# ANALYSE : La Cour suprême valide le metering — l'asile à la frontière sous haute contrainte

> Le 25 juin 2026, la Cour suprême des États-Unis a rendu une décision à 6 voix contre 3 annulant un jugement inférieur qui bloquait la pratique du « metering ». Concrètement, le metering permet aux autorités américaines de limiter chaque jour le nombre de demandeurs d'asile autorisés à se présenter aux points d'entrée officiels à la frontière mexicaine. En théorie, les personnes

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-06-29
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/analyse-la-cour-supreme-valide-le-metering-l-asile-a-la-frontiere-sous-haute-con

## Introduction : une décision qui remodèle le droit d'asile américain

### Le metering : limiter l'accès physique à la frontière

Le **25 juin 2026**, la **Cour suprême des États-Unis** a rendu une décision à **6 voix contre 3** annulant un jugement inférieur qui bloquait la pratique du **« metering »**. Concrètement, le metering permet aux autorités américaines de limiter chaque jour le nombre de demandeurs d'asile autorisés à se présenter aux points d'entrée officiels à la frontière mexicaine. En théorie, les personnes qui souhaitent demander l'asile doivent attendre de l'autre côté — au **Mexique** — jusqu'à ce que leur tour arrive. En pratique, ce système a régulièrement piégé des milliers de personnes dans des camps de fortune, exposées à la violence et à l'extorsion.

La décision, rapportée par le **Boston Globe** du **25 juin 2026**, laisse **« potentiellement les portes ouvertes à une réimposition de cette politique »**, selon l'analyse de plusieurs juristes. Le conseiller juridique du **DHS James Percival** a salué la décision, déclarant qu'elle **« ouvre un outil important pour continuer à sécuriser notre frontière »**. Pour les organisations de défense des droits des réfugiés, c'est un recul majeur.

### Le contexte : une Cour suprême conservatrice en action

Cette décision s'inscrit dans une série de jugements de la **Cour suprême** en **juin 2026** qui ont systématiquement validé ou facilité les politiques migratoires restrictives de l'administration **Trump**. La décision sur le **Temporary Protected Status** (TPS), la validation des politiques d'expulsion accélérée, et maintenant le metering — autant de signaux que la **Cour suprême** à majorité conservatrice (**6-3**) considère que l'exécutif dispose d'une large discrétion dans la gestion de la frontière.

Pour l'administration **Trump**, ce moment est stratégique. Après plusieurs années de blocages judiciaires répétés sur ses politiques migratoires, elle dispose maintenant d'un cadre légal pour les mettre en œuvre sans l'obstacle constant des tribunaux fédéraux inférieurs. La question n'est plus de savoir si ces politiques sont légalement viables — la **Cour suprême** vient de confirmer qu'elles le sont. La question est maintenant de savoir jusqu'où l'administration ira.

*Je regarde cette décision avec une inquiétude sincère. Le droit d'asile est l'une des protections les plus fondamentales du droit international — une protection construite sur les cendres des tragédies du XXe siècle. Le metering ne supprime pas formellement ce droit. Mais il en rend l'accès si difficile qu'il le vide en pratique d'une partie de sa substance pour les personnes les plus vulnérables.*

## Ce que dit réellement la décision de la Cour suprême

### La logique juridique de la majorité conservatrice

La majorité de la **Cour suprême** a fondé sa décision sur une interprétation large des pouvoirs exécutifs en matière de contrôle des frontières. L'argument central est que le **Congrès** a accordé à l'exécutif une discrétion considérable dans la manière de gérer les flux de demandeurs d'asile — y compris le droit de réguler le nombre de personnes qui peuvent se présenter simultanément aux points d'entrée. Cette interprétation est cohérente avec la doctrine de déférence à l'exécutif en matière d'immigration que la **Cour** a progressivement consolidée depuis **2017**.

Les trois juges dissidents — **Sotomayor**, **Kagan** et **Jackson** — ont argumenté que le metering contourne effectivement l'obligation légale américaine de permettre aux personnes se trouvant sur le sol américain de déposer une demande d'asile. Forcer les gens à attendre au **Mexique** équivaut, selon eux, à les empêcher d'exercer leur droit légal, puisque les conditions au **Mexique** rendent cette attente dangereuse et parfois mortelle.

