets Control, U.S. Treasury, consulté juillet 2026](https://ofac.treasury.gov/sanctions-programs-and-country-information/iran-sanctions)

- [Iran Sanctions — U.S. Department of State, consulté juillet 2026](https://www.state.gov/iran-sanctions)

- [Iran war day 116: US eases Iran sanctions; Israel kills two in Lebanon — Al Jazeera, 23 juin 2026](https://www.aljazeera.com/news/2026/6/23/iran-war-day-116-us-eases-iran-sanctions-lebanon-ceasefire-holds)

### Sources secondaires

- [US waives Iran sanctions after talks; Lebanon fighting abates — Reuters via Internazionale, 23 juin 2026](https://www.internazionale.it/ultime-notizie-reuters/2026/06/23/us-iran-talks-go-into-day-2-after-trump-threats-hormuz-closure)

- [The White House's New Pro-Ukraine Tone Shift — Foreign Policy, 22 juin 2026](https://foreignpolicy.com/2026/06/22/trump-administration-ukraine-russia-war-zelensky-rhetoric/)

- [State Department Issues New Sanctions Against Cuban Military Group — The Epoch Times, 23 juin 2026](https://www.theepochtimes.com/world/state-department-issues-new-sanctions-against-cuban-military-group-6052064)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/analyse-lofac-reste-larme-silencieuse-de-washington-face-a-teheran
