# ANALYSE : La force de stabilisation qui doit sécuriser Gaza sans combattre

> La résolution 2803, adoptée par le Conseil de sécurité de l'ONU le 17 novembre 2025, a formellement autorisé le déploiement d'une Force internationale de stabilisation, connue sous l'acronyme ISF, chargée de surveiller…

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-07-20
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/analyse-la-force-de-stabilisation-qui-doit-securiser-gaza-sans-combattre

## Introduction : Une armée internationale au mandat impossible

### Une force autorisée, mais toujours en construction

La **résolution 2803**, adoptée par le **Conseil de sécurité** de l'ONU le **17 novembre 2025**, a formellement autorisé le déploiement d'une **Force internationale de stabilisation**, connue sous l'acronyme **ISF**, chargée de surveiller le respect du **cessez-le-feu** et de superviser les engagements les plus sensibles du plan global pour Gaza : le désarmement du **Hamas** et le retrait progressif de l'armée israélienne. Huit mois plus tard, cette **force existe** sur le papier, dispose d'un commandement, de quelques contingents engagés, mais reste loin de l'effectif complet initialement envisagé.

L'ampleur de la tâche confiée à l'ISF est considérable : elle doit à la fois **sécuriser un territoire dévasté** par des années de guerre, entraîner une nouvelle force de police palestinienne, superviser un processus de désarmement hautement conflictuel, et servir de tampon entre les **forces israéliennes** et les zones transférées au contrôle d'une administration palestinienne transitoire. **Rarement une force de maintien de la paix aura eu un mandat aussi vaste avec des moyens aussi progressivement constitués.**

### Un commandement américain, une composition internationale

Le commandement de l'ISF a été confié au général de division américain **Jasper Jeffers**, nommé en **janvier 2026**, qui coordonne un état-major dédié établi spécifiquement pour cette mission. Cette structure de **commandement américaine**, bien qu'opérant sous mandat des Nations unies, illustre le poids central que continuent de jouer les **États-Unis** dans l'ensemble de l'architecture du plan de paix, du Board of Peace jusqu'à la supervision militaire concrète sur le terrain.

**Cinq pays** ont initialement confirmé leur engagement de troupes : l'**Indonésie**, le **Maroc**, le **Kazakhstan**, le **Kosovo** et l'**Albanie**, tandis que l'**Égypte** et la **Jordanie** se sont engagées à assurer la formation des forces de police palestiniennes. Cette **coalition hétérogène** par sa géographie et ses traditions militaires, doit encore prouver sa cohésion opérationnelle sur un terrain particulièrement hostile.

*Il y a quelque chose de fascinant et d'inquiétant à la fois dans cette liste de pays contributeurs. Indonésie, Maroc, Kazakhstan, Kosovo, Albanie — aucune grande puissance occidentale ne s'est bousculée pour envoyer ses propres troupes dans ce bourbier. On soutient Gaza en paroles. On délègue le risque physique à d'autres. Ce n'est pas nouveau dans l'histoire des opérations de maintien de la paix, mais ça reste révélateur.*

## Le mandat officiel, entre ambition et prudence calculée

### Ce que l'ISF est autorisée à faire

Selon les termes de la résolution 2803, le mandat de l'ISF inclut explicitement le soutien à la **démilitarisation** et à la **destruction des infrastructures terroristes**, la sécurisation des zones frontalières avec Israël et l'Égypte, la protection des civils et des opérations humanitaires, la formation d'une force de police palestinienne vérifiée, ainsi que l'assistance au Board of Peace dans la surveillance globale du cessez-le-feu. Sur le papier, ce **mandat est étonnamment large**, presque audacieux dans son ambition de transformer complètement l'environnement sécuritaire de Gaza.

La résolution autorise même l'ISF à démilitariser Gaza **« par tous les moyens nécessaires »**, une formulation qui, selon l'ambassadeur des États-Unis à l'ONU **Mike Waltz**, ouvre la porte à un usage de la force si les circonstances l'exigent. C'est un **langage juridique lourd de conséquences**, qui distingue potentiellement cette mission des opérations de maintien de la paix classiques, généralement limitées à l'autodéfense.

### La contradiction qui plane sur le terrain

Mais dans les faits, plusieurs responsables américains ont insisté publiquement sur le fait que l'ISF **« ne combattra pas le Hamas »**, créant une ambiguïté fondamentale entre le texte juridique de la résolution et les intentions opérationnelles réelles communiquées aux pays contributeurs. Cette contradiction n'est pas un simple détail rhétorique : elle détermine directement la volonté des pays de s'engager, plusieurs d'entre eux — dont l'Indonésie — ayant explicitement précisé que leurs troupes se limiteraient à des missions humanitaires et de sécurité civile, sans participer à des opérations de désarmement forcé.

