# ANALYSE : le front E3 sur les eaux de Taïwan

> Trois ambassades européennes, agissant de facto à Taipei faute de reconnaissance diplomatique formelle, ont choisi de parler d'une seule voix.

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-07-24
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/analyse-le-front-e3-sur-les-eaux-de-taiwan

## Introduction

Trois ambassades européennes, agissant de facto à **Taipei** faute de reconnaissance **diplomatique** formelle, ont choisi de parler d'une seule voix. Le **Royaume-Uni**, l'**Allemagne** et la **France** ont dénoncé conjointement, le 24 juin 2026, des « opérations spéciales de police maritime » menées par la **Chine** à l'est de **Taïwan**, un **geste** **diplomatique** rare qui a précédé de quelques semaines de nouveaux exercices chinois à tir réel dans le détroit les 23 et 24 juillet. *Trois capitales qui n'ont, à **Taipei**, ni ambassade ni statut **diplomatique** formel, ont pourtant trouvé le moyen de parler ensemble, plus fort que chacune ne l'aurait fait seule.*

Cette **analyse** examine ce qu'on peut appeler, par commodité, le **front E3** sur le **dossier** taïwanais — l'alignement croissant entre Londres, Berlin et Paris — et interroge sa portée réelle : s'agit-il d'un simple **geste** symbolique isolé, ou du signe d'une **coordination** européenne plus durable sur les eaux disputées de l'Indopacifique.

Le texte s'appuie sur les informations disponibles à la mi-juillet 2026, en distinguant les **déclarations officielles** confirmées des interprétations plus larges sur la portée stratégique de ce rapprochement européen.

## Le geste du 24 juin, point de départ de cette analyse

### Une dénonciation conjointe rare dans sa forme

Le 24 juin 2026, les représentations de facto du **Royaume-Uni**, de l'**Allemagne** et de la **France** à **Taipei** ont dénoncé conjointement des opérations maritimes chinoises menées à l'est de **Taïwan**, qualifiées d'« opérations spéciales de police maritime » par **Pékin**. Cette forme de dénonciation conjointe, relativement rare pour des représentations qui n'ont pas de statut **diplomatique** plein, constitue un **signal politique** notable dans le **contexte** tendu du **détroit de Taïwan**.

Ce **geste** s'inscrit dans une séquence plus large de **pression maritime** chinoise près de l'île, documentée par **Taïwan** tout au long du mois de juillet, incluant une hausse jugée « significative » de l'activité de vaisseaux chinois signalée dès le 20 juillet par **Taipei**.

### Ce que cette dénonciation ne dit pas explicitement

Cette dénonciation conjointe du 24 juin ne constitue pas, en elle-même, un **engagement** militaire ou une **promesse** d'intervention en cas d'**escalade** dans le détroit. Elle reste, dans sa formulation, une **protestation diplomatique** centrée sur la liberté de navigation, sans mention explicite de mesures concrètes de rétorsion ou de **dissuasion** renforcée. *Une protestation conjointe peut annoncer une **coordination** plus large à venir, ou rester un **geste** isolé sans suite ; à ce stade, les deux lectures restent également défendables.*

## Les nouveaux exercices chinois, toile de fond de cette coordination

### Deux jours de tir réel près de Dongshan

Les 23 et 24 juillet 2026, la **Chine** a mené des exercices à tir réel dans le **détroit de Taïwan**, près de l'île de Dongshan dans la province du Fujian, fermant des zones maritimes à toute navigation entre 06h00 et 18h00 chacun des deux jours. Ces exercices surviennent au lendemain d'une rencontre entre le secrétaire d'État américain **Marco Rubio** et le ministre chinois des Affaires étrangères **Wang Yi** à Manille, en marge d'un **sommet** régional.

Rubio a qualifié ces manœuvres chinoises de contraires à « l'esprit de la **stabilité** stratégique », insistant sur une publication officielle qu'« aucune nation n'a le droit de restreindre la libre circulation du commerce et des voyages dans les voies navigables internationales, y compris le **détroit de Taïwan** ».

