# ANALYSE : La feuille de route à 15 points qui doit désarmer le Hamas

> Le 21 mai 2026, le coordinateur des Nations unies Nickolay Mladenov, en sa qualité de haut représentant du Board of Peace pour Gaza, a présenté au Conseil de sécurité une feuille de route à 15 points, élaborée en…

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-07-20
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/analyse-la-feuille-de-route-a-15-points-qui-doit-desarmer-le-hamas

## Introduction : Le document qui doit sortir Gaza de l'impasse

### Une présentation à l'ONU qui change la donne

Le **21 mai 2026**, le coordinateur des Nations unies **Nickolay Mladenov**, en sa qualité de **haut représentant du Board of Peace** pour Gaza, a présenté au **Conseil de sécurité** une feuille de route à **15 points**, élaborée en coordination avec les quatre États garants du plan de paix : l'**Égypte**, le **Qatar**, la **Turquie** et les **États-Unis**. Ce document constitue la **tentative la plus détaillée** à ce jour pour résoudre l'équation la plus explosive du dossier de Gaza : comment désarmer le **Hamas** sans provoquer une reprise des combats.

Le principe de base de cette feuille de route repose sur une logique de **réciprocité séquencée** : chaque étape de désarmement du Hamas doit déclencher une étape correspondante de **retrait israélien** vers le périmètre de Gaza, sous la supervision d'un **comité de vérification indépendant**. C'est un **mécanisme d'horlogerie diplomatique**, où chaque rouage dépend de la bonne foi de l'autre — une bonne foi que huit mois de négociations tendues n'ont pas encore permis d'établir fermement.

### Pourquoi ce document compte plus que les précédents

Contrairement aux **précédentes propositions** plus générales, cette feuille de route détaille un calendrier concret, une **séquence d'étapes vérifiables**, et des **mécanismes de contrôle** censés rassurer les deux parties. Elle a été élaborée après plusieurs mois de **consultations discrètes** entre les médiateurs et les factions palestiniennes, incluant des retours du Hamas lui-même sur les versions précédentes du texte. C'est, en un sens, le document le plus consensuel jamais produit sur cette question — ce qui ne garantit en rien son application.

**Mladenov** a demandé au Conseil de sécurité un soutien « clair, cohérent et sans équivoque » à cette feuille de route, un langage qui trahit l'urgence perçue par les Nations unies devant le risque d'enlisement prolongé. **Un document bien écrit ne vaut rien sans l'engagement politique pour le faire vivre.** C'est précisément ce que ce briefing devant le Conseil visait à obtenir.

*Je lis ce genre de document diplomatique avec un mélange d'espoir professionnel et de scepticisme accumulé. Quinze points, c'est précis. C'est aussi quinze occasions de blocage, quinze endroits où une partie peut dire non sans jamais dire non explicitement. La diplomatie du Moyen-Orient a un talent particulier pour transformer la précision en nouvelle source d'ambiguïté.*

## Les cinq principes fondateurs du désarmement

### Réciprocité, séquençage, vérification

Selon les explications données par **Mladenov** devant le Conseil de sécurité en **mars 2026**, puis précisées dans la feuille de route de mai, le désarmement du Hamas repose sur cinq principes fondateurs. Premier principe : la **réciprocité**, qui lie chaque étape de **décommissionnement des armes** à un retrait israélien correspondant. **Deuxième principe** : le séquençage, qui prévoit que les armes lourdes — roquettes, explosifs, fusils d'assaut — soient décommissionnées avant les armes légères individuelles.

**Troisième principe** : la vérification de la conformité, posée comme condition préalable à toute reconstruction — une manière de dire clairement que l'aide financière internationale reste suspendue tant que les engagements ne sont pas tenus sur le terrain. Ce **lien entre argent et désarmement** est sans doute le levier le plus puissant dont disposent les médiateurs, dans un territoire où les besoins de reconstruction se chiffrent en dizaines de milliards de dollars.

### Réintégration et flexibilité du calendrier

**Quatrième principe** : des programmes de réintégration et d'amnistie pour les combattants du Hamas qui accepteraient de rendre leurs armes, une disposition destinée à réduire les incitations à poursuivre la **résistance armée clandestine**. **Cinquième principe** : la possibilité d'extensions de calendrier si les parties démontrent des efforts de bonne foi vers la mise en œuvre — une clause de souplesse qui, si elle rassure les négociateurs, laisse aussi la porte ouverte à des retards prolongés sous couvert de bonne volonté déclarée.