**Une force autorisée à tout faire sur le papier, mais dont la plupart des contributeurs refusent par avance certaines des tâches les plus risquées, n'a en réalité qu'un mandat partiel** — une réalité qui complique considérablement la capacité de l'ISF à remplir l'ensemble des objectifs fixés par la résolution qui l'a créée.

*« Elle démilitarisera par tous les moyens nécessaires, mais elle ne combattra pas le Hamas. » Il faut relire cette phrase deux fois pour saisir l'ampleur de la contradiction qu'elle contient. C'est le genre de langage diplomatique qui permet à tout le monde de signer un texte sans jamais s'accorder sur ce qu'il signifie vraiment sur le terrain.*

## Le déploiement progressif, secteur par secteur

### Rafah, le point de départ symbolique

Conformément au plan présenté par le général **Jeffers**, le déploiement de l'ISF a débuté dans le **secteur de Rafah**, au sud de la bande de Gaza, choisi comme point d'entrée en raison de sa relative stabilité comparée à d'autres zones du territoire. L'objectif à moyen terme est d'étendre progressivement la présence de l'ISF secteur par secteur, avec à terme **cinq secteurs** couverts, chacun devant recevoir une brigade dédiée de la force internationale.

L'objectif final affiché par le commandement de l'ISF est d'atteindre un effectif de **20 000 soldats** et de **12 000 policiers** palestiniens formés, un chiffre considérable qui, s'il était atteint, représenterait une des plus importantes opérations de stabilisation internationale de ces dernières décennies. Mais entre l'annonce de cet objectif et sa réalisation effective, le chemin reste long, jalonné d'obstacles politiques et logistiques qui ralentissent chaque étape du déploiement.

### Le calendrier qui déçoit les attentes initiales

Les premières estimations, formulées début 2026, tablaient sur un déploiement complet des premiers contingents dès le **printemps 2026**. Ce calendrier a été révisé à plusieurs reprises, certains responsables évoquant désormais un déploiement plus substantiel étalé sur plusieurs mois supplémentaires. Ces retards successifs, documentés dans plusieurs médias spécialisés dans les affaires de défense, illustrent la difficulté de coordonner autant d'acteurs internationaux différents autour d'un mandat aussi ambigu.

**Chaque mois de retard dans le déploiement de l'ISF est un mois de plus où le vide sécuritaire à Gaza profite aux acteurs les moins intéressés par une stabilisation durable** — qu'il s'agisse de factions armées locales ou de réseaux criminels qui prospèrent dans l'incertitude prolongée d'un territoire encore largement livré à lui-même.

*Vingt mille soldats, douze mille policiers, cinq secteurs. Ces chiffres ont quelque chose de rassurant sur une diapositive de présentation à Washington. Sur le terrain de Gaza, ils restent pour l'instant largement théoriques. L'écart entre le PowerPoint et la réalité du déploiement, dans ce dossier comme dans tant d'autres, se mesure en vies humaines qui attendent une sécurité qui tarde à arriver.*

## Le refus israélien de certains contributeurs, la Turquie en particulier

### Ankara écartée malgré son offre de troupes

La **Turquie**, qui s'était déclarée prête à envoyer des troupes dans le cadre de l'ISF, a vu sa participation explicitement écartée sous la pression du gouvernement israélien, qui considère **Ankara** comme trop proche du Hamas pour jouer un rôle neutre de stabilisation. Cette exclusion a créé une friction diplomatique persistante entre les États-Unis, qui auraient souhaité intégrer la Turquie compte tenu de son poids régional, et Israël, qui a maintenu une opposition ferme sur ce point précis.

Des sources sécuritaires turques ont indiqué être **« prêtes et en attente »** d'un feu vert pour déployer leurs troupes, ajoutant que Washington exerçait une pression sur Israël pour accepter leur participation — sans succès à ce jour. Cette situation illustre les limites de l'influence américaine lorsqu'elle se heurte à une ligne rouge sécuritaire israélienne clairement établie.

### D'autres puissances régionales restent en retrait

Au-delà de la Turquie, plusieurs autres pays initialement sollicités pour contribuer à l'ISF ont finalement décliné ou retardé leur engagement. L'**Arabie saoudite** et les **Émirats arabes unis**, malgré des contributions financières substantielles au processus de reconstruction, n'ont pas confirmé d'engagement de troupes au sol. L'**Azerbaïdjan**, initialement cité comme contributeur potentiel, s'est également retiré du processus selon plusieurs analyses spécialisées dans les affaires de défense régionale.