### Un contexte d'activité militaire chinoise dense mais contrastée

Le ministère taïwanais de la **Défense** a recensé **21 sorties** d'avions de l'armée chinoise entre le 23 et le 24 juillet, dont 20 ayant franchi la ligne médiane du détroit, accompagnées de six navires de **guerre** et deux navires officiels chinois. Paradoxalement, une **analyse** du **South China Morning Post** relève que les sorties de chasseurs chinois près de **Taïwan** ont atteint leur plus bas niveau en trois ans au premier semestre 2026, avec 1 334 sorties contre plus du double un an plus tôt. *Une **pression** qui se concentre plutôt qu'elle ne se disperse peut, paradoxalement, sembler moins spectaculaire en **chiffres** bruts tout en restant tout aussi préoccupante dans son intention.*

## Pourquoi le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France précisément

### Trois puissances européennes aux intérêts convergents

Le choix de ces trois pays précisément pour cette dénonciation conjointe n'est pas anodin : le **Royaume-Uni**, l'**Allemagne** et la **France** figurent parmi les rares puissances européennes disposant à la fois d'une **capacité** navale significative et d'intérêts commerciaux directs dans la région indopacifique, notamment à travers des chaînes d'approvisionnement en semi-conducteurs largement dépendantes de **Taïwan**.

Ces trois pays partagent également une **doctrine de sécurité** qui, ces dernières années, a explicitement intégré la stabilité du **détroit de Taïwan** comme un enjeu de sécurité européenne, et non plus comme une question strictement régionale asiatique éloignée de leurs intérêts directs.

### Une coordination qui reste, pour l'instant, informelle

Rien, dans les informations disponibles pour cette **analyse**, ne suggère l'existence d'un mécanisme institutionnel formel reliant ces trois pays spécifiquement sur le **dossier** taïwanais. Leur coordination du 24 juin ressemble davantage à une **convergence ponctuelle** de positions déjà proches qu'à l'activation d'un cadre diplomatique préexistant et structuré. *Trois pays qui pensent la même chose au même moment ne forment pas nécessairement une alliance ; mais répété plusieurs fois, ce même geste finirait par en devenir une, de facto sinon de nom.*

## Les dépendances économiques qui expliquent cet intérêt européen

### Les semi-conducteurs, cœur de la dépendance stratégique

L'intérêt de ces trois puissances européennes pour la stabilité du **détroit de Taïwan** s'explique en grande partie par la **dépendance** de leurs industries technologiques envers les semi-conducteurs avancés produits sur l'île, en particulier par le fabricant taïwanais dominant dans ce secteur **critique** pour l'ensemble de l'économie mondiale.

Une perturbation majeure du trafic maritime dans le **détroit de Taïwan**, qu'elle résulte d'un blocus, d'un conflit ouvert ou même d'exercices militaires prolongés, aurait des répercussions directes et rapides sur les chaînes d'approvisionnement industrielles européennes, un **risque économique** que ces trois gouvernements ont explicitement reconnu dans leurs déclarations publiques récentes.

### Les routes commerciales, un second facteur de préoccupation

Au-delà des semi-conducteurs, le **détroit de Taïwan** et les routes maritimes environnantes constituent un **corridor commercial** essentiel pour une part significative du commerce mondial de conteneurs. Taïwan a elle-même signalé, le 20 juillet, une hausse jugée significative de l'activité de vaisseaux chinois près de l'île, alimentant des craintes précises concernant les routes d'approvisionnement plus larges du Pacifique. *Un semi-conducteur ne vaut rien s'il ne peut pas quitter l'usine ; la sécurité de la production et la sécurité du transport restent, dans les faits, indissociables l'une de l'autre.*

## Le précédent américain, référence structurante pour cette coordination

### Washington, en première ligne rhétorique

Les déclarations européennes du 24 juin ne se sont pas produites en vase clos : elles font écho à une posture américaine de longue date sur la liberté de navigation dans le **détroit de Taïwan**, réaffirmée avec force par **Marco Rubio** à Manille fin juillet. Cette convergence rhétorique entre Washington et les trois capitales européennes suggère une **coordination transatlantique** informelle plus large sur ce **dossier** spécifique.

Cette convergence ne signifie pas pour autant une identité complète de vues : les États-Unis maintiennent des engagements de sécurité plus directs envers Taïwan, notamment à travers des ventes d'armement significatives, quand les positions européennes restent, pour l'instant, essentiellement **déclaratoires** et centrées sur les principes de liberté de navigation.