**Ces cinq principes forment une architecture cohérente sur le papier.** Mais leur mise en musique concrète dépend entièrement de la volonté du Hamas d'accepter un désarmement qu'il a toujours conditionné à des garanties politiques plus larges, notamment la perspective d'un État palestinien — une condition que ni Israël ni les États-Unis ne sont prêts à **valider** dans les termes actuels.

*Il y a une élégance presque académique dans ces cinq principes. Réciprocité, séquençage, vérification, réintégration, flexibilité — chaque mot a été pesé pour rassurer une partie sans effrayer l'autre. Le problème avec l'élégance diplomatique, c'est qu'elle se heurte toujours, au moment de l'exécution, à la méfiance brute qui a alimenté le conflit pendant des décennies.*

## La position du Hamas, entre concession affichée et réserves profondes

### Un « oui » qui cache plusieurs « mais »

Plusieurs **responsables du Hamas**, cités par des médiateurs sous couvert d'anonymat, auraient indiqué accepter la nouvelle proposition « en principe », tout en formulant des réserves substantielles sur certains éléments. Ces réserves porteraient notamment sur l'**absence de garanties** jugées « cruciales » qu'Israël cessera ses opérations militaires à Gaza et ne reprendra pas la guerre après un désarmement partiel — une crainte qui, compte tenu de l'histoire récente du conflit, n'est pas totalement dénuée de fondement stratégique du point de vue du Hamas.

Le mouvement a également chercher à établir une **distinction** entre les **armes lourdes** et les **armes légères individuelles**, une nuance que les médiateurs et Israël rejettent globalement, considérant que toute arme conservée par une **organisation classée terroriste** par plusieurs gouvernements occidentaux représente un risque inacceptable pour la sécurité régionale à long terme.

### Le refus de l'idée de « tutelle imposée »

Le Hamas a par ailleurs **rejeté publiquement** toute idée de **« tutelle internationale »** imposée sur Gaza, estimant que le plan global cherche à priver les Palestiniens de leur souveraineté sur leur propre avenir politique. Cette rhétorique, largement reprise dans les communications publiques du mouvement, sert à la fois d'argument de principe et de stratégie de négociation destinée à gagner du temps et à maintenir une base de soutien populaire, notamment dans un contexte où une partie significative de l'**opinion palestinienne** reste divisée sur le plan de paix lui-même.

**L'incertitude sur la sincérité de cette acceptation « en principe » constitue le principal obstacle à l'application de la feuille de route.** Ni les médiateurs ni Israël ne peuvent, à ce stade, distinguer avec certitude une concession réelle d'une manœuvre dilatoire — une ambiguïté que le Hamas a toujours su exploiter dans ses négociations avec la communauté internationale.

*Le Hamas a survécu à des années de guerre en maîtrisant l'art de dire "oui, mais" sans jamais s'engager définitivement. Ce n'est pas une théorie complotiste, c'est un constat documenté par des années de négociations avortées. Je ne prétends pas connaître leurs intentions réelles. Mais l'histoire récente invite à une prudence que les diplomates occidentaux, parfois, semblent avoir du mal à maintenir.*

## La position israélienne, la sécurité avant tout

### Netanyahu et la ligne rouge du désarmement complet

Le gouvernement de **Benjamin Netanyahu** a maintenu une position constante depuis le début des négociations : aucun retrait supplémentaire des forces de **Tsahal** ne peut être envisagé sans un désarmement complet et vérifié du Hamas. Netanyahu a **explicitement déclaré**, lors d'une cérémonie militaire, qu'il n'y aurait **« pas de reconstruction de la bande de Gaza avant sa démilitarisation »**, une phrase qui résume l'essentiel de la doctrine sécuritaire israélienne sur ce dossier.

L'**ambassadeur israélien** à l'ONU, Danny Danon, a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité d'un **« désarmement complet »** comme condition sine qua non de toute avancée ultérieure, rejetant toute **distinction entre armes lourdes et légères** que le Hamas tenterait d'introduire dans les négociations. Cette rigueur, cohérente avec des décennies de doctrine sécuritaire israélienne, laisse cependant très peu de marge de manœuvre pour un compromis progressif qui pourrait satisfaire les deux parties.

### Une méfiance nourrie par l'expérience du passé

Cette position israélienne s'explique en grande partie par l'**expérience historique** de désarmements partiels ou symboliques qui n'ont, par le passé, jamais empêché des groupes armés de se réarmer ultérieurement. Pour de nombreux stratèges israéliens, tout accord de désarmement qui ne serait pas assorti d'un **mécanisme de vérification robuste** et permanent équivaudrait, à terme, à un simple report du problème plutôt qu'à sa résolution définitive.