**Cette réticence généralisée de plusieurs puissances régionales à envoyer des troupes concrètes révèle une prudence stratégique partagée** : personne ne souhaite s'exposer aux risques d'une mission dont le mandat reste juridiquement ambigu et politiquement explosif, coincée entre les exigences contradictoires d'Israël et les attentes du Hamas.

*On mesure souvent l'engagement international par les milliards promis lors des conférences de financement. On devrait aussi le mesurer par le nombre de soldats réellement envoyés sur un terrain dangereux. Sur ce deuxième critère, beaucoup de grandes puissances qui se disent attachées à la stabilité de Gaza ont préféré rester prudemment à distance.*

## L'Indonésie, pilier inattendu de la coalition

### Un engagement disproportionné pour Jakarta

Parmi tous les contributeurs, l'**Indonésie** se distingue par l'ampleur de son engagement annoncé, avec jusqu'à **8 000 personnels** potentiellement déployables, et une possible nomination au poste de **commandant en second** de l'ISF sous l'autorité du général Jeffers. Pour Jakarta, cet engagement représente une mobilisation sept fois supérieure à l'ensemble de sa présence actuelle dans des opérations de maintien de la paix à travers le monde — un pari politique et logistique considérable pour la plus grande démocratie musulmane du monde.

Le ministre indonésien de la Défense, **Sjafrie Sjamsoeddin**, a néanmoins pris soin de préciser publiquement que les troupes indonésiennes se concentreraient strictement sur des missions humanitaires — services de santé, reconstruction, protection des civils palestiniens — plutôt que sur des opérations de désarmement de groupes armés. Cette clarification, destinée en partie à apaiser l'opinion publique indonésienne majoritairement musulmane et sensible à la cause palestinienne, illustre les tensions politiques internes que doit gérer chaque pays contributeur.

### Une diplomatie de prestige autant que de conviction

L'engagement massif de l'Indonésie dans l'ISF s'inscrit également dans une stratégie plus large de **diplomatie internationale**, visant à renforcer le statut de Jakarta comme acteur incontournable des grandes causes multilatérales, tout en consolidant ses relations avec les capitales occidentales et arabes qui soutiennent le plan de paix. **Cette générosité militaire n'est jamais totalement désintéressée**, comme c'est généralement le cas dans les grandes opérations internationales de stabilisation à travers l'histoire récente.

Reste que, quelles que soient les motivations sous-jacentes, l'engagement concret de milliers de soldats indonésiens représente l'un des rares exemples tangibles de mise en œuvre effective de la résolution 2803 sur le terrain, à un moment où de nombreux autres engagements demeurent, eux, purement déclaratoires.

*Je ne vais pas prétendre connaître les motivations exactes du gouvernement indonésien. Mais je note, avec un respect certain, que Jakarta a fait ce que beaucoup d'autres capitales plus proches du dossier ont évité de faire : envoyer réellement des troupes, pas seulement des communiqués de soutien.*

## Le financement, entre milliards promis et argent réellement débloqué

### Des engagements financiers considérables lors du lancement

Lors de la réunion inaugurale du **Board of Peace** à Washington en **février 2026**, environ **quarante pays** ont assisté à la présentation du plan de financement, avec des engagements combinés avoisinant les **17 milliards de dollars** pour l'ensemble du processus de stabilisation et de reconstruction de Gaza. Les **Émirats arabes unis**, l'**Arabie saoudite**, le **Qatar**, le **Kazakhstan**, le **Bahreïn**, le **Maroc**, l'**Ouzbékistan** et le **Koweït** figurent parmi les principaux contributeurs financiers annoncés, aux côtés d'un engagement américain direct de **dix milliards de dollars**.

Ces chiffres, impressionnants sur le papier, restent néanmoins largement inférieurs aux estimations totales des besoins de reconstruction de Gaza, évaluées à environ **soixante-dix milliards de dollars** par plusieurs organisations internationales. **L'écart entre les besoins réels et les engagements financiers actuels demeure considérable**, un problème récurrent dans ce type de grande opération internationale où l'enthousiasme des annonces se heurte, avec le temps, à la réalité des décaissements effectifs.

### Le lien conditionnel entre argent et désarmement

**Benjamin Netanyahu** a explicitement lié la reconstruction financière au désarmement complet du Hamas, une position qui ralentit mécaniquement le décaissement des fonds promis tant que la question sécuritaire reste bloquée. Ce lien conditionnel, cohérent avec la logique globale du plan de paix, crée cependant un paradoxe frustrant : les fonds nécessaires à stabiliser durablement Gaza restent suspendus précisément à cause de l'instabilité sécuritaire que ces mêmes fonds pourraient contribuer à résoudre.