### Une aide taïwanaise déjà substantielle avant cette séquence

Le contexte de cette coordination européenne s'inscrit après une aide américaine record d'environ **11,1 milliards de dollars** à Taipei annoncée en décembre 2025, un **montant** qui avait déjà précédé des manœuvres chinoises d'une ampleur jugée sans précédent à l'époque. Cette séquence antérieure éclaire la logique d'escalade et de réponse qui semble caractériser les tensions autour de Taïwan depuis plusieurs mois. *Chaque geste de soutien **occidental** semble appeler une réponse chinoise, et chaque réponse chinoise semble à son tour appeler un geste occidental supplémentaire ; reste à savoir où s'arrête cette spirale.*

## Les limites documentées de cette coordination européenne

### Une déclaration, pas encore une doctrine

Il serait prématuré, sur la seule base des informations disponibles pour cette **analyse**, de parler d'une véritable **doctrine européenne commune** sur Taïwan. La dénonciation conjointe du 24 juin demeure, à ce stade, un geste ponctuel qui n'a pas été accompagné, dans les **sources disponibles**, d'un mécanisme de suivi institutionnel ou d'engagements concrets supplémentaires de la part des trois capitales concernées.

Cette **prudence** méthodologique s'impose d'autant plus que les trois pays entretiennent, individuellement, des relations économiques et diplomatiques avec la Chine qui pourraient limiter leur volonté d'aller au-delà de **déclarations de principe** sur la liberté de navigation.

### Les divergences internes qui pourraient freiner cette dynamique

Les trois pays ne partagent pas nécessairement le même degré de priorité accordé au **dossier** taïwanais dans leur **politique étrangère** globale : certains privilégient une approche plus prudente vis-à-vis de Pékin pour préserver des relations commerciales bilatérales substantielles, tandis que d'autres adoptent un ton plus ferme sur les questions de **liberté de navigation** et de droit international maritime. *Trois voix qui s'accordent une fois sur un communiqué ne garantissent pas qu'elles s'accorderont la fois suivante, surtout quand les intérêts économiques nationaux divergent en coulisses.*

## Le paradoxe des chiffres chinois, nuance indispensable

### Moins de sorties, mais une présence différente

L'**analyse** du **South China Morning Post** relevant une baisse des sorties de chasseurs chinois à leur plus bas niveau en trois ans mérite d'être prise au sérieux dans cette **analyse** : elle suggère que la **pression** chinoise sur Taïwan a changé de **forme** plutôt que d'intensité globale, se déplaçant vers des patrouilles de garde côtière plus discrètes mais tout aussi présentes.

Ce changement de forme complique la lecture occidentale de la situation : une **escalade** mesurée uniquement en nombre de sorties aériennes pourrait masquer une **pression** maritime croissante, moins spectaculaire mais potentiellement plus difficile à contrer diplomatiquement pour les capitales européennes.

### L'exercice sino-russe Joint Sea-2026, un signal distinct à surveiller

L'**annonce**, en juillet, d'un exercice naval conjoint sino-russe baptisé **Joint Sea-2026** près de Qingdao, dans la province du Shandong, ajoute une dimension supplémentaire que cette **analyse** E3 ne peut ignorer : la coordination militaire croissante entre Pékin et Moscou pourrait, à terme, compliquer davantage la **lecture stratégique** occidentale des deux théâtres, européen et indopacifique, souvent traités séparément par les chancelleries occidentales. *Deux marines qui s'entraînent ensemble n'annoncent pas nécessairement une alliance opérationnelle ; mais elles envoient, au minimum, un message clair sur leur volonté de le faire croire.*

## Ce que cette coordination pourrait devenir

### Un scénario d'approfondissement institutionnel

Dans un premier **scénario**, cette coordination E3 informelle se transforme progressivement en un cadre plus structuré, à mesure que les tensions dans le **détroit de Taïwan** continuent de s'intensifier et que les trois capitales concernées jugent nécessaire de formaliser leur **position commune** au-delà de déclarations ponctuelles.

Ce **scénario** s'appuierait sur des précédents européens existants dans d'autres dossiers de sécurité, où des coordinations initialement informelles ont fini par se structurer en **mécanismes** plus permanents de consultation et de réponse coordonnée.

### Un scénario de retour à des positions nationales distinctes

Dans un second **scénario**, plus prudent, cette dénonciation conjointe du 24 juin reste un épisode isolé, chaque capitale reprenant ensuite sa propre approche bilatérale vis-à-vis de Pékin, dictée par ses **priorités économiques** nationales respectives plutôt que par une logique de bloc européen uni sur le **dossier** taïwanais. *L'histoire diplomatique européenne récente contient des exemples des deux scénarios ; rien, à ce stade, ne permet de trancher laquelle de ces deux trajectoires s'imposera sur le **dossier** taïwanais.*

## La réaction taïwanaise à cette coordination européenne

### Un accueil prudent mais favorable à Taipei

Le **gouvernement** taïwanais a accueilli favorablement, quoique avec une certaine **prudence diplomatique**, les signaux de soutien venus d'Europe, tout en insistant publiquement sur le fait que la responsabilité de la **défense** de l'île devait rester, en dernier ressort, une **responsabilité collective** partagée plutôt que déléguée entièrement à des partenaires extérieurs.