**C'est cette méfiance structurelle, ancrée dans l'histoire du conflit, qui explique la rigidité de la position israélienne** — une rigidité que les médiateurs doivent constamment prendre en compte dans la conception de tout mécanisme de vérification censé satisfaire les deux camps simultanément.

*Je comprends la méfiance israélienne. Elle n'est pas irrationnelle, elle est le produit d'une histoire de désarmements ratés ailleurs dans la région. Mais une méfiance légitime, poussée à l'extrême, peut aussi devenir un obstacle en soi — un refus systématique de tout compromis qui laisse le statu quo se prolonger indéfiniment, au détriment de tous.*

## Le rôle des médiateurs, un équilibre précaire entre quatre capitales

### Égypte et Qatar, des relais historiques

L'Égypte et le Qatar jouent depuis des années le rôle de **canaux de communication privilégiés** avec le Hamas, une position qui leur confère une influence unique mais qui suscite aussi la méfiance de certains responsables israéliens, qui soupçonnent ces deux pays de complaisance excessive envers le mouvement islamiste. Le **Caire**, en particulier, a des **intérêts sécuritaires directs** dans la stabilisation de Gaza, compte tenu de sa frontière commune avec le territoire palestinien.

Le Qatar, de son côté, a longtemps hébergé des **dirigeants politiques du Hamas** et continue de financer une partie de l'aide humanitaire destinée à Gaza, ce qui en fait un interlocuteur incontournable malgré les critiques occidentales récurrentes sur ses liens avec le mouvement. **Sans ces deux capitales à la table des négociations, aucun canal de communication crédible avec le Hamas n'existerait aujourd'hui.**

### La Turquie, un partenaire encombrant pour certains

La Turquie, **quatrième État garant**, occupe une position plus ambiguë : son soutien historique à des mouvements islamistes régionaux, incluant des liens documentés avec le Hamas, en fait un partenaire que plusieurs analystes israéliens considèrent avec une réserve prononcée. Cette réserve a d'ailleurs conduit Israël à s'**opposer explicitement** à toute participation directe de troupes turques dans la force de stabilisation internationale envisagée pour Gaza, un point de friction persistant entre Ankara et Jérusalem au sein même du processus de médiation.

**Ces tensions entre médiateurs eux-mêmes compliquent une équation déjà suffisamment difficile.** Les États-Unis, en position d'**arbitre ultime**, doivent constamment gérer non seulement les désaccords entre Israël et le Hamas, mais aussi les frictions latentes entre leurs propres partenaires régionaux.

*On oublie souvent que la médiation internationale n'est pas un bloc uni. Le Qatar, l'Égypte, la Turquie et les États-Unis n'ont pas toujours les mêmes intérêts, ni la même vision de ce qu'un Gaza stabilisé devrait devenir. Ce n'est pas une faiblesse en soi. Mais ça explique pourquoi chaque compromis prend des mois à négocier, même entre alliés supposés.*

## Le comité de vérification, l'arbitre invisible du processus

### Qui décide si une étape est vraiment franchie

Au **cœur du mécanisme** de réciprocité prévu par la feuille de route se trouve un comité de vérification indépendant, chargé de constater objectivement si chaque étape de désarmement a été effectivement réalisée avant de déclencher l'étape de retrait israélien correspondante. Ce comité, dont la composition exacte reste encore en discussion entre les États garants, devra jouir d'une crédibilité suffisante auprès des deux parties pour que ses constats ne soient pas immédiatement contestés — un défi considérable dans un conflit où la méfiance mutuelle est devenue la norme plutôt que l'exception.

La question de savoir qui siégera dans ce comité, quels experts techniques seront mobilisés pour vérifier concrètement le décommissionnement d'armes sur le terrain, et quels recours existeront en cas de désaccord sur l'interprétation des faits, reste largement en suspens. **Un mécanisme de vérification sans autorité incontestée n'est qu'un arbitre sans sifflet** — une image qui résume bien le risque structurel qui pèse sur cette partie du plan.