### Les implications pour les demandeurs d'asile en attente

Au moment de la décision, plusieurs dizaines de milliers de personnes se trouvaient dans des camps informels ou des abris précaires au **Mexique**, attendant de pouvoir présenter leur demande d'asile aux points d'entrée américains. Pour eux, la décision de la **Cour suprême** signifie potentiellement des mois supplémentaires d'attente dans des conditions difficiles. Les organisations humanitaires signalent régulièrement des enlèvements, des extorsions et des violences contre ces populations vulnérables dans les villes frontalières mexicaines.

La **Cour suprême** a fait un choix : la discrétion exécutive sur la gestion des flux migratoires prime sur la commodité et la sécurité des demandeurs d'asile en attente. C'est un choix légalement défendable dans le cadre du droit américain actuel. C'est aussi un choix qui a des conséquences humaines concrètes que les juristes de la majorité n'ont pas eu à évoquer dans leur opinion.

*Je dois admettre une certaine frustration devant la sécheresse des arguments juridiques dans ce type de décision. Les opinions de la Cour supreme sont rédigées dans un langage technique qui efface les conséquences humaines des politiques qu'elles valident. Ce n'est pas un défaut de la procédure — c'est sa nature. Mais cela ne doit pas nous faire oublier les personnes réelles derrière les abstractions juridiques.*

## La politique de metering en pratique : ce que révèle l'histoire récente

### L'expérience du premier mandat de Trump

Le metering n'est pas une invention de **2026**. Il a été utilisé lors du premier mandat de **Trump**, entre **2018** et **2021**, et a été bloqué par un tribunal fédéral en **2021** sous l'administration **Biden**. Pendant la période de son application, les organisations humanitaires ont documenté une augmentation significative des incidents violents dans les camps d'attente au **Mexique**, une explosion des traversées illégales par des points non officiels — les demandeurs d'asile préférant le risque de traverser sans autorisation à l'attente indéfinie dans des conditions dangereuses — et des témoignages de traumas psychologiques graves.

Ces données historiques sont importantes pour évaluer les effets réels du metering. Si l'objectif affiché est de **« sécuriser la frontière »** en réduisant les arrivées désordonnées, les résultats empiriques du premier mandat suggèrent que l'effet inverse se produit souvent : en bloquant l'accès légal à l'asile, on encourage les traversées illégales et on enrichit les réseaux de passeurs qui exploitent la vulnérabilité des migrants.

### Les données migratoires actuelles et leurs interprétations

L'administration **Trump** soutient que les politiques restrictives — incluant le metering, la suspension du TPS, les mesures d'expulsion accélérée — ont contribué à réduire les arrivées irrégulières à la frontière en **2025-2026**. Les chiffres de **CBP** (Customs and Border Protection) montrent effectivement une baisse des rencontres à la frontière par rapport aux pics de **2023-2024**. L'administration présente cette baisse comme une validation de sa politique.

Des chercheurs en migration soulignent cependant que d'autres facteurs expliquent cette tendance : ralentissement économique dans les pays d'origine, renforcé par les politiques d'expulsion accélérée et une rhétorique dissuasive. La causalité directe entre une mesure spécifique comme le metering et la réduction des arrivées est difficile à établir avec certitude. Ce que l'on peut établir avec certitude, c'est que la réduction des arrivées légales via le metering se fait au prix de souffrances humaines documentées.

*Le débat sur l'immigration en Amérique est vicié par des chiffres utilisés sélectivement par tous les camps. Ce que je cherche à faire ici, c'est distinguer ce que les données montrent réellement de ce que les acteurs politiques prétendent qu'elles montrent. La réalité est toujours plus complexe et plus nuancée que les discours politiques — et les êtres humains concernés méritent mieux que des statistiques instrumentalisées.*

## L'impact sur le droit international des réfugiés

### Les obligations de la Convention de 1951

Les **États-Unis** sont signataires de la **Convention de Genève de 1951** sur les réfugiés et de son protocole de **1967**, qui établissent le droit fondamental de demander l'asile. Ces instruments internationaux reconnaissent le droit de toute personne à ne pas être refoulée vers un territoire où elle risquerait la persécution — le principe de non-refoulement. La question légale centrale est de savoir si le metering — qui force les gens à attendre dans un pays tiers potentiellement dangereux — constitue une forme de refoulement indirect.