**C'est peut-être le cercle vicieux le plus frustrant de tout ce dossier** : sans sécurité, pas de reconstruction ; sans reconstruction, pas d'incitation économique suffisante pour convaincre une partie de la population de Gaza d'abandonner définitivement la logique de résistance armée qui a nourri des décennies de conflit.

*Dix-sept milliards annoncés, soixante-dix milliards nécessaires. Ces chiffres, mis côte à côte, racontent une histoire que les communiqués officiels préfèrent édulcorer : la générosité internationale affichée à Washington reste, pour l'instant, à moins d'un quart de ce qui serait réellement nécessaire pour reconstruire Gaza durablement.*

## La formation de la police palestinienne, le socle civil du dispositif

### Deux mille candidats en quelques heures

Parallèlement au déploiement militaire de l'ISF, le **Board of Peace** a lancé un processus de recrutement pour une **force de police palestinienne transitoire**, un élément que **Nickolay Mladenov** a présenté comme tout aussi essentiel que le volet militaire du dispositif. Selon les annonces officielles, environ **deux mille candidats** se sont inscrits en quelques heures seulement après l'ouverture du recrutement, un signal encourageant sur la disponibilité d'une main-d'œuvre locale prête à s'engager dans ce processus de stabilisation, malgré les risques évidents associés à ce type de fonction dans un territoire encore largement instable.

La formation de ces recrues doit se dérouler principalement en **Égypte**, avec un soutien complémentaire de la **Jordanie**, deux pays qui possèdent une expérience historique significative dans la formation de forces de sécurité régionales. **Cette force de police, une fois opérationnelle, doit progressivement remplacer les structures de sécurité informelles** qui ont proliféré à Gaza pendant les années de guerre, incluant celles directement liées au Hamas.

### Le défi de la vérification et de la loyauté

Le principal défi de ce recrutement reste la **vérification des antécédents** de chaque candidat, afin de s'assurer qu'aucun ancien combattant du Hamas ou d'autres factions armées ne s'infiltre dans cette nouvelle force censée incarner une rupture avec les structures de pouvoir précédentes. Ce processus de vérification, mené en coordination avec les services de renseignement de plusieurs pays partenaires, ralentit nécessairement le rythme de constitution de la force, mais reste considéré comme non négociable par l'ensemble des parties impliquées dans le processus.

**Une police locale légitime aux yeux de la population de Gaza est sans doute aussi importante, à terme, que la présence de milliers de soldats étrangers** — car c'est elle qui devra, une fois l'ISF partiellement retirée, assurer la sécurité quotidienne d'un territoire qui aspire avant tout à retrouver une forme de normalité après des années de conflit ininterrompu.

*On parle beaucoup des soldats étrangers, des budgets militaires, des contingents internationaux. On parle beaucoup moins de ces deux mille Palestiniens qui se sont inscrits en quelques heures pour devenir policiers dans leur propre territoire. Ce sont peut-être eux, en fin de compte, qui porteront le poids réel de la stabilisation durable de Gaza, longtemps après que les caméras internationales auront tourné leur attention ailleurs.*

## Le scepticisme des experts, une force sans consensus clair

### Des analystes qui doutent de la faisabilité complète

Plusieurs centres de recherche spécialisés dans les questions de sécurité au Moyen-Orient ont exprimé un scepticisme marqué quant à la capacité réelle de l'ISF à accomplir l'ensemble de son mandat. Selon une analyse publiée par l'**Institute for National Security Studies**, il est peu probable que la force puisse forcer le désarmement du Hamas sans un mandat de combat clair, une réalité que la plupart des pays contributeurs ont explicitement refusé d'assumer dès le départ.

Cette même analyse souligne qu'il serait plus réaliste, à ce stade, de limiter les opérations de l'ISF aux zones où le Hamas n'est pas présent militairement, une approche prudente qui, si elle réduit les risques pour les troupes internationales, laisse également intactes les zones les plus problématiques du point de vue sécuritaire — précisément celles où une intervention serait la plus nécessaire pour faire avancer réellement le processus de démilitarisation.

### Le doute qui plane sur l'existence même de la force à terme

D'autres analyses, notamment celles publiées par le **Global Policy Journal**, vont plus loin en questionnant la viabilité à long terme du concept même de l'ISF, dans un contexte où ni le Hamas ni Israël n'ont donné leur plein assentiment aux paramètres exacts de la mission. **Une force de stabilisation qui ne bénéficie pas de la confiance totale des deux parties qu'elle est censée séparer risque de devenir, à terme, un symbole d'échec plutôt qu'un instrument de paix** — un risque que plusieurs diplomates reconnaissent désormais ouvertement, même s'ils continuent publiquement à défendre le projet.