### Le précédent encourageant, mais incomplet, des inspections passées

Des **mécanismes de vérification similaires** ont déjà été utilisés dans d'autres contextes de désarmement à travers le monde, avec des résultats mitigés selon les cas. Certains ont permis un contrôle rigoureux et accepté par toutes les parties ; d'autres ont fini par être contestés dès la première étape jugée insuffisamment respectée, provoquant l'effondrement de l'ensemble du processus de confiance mutuelle qui les sous-tendait. **L'histoire des vérifications internationales de désarmement enseigne autant de succès partiels que d'échecs retentissants.**

Pour Gaza, l'enjeu est encore plus élevé, compte tenu du niveau de méfiance accumulé depuis des décennies entre Israël et les factions palestiniennes armées. **Ce comité de vérification, aussi techniquement compétent soit-il, devra composer avec une réalité politique où chaque constat sera scruté, contesté, instrumentalisé** par des acteurs qui ont un intérêt direct à faire échouer — ou à faire réussir — le processus selon leurs propres calculs stratégiques.

*On parle souvent des grands principes diplomatiques sans s'attarder sur les détails techniques qui, en réalité, décideront du succès ou de l'échec de tout ce processus. Ce comité de vérification, encore largement théorique à ce stade, sera peut-être l'acteur le plus déterminant de toute cette feuille de route — et pourtant, c'est celui dont on parle le moins dans les grands titres.*

## Le risque d'un statu quo prolongé

### Le scénario noir décrit par Mladenov lui-même

**Mladenov** lui-même a averti le Conseil de sécurité qu'en cas d'échec du processus de transition et de désarmement, Gaza pourrait rester divisée, avec le Hamas conservant un **contrôle administratif et militaire** sur près de deux millions de Palestiniens confinés dans moins de la moitié du territoire de la bande, piégés dans les décombres, la dépendance à l'aide humanitaire et le désespoir. C'est un scénario que personne, dans la salle du Conseil de sécurité, ne souhaite voir se réaliser — mais que peu de participants semblent capables d'exclure avec certitude à ce stade.

Ce scénario noir illustre l'urgence réelle qui sous-tend cette feuille de route à 15 points : il ne s'agit pas simplement d'un exercice diplomatique parmi d'autres, mais d'une tentative de dernière chance pour éviter que Gaza ne devienne un territoire durablement fragmenté, ni totalement en guerre ni véritablement en paix — une zone grise permanente qui profiterait avant tout aux acteurs les plus extrémistes des deux côtés.

### La fenêtre d'opportunité qui se referme

Plusieurs diplomates ayant participé aux discussions autour de cette feuille de route estiment que la fenêtre d'opportunité pour un accord négocié se referme progressivement, à mesure que la lassitude s'installe dans l'opinion publique internationale et que d'autres crises géopolitiques — de l'Ukraine à l'Iran — captent l'attention des grandes puissances qui soutiennent ce processus. **Une diplomatie qui s'étire dans le temps finit toujours par perdre l'attention qui la maintenait en vie.**

C'est peut-être le véritable enjeu de cette feuille de route à 15 points : non seulement résoudre l'équation technique du désarmement, mais le faire avant que la volonté politique internationale nécessaire pour la soutenir ne s'érode davantage.

*Les guerres qui traînent ont toutes ce même destin funeste : elles finissent par lasser le monde qui les regarde, sans jamais cesser de détruire ceux qui les vivent. Gaza risque de devenir un de ces dossiers qu'on cite en exemple dans les manuels de relations internationales, sans qu'on se souvienne vraiment pourquoi il a échoué à se résoudre à temps.*

## Les précédents historiques qui pèsent sur les négociations

### Les leçons non retenues du désarmement au Liban

Le **précédent le plus souvent cité** par les analystes pour évaluer les chances de succès de ce plan de désarmement à Gaza est celui, plus au nord, des tentatives répétées de désarmer le **Hezbollah** au **Liban**, qui n'ont jamais pleinement abouti malgré des décennies de résolutions de l'ONU, notamment la **résolution 1701** adoptée après la guerre de 2006. Ce précédent nourrit un scepticisme légitime chez de nombreux observateurs quant à la capacité de la communauté internationale à obtenir un désarmement complet et durable d'un groupe armé fermement enraciné dans son territoire.

Cette comparaison n'est pas parfaite — le contexte de Gaza diffère de celui du Liban sur de nombreux points politiques et géographiques — mais elle rappelle une vérité structurelle : **le désarmement négocié d'un groupe armé non étatique reste l'un des exercices les plus difficiles de la diplomatie contemporaine**, particulièrement quand ce groupe considère ses armes comme le socle ultime de sa survie politique et militaire.