Cette insistance taïwanaise sur la responsabilité collective reflète une volonté de ne pas apparaître comme entièrement dépendante de gestes diplomatiques ponctuels, aussi bienvenus soient-ils, émanant de capitales européennes qui n'ont pas de relations diplomatiques formelles avec Taipei.

### Les mesures de défense civile déjà engagées par Taïwan

Parallèlement à cette diplomatie de soutien européen, Taïwan a renforcé ses propres mesures de **défense civile**, notamment en ralentissant volontairement l'internet mobile lors d'exercices simulant une réponse à une **menace** chinoise accrue, une mesure documentée le 21 juillet qui illustre la préparation interne de l'île indépendamment du soutien diplomatique externe. *Un pays qui prépare sa propre résilience tout en accueillant le soutien extérieur envoie un message de maturité stratégique qui mérite d'être reconnu pour ce qu'il est.*

## Les implications pour la posture stratégique européenne globale

### Une extension géographique de la doctrine de sécurité européenne

Cette coordination E3 sur Taïwan, aussi limitée soit-elle dans sa forme actuelle, s'inscrit dans une **tendance** plus large d'**extension géographique** de la doctrine de sécurité européenne, historiquement centrée sur le voisinage immédiat du continent, vers des théâtres plus lointains jugés désormais directement pertinents pour les intérêts économiques et stratégiques européens.

Cette extension géographique n'est pas propre au **dossier** taïwanais : elle reflète une reconnaissance plus générale, au sein des chancelleries européennes, que la **sécurité économique** du continent dépend désormais de la stabilité de théâtres géographiquement distants mais économiquement interconnectés.

### Un test de cohérence pour la politique étrangère européenne

Cette coordination sur Taïwan constitue également un test de **cohérence** pour une **politique étrangère** européenne qui a longtemps été critiquée pour son manque d'unité face à des dossiers stratégiques majeurs impliquant la Chine. La **capacité** de ces trois capitales à maintenir cette position commune dans la durée dira beaucoup sur la maturité de la **politique** étrangère européenne collective. *L'Europe a souvent été accusée de parler d'une seule voix uniquement quand cela ne coûte rien ; le **dossier** taïwanais, avec ses implications économiques directes envers la Chine, testera cette accusation plus sérieusement que la plupart des dossiers précédents.*

## Le lien avec le théâtre européen, une convergence de calendrier

### Deux théâtres sous tension simultanée

Cette coordination E3 sur Taïwan survient alors que ces mêmes puissances européennes sont également engagées dans un effort de **réarmement** substantiel lié à la **guerre en Ukraine**, avec des engagements combinés dépassant les 258 milliards de dollars de hausse budgétaire cumulée annoncés lors du **sommet de l'OTAN** à Ankara début juillet. Cette convergence de calendrier n'est probablement pas une coïncidence.

Les décideurs européens semblent de plus en plus enclins à traiter les théâtres européen et indopacifique comme des dimensions liées d'une même **doctrine de dissuasion**, plutôt que comme deux dossiers strictement séparés relevant de logiques géographiques distinctes.

### Le risque d'une dispersion des ressources et de l'attention

Cette convergence de calendrier soulève cependant une question légitime sur la **capacité** réelle de ces puissances européennes à soutenir une posture crédible sur deux théâtres simultanément, alors que leurs budgets de **défense**, en forte hausse mais non illimités, doivent déjà répondre à des besoins urgents documentés sur le seul théâtre européen. *Une dissuasion qui se disperse sur deux théâtres risque, faute de ressources suffisantes, de ne convaincre pleinement ni l'un ni l'autre de ses adversaires potentiels.*

## Ce que cette analyse retient sur la portée réelle du front E3

### Un signal réel mais encore modeste dans sa portée concrète

Cette **analyse** retient que la coordination entre le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France sur le **dossier** taïwanais constitue un **signal politique** réel, documenté par une dénonciation conjointe rare dans sa forme, mais dont la portée concrète reste, à ce stade, largement **déclaratoire** plutôt qu'opérationnelle.

Cette évaluation nuancée évite à la fois la surinterprétation d'un geste isolé comme preuve d'une alliance structurée, et la sous-**estimation** de ce que ce geste révèle sur l'évolution des priorités stratégiques européennes face à la Chine.