Pour l'instant, aucun des deux scénarios extrêmes — succès complet ou échec total — ne s'est matérialisé. L'ISF existe, progresse lentement, mais n'a pas encore démontré sa capacité à remplir l'intégralité du mandat ambitieux que lui a confié la résolution 2803 il y a huit mois.

*On me demande parfois si je crois que cette force va réussir. Ma réponse honnête : je ne sais pas, et je pense que personne ne le sait vraiment à ce stade, y compris ceux qui la commandent. Ce qui m'inquiète, ce n'est pas l'incertitude en soi — c'est le silence poli qui l'entoure dans les communiqués officiels.*

## Conclusion : Une force nécessaire, encore loin d'être suffisante

### Ce que l'ISF a accompli malgré tout

Malgré toutes ses limites, l'existence même de l'ISF constitue une avancée notable par rapport à l'absence totale de mécanisme de sécurité internationale qui prévalait avant l'adoption de la résolution 2803. Le déploiement initial dans le secteur de Rafah, la formation en cours de forces de police palestiniennes en Égypte et en Jordanie, et l'engagement concret de plusieurs milliers de soldats représentent des étapes réelles, vérifiables, même si elles restent largement en deçà des objectifs annoncés initialement.

**Une force imparfaite qui existe et progresse reste préférable à l'absence totale de mécanisme international sur un territoire aussi fragile.** C'est peut-être la manière la plus honnête de résumer ces huit premiers mois d'existence de l'ISF : un progrès réel, mais fragile, encore très loin de l'ambition affichée par ses architectes à Washington.

### Le test décisif des prochains mois

L'avenir de l'ISF dépendra largement de la capacité des médiateurs à résoudre l'ambiguïté fondamentale de son mandat : une force autorisée à démilitariser Gaza par tous les moyens nécessaires, mais dont la plupart des contributeurs refusent d'assumer des missions de combat direct contre le Hamas. Sans clarification de cette contradiction, l'expansion prévue vers les cinq secteurs planifiés restera probablement aussi lente que les huit premiers mois qui viennent de s'écouler.

**L'Occident, en particulier, doit décider s'il est prêt à soutenir concrètement cette force au-delà des annonces financières**, ou s'il continuera à déléguer le risque physique à des pays comme l'Indonésie, le Maroc ou le Kazakhstan, tout en récoltant le crédit diplomatique d'un plan de paix qu'il n'assume pas pleinement sur le terrain.

*Vingt mille soldats promis, cinq confirmés à ce jour comme contributeurs sérieux, un secteur sur cinq déployé, deux mille policiers en formation. Ces chiffres, mis côte à côte, ne dessinent ni un échec ni un succès. Ils dessinent une transition qui avance, lentement, au rythme d'une méfiance qui refuse de disparaître aussi vite que les communiqués officiels voudraient nous le faire croire.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Prévisions mensuelles sur le Moyen-Orient, incluant la question palestinienne — Security Council Report, juillet 2026](https://www.securitycouncilreport.org/monthly-forecast/2026-07/the-middle-east-including-the-palestinian-question-25.php)

- [Cinq pays s'engagent à fournir des troupes à la force de sécurité internationale à Gaza — Reuters, 19 février 2026](https://www.reuters.com/world/asia-pacific/five-countries-commit-troops-gaza-international-security-force-commander-says-2026-02-19/)

- [Aperçu de la Force internationale de stabilisation pour Gaza — Wikipedia](https://en.wikipedia.org/wiki/International_Stabilization_Force)

### Sources secondaires

- [Force de stabilisation et financement promis à Gaza lors de la réunion du Board of Peace — FDD's Long War Journal, 20 février 2026](https://www.longwarjournal.org/archives/2026/02/stabilization-force-and-funding-pledged-for-gaza-at-board-of-peace-meeting.php)

- [Les défis de la Force internationale de stabilisation à Gaza — Institute for National Security Studies, 2026](https://www.inss.org.il/publication/isf-challenges/)

- [Le pari indonésien à Gaza : la mission de maintien de la paix face à la réalité politique — The Diplomat, 13 février 2026](https://thediplomat.com/2026/02/indonesias-gaza-gambit-peacekeeping-mission-meets-political-reality/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/analyse-la-force-de-stabilisation-qui-doit-securiser-gaza-sans-combattre