### Ce que cette feuille de route tente de faire différemment

Pour éviter de répéter les **échecs du passé**, les concepteurs de cette feuille de route ont tenté d'intégrer des mécanismes de **vérification indépendante** plus robustes que ceux appliqués historiquement dans des contextes similaires, ainsi qu'un lien direct et explicite entre chaque étape de désarmement et un bénéfice concret pour la population — reconstruction, levée progressive de restrictions, retrait israélien. **L'idée est de rendre le désarmement rentable politiquement pour le Hamas, pas seulement contraignant.**

Reste à voir si cette approche, plus sophistiquée sur le papier que les précédentes tentatives régionales, suffira à surmonter une méfiance mutuelle qui, elle, n'a rien de théorique et qui continue de structurer chaque round de négociation depuis huit mois.

*L'histoire regorge de plans de désarmement bien intentionnés qui se sont fracassés sur la réalité du terrain. Je ne dis pas que celui-ci est condamné à échouer. Je dis simplement qu'il devra faire mieux que tous ceux qui l'ont précédé dans cette région, et que "mieux" est un standard historiquement très difficile à atteindre au Moyen-Orient.*

## Conclusion : Un plan techniquement solide, politiquement suspendu

### Ce que cette feuille de route a réussi à accomplir

Sur le plan technique, la feuille de route à 15 points présentée par Mladenov en **mai 2026** représente une **avancée réelle** par rapport aux propositions antérieures, plus vagues et moins structurées. Elle offre un cadre détaillé, des mécanismes de vérification concrets, et une architecture de réciprocité qui, en théorie, pourrait débloquer la situation si les deux parties acceptaient de jouer selon les règles établies. C'est un exercice diplomatique sérieux, pas un simple geste symbolique destiné à occuper l'espace médiatique.

Mais un plan techniquement solide ne devient un succès que lorsqu'il est appliqué. **Huit mois après la résolution qui a rendu ce document possible, l'application reste le maillon faible de toute cette architecture** — un maillon qui dépend entièrement de décisions politiques que ni Mladenov, ni les quatre États garants, ne peuvent imposer unilatéralement à Israël ou au Hamas.

### Le test des prochains mois

Les **prochains mois** seront déterminants pour savoir si cette feuille de route devient le document qui a permis de sortir Gaza de l'impasse, ou un texte supplémentaire ajouté à la longue liste des plans de paix bien rédigés mais jamais pleinement mis en œuvre au Moyen-Orient. La **réponse du Hamas**, encore attendue au moment de la rédaction de ce texte, sera le premier indicateur sérieux de la direction que prendra ce dossier dans les mois à venir.

**Le monde a vu trop de feuilles de route se transformer en promesses non tenues pour se permettre un optimisme naïf.** Mais il a aussi vu, occasionnellement, des documents techniques comme celui-ci devenir le point de bascule d'une paix enfin durable. L'histoire de ce conflit dira, dans les prochains trimestres, de quel côté cette feuille de route à 15 points finira par tomber.

*Quinze points, cinq principes, quatre médiateurs, un comité de vérification encore sans visage. Cette feuille de route ressemble à une machine bien conçue à qui il manque encore un moteur pour vraiment tourner. Le moteur, ici, ce n'est pas la diplomatie. C'est la volonté politique de deux camps qui, huit mois après la résolution, n'ont toujours pas prouvé qu'ils la possèdent vraiment.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Prévisions mensuelles sur le Moyen-Orient, incluant la question palestinienne — Security Council Report, juillet 2026](https://www.securitycouncilreport.org/monthly-forecast/2026-07/the-middle-east-including-the-palestinian-question-25.php)

- [Feuille de route à 15 points présentée à l'ONU par Mladenov — Ynetnews, 21 mai 2026](https://www.ynetnews.com/article/rypezbajzg)

- [Détails du plan de désarmement du Hamas présenté à l'ONU — The New York Times, 24 mars 2026](https://www.nytimes.com/2026/03/24/world/middleeast/gaza-disarm-hamas-israel-board-of-peace.html)

### Sources secondaires

- [Le Hamas examine une proposition de désarmement centrale pour l'avenir de Gaza — Military.com, 27 mars 2026](https://www.military.com/daily-news/2026/03/27/hamas-considers-proposal-disarm-gaza-thats-central-territorys-future.html)

- [Les défis de la Force internationale de stabilisation à Gaza — Institute for National Security Studies, 2026](https://www.inss.org.il/publication/isf-challenges/)

- [Aperçu de la Force internationale de stabilisation pour Gaza — Wikipedia](https://en.wikipedia.org/wiki/International_Stabilization_Force)

---

Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/analyse-la-feuille-de-route-a-15-points-qui-doit-desarmer-le-hamas