### Un dossier à suivre en parallèle du théâtre européen

Enfin, cette **analyse** invite à suivre ce **dossier** taïwanais en parallèle du théâtre européen, tant les deux semblent désormais liés dans la réflexion stratégique des capitales occidentales concernées, une **interdépendance** qui pourrait devenir l'une des caractéristiques structurantes de la **politique** de sécurité occidentale dans les années suivant ce **sommet** d'Ankara. *Suivre l'**Ukraine** sans regarder Taïwan, ou suivre Taïwan sans regarder l'Ukraine, revient de plus en plus à ne comprendre qu'une moitié d'une même équation stratégique.*

## Les questions qui restent ouvertes

### La prochaine étape de cette coordination européenne

Cette **analyse** ne peut trancher, sur la seule base des informations disponibles à la mi-juillet 2026, si la prochaine étape de cette coordination E3 prendra la forme d'un renforcement concret, par exemple à travers des **déploiements navals** conjoints dans la région, ou d'un simple maintien du statu quo déclaratoire actuel.

Cette incertitude appelle une **vigilance méthodologique** similaire à celle exercée sur d'autres dossiers d'**engagement** **occidental**, où l'**écart** entre **déclaration** et **action concrète** s'est révélé, par le passé, plus large qu'annoncé initialement.

### La réaction chinoise à surveiller dans les prochaines semaines

Enfin, la réaction chinoise à cette coordination européenne croissante mérite une attention particulière dans les prochaines semaines : Pékin pourrait choisir d'ignorer ce signal comme négligeable, ou au contraire d'y répondre par une **intensification** supplémentaire de sa **pression** maritime autour de Taïwan, un **scénario** que les **données** de fréquence des sorties militaires chinoises permettront de vérifier au fil des prochains mois. *La meilleure façon de savoir si Pékin a pris ce signal européen au sérieux sera de regarder, patiemment, ce que font ses navires dans les semaines qui suivent, bien plus que ce que disent ses porte-paroles.*

## Conclusion

Le **front E3** — cette convergence naissante entre le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France sur le **dossier** des eaux de Taïwan — reste, à la mi-juillet 2026, un phénomène réel mais encore limité dans sa portée concrète. La dénonciation conjointe du 24 juin des opérations maritimes chinoises constitue un **signal diplomatique** documenté, mais elle n'a pas encore été suivie, dans les **sources disponibles**, d'engagements opérationnels supplémentaires.

Cette **analyse** a cherché à situer ce signal dans son contexte le plus large : une **pression** chinoise croissante mais changeante dans sa forme, une coordination transatlantique informelle avec Washington, et une convergence de calendrier troublante avec l'effort de réarmement européen consacré au théâtre ukrainien. *Un **front** qui n'existe encore que par une déclaration commune peut, avec le temps et la répétition, devenir une habitude ; et une habitude diplomatique, à force d'être répétée, finit parfois par devenir une doctrine que plus personne ne songe à remettre en question.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Taipei Times — Washington dénonce les déploiements de la garde côtière chinoise près de Taïwan — 24 juillet 2026](https://www.taipeitimes.com/News/front/archives/2026/07/24/2003861284)

- [Reuters — La Chine débute des exercices militaires dans le détroit de Taïwan — 23 juillet 2026](https://www.reuters.com/fr/affaires/la-chine-dbute-des-exercices-militaires-dans-le-dtroit-de-tawan-2026-07-23/)

- [Newsweek — La Chine mène des exercices militaires dans des eaux commerciales stratégiques après l'avertissement de Rubio — 23 juillet 2026](https://www.newsweek.com/china-stages-military-drills-in-key-trade-waters-after-rubio-warning-12227056)

### Sources secondaires

- [Thairath — Le ministère taïwanais de la Défense détaille les sorties militaires chinoises du 23-24 juillet — 24 juillet 2026](https://en.thairath.co.th/news/foreign/2948131)

- [South China Morning Post — Pourquoi les sorties de chasseurs chinois près de Taïwan ont chuté à leur plus bas niveau en trois ans — juillet 2026](https://www.scmp.com/news/china/military/article/3361605/why-pla-fighter-jet-sorties-near-taiwan-dropped-3-year-low-first-half-2026)

- [Reuters — Taïwan signale une hausse de l'activité des vaisseaux chinois, craintes pour les routes d'approvisionnement du Pacifique — 20 juillet 2026](https://www.reuters.com/world/china/taiwan-says-chinese-vessel-activity-jumps-raising-fears-pacific-supply-routes-2026-07-20/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/analyse-le-front-e3-sur-les-eaux-de-taiwan