Des organismes internationaux, dont le **HCR**, ont exprimé des préoccupations en ce sens. La **Cour suprême américaine**, dans sa décision de **juin 2026**, n'a pas directement abordé cette question du droit international — se concentrant sur l'interprétation du droit domestique américain. Cette omission n'est pas neutre : elle signale que la **Cour** ne considère pas les obligations internationales des **États-Unis** comme contraignantes dans ce contexte.

### La dérogation américaine au droit international

Ce n'est pas la première fois que les **États-Unis** appliquent des politiques migratoires en tension avec leurs obligations internationales. La politique **Remain in Mexico** du premier mandat **Trump**, les expulsions en vertu du **Titre 42** sous prétexte sanitaire pendant la pandémie, et maintenant le metering validé par la **Cour suprême** forment une tendance continue. Les organisations de droit international alertent sur le risque que cette tendance américaine — venant de la démocratie la plus influente du monde — normalise ces pratiques pour d'autres pays.

Si les **États-Unis** peuvent valider légalement le metering, qu'est-ce qui empêche d'autres démocraties d'adopter des mesures similaires pour gérer leurs propres flux migratoires ? La **Pologne**, la **Grèce**, la **Hongrie** ont déjà adopté des pratiques de refoulement à leurs frontières que leurs voisins européens condamnent. La décision de la **Cour suprême** américaine n'arrange pas cet environnement.

*Le droit international des réfugiés est fragile. Il repose sur la bonne volonté des États à respecter des obligations qu'ils ont librement contractées. Quand la plus grande démocratie du monde commence à remettre en question ces obligations — même indirectement, via des mécanismes juridiquement habiles — elle envoie un signal que le reste du monde n'est pas prêt d'oublier.*

## La politique de metering et ses conséquences au Mexique

### Le Mexique dans une position impossible

La validation du metering impose au **Mexique** une charge supplémentaire qu'il n'a pas demandée. Accueillir des dizaines de milliers de personnes qui attendent leur tour pour accéder aux points d'entrée américains crée des tensions sociales et économiques dans les villes frontalières mexicaines — **Tijuana**, **Ciudad Juárez**, **Matamoros** — qui manquent souvent de ressources pour faire face à ces flux. Le gouvernement mexicain a exprimé à plusieurs reprises son mécontentement face à cette externalisation de la politique migratoire américaine.

La relation bilatérale **États-Unis-Mexique** est suffisamment complexe sans cette pression supplémentaire. Les deux pays sont liés par des échanges commerciaux massifs — le **Mexique** est le premier partenaire commercial des **États-Unis** — et par des questions sécuritaires communes, notamment la lutte contre les cartels. Utiliser le territoire mexicain comme zone tampon migratoire fragilise cette relation et peut nuire à la coopération dans d'autres domaines.

### Les cartels comme bénéficiaires involontaires

Les organisations humanitaires et plusieurs agences gouvernementales américaines ont documenté que les politiques qui bloquent l'accès légal à l'asile enrichissent les **organisations criminelles** qui exploitent la demande de passage illégal. Lorsque les demandeurs d'asile sont obligés d'attendre des mois dans des villes frontalières dangereuses, une proportion d'entre eux finit par se tourner vers les **réseaux de passeurs** contrôlés par les cartels pour traverser illégalement. Le metering, en bloquant l'accès légal, génère mécaniquement une demande supplémentaire pour ces services criminels.

C'est une ironie que l'administration **Trump** — qui affirme vouloir lutter contre les cartels — semble ignorer ou minimiser. Une politique migratoire qui enrichit involontairement les organisations criminelles qu'elle prétend combattre est une politique qui mérite d'être évaluée plus honnêtement que ne le fait son discours officiel.

*Je note cette ironie non pour défendre les pratiques des cartels — qui sont criminelles et destructrices — mais pour pointer une incohérence dans la logique de sécurisation de la frontière. Si l'objectif est vraiment de réduire le pouvoir des cartels et les traversées dangereuses, bloquer l'accès légal à l'asile est contre-productif selon toutes les données disponibles.*

## Les alternatives au metering : ce que proposent les experts

### Des systèmes de gestion sans blocage physique

Des experts en gestion des migrations proposent des alternatives au metering qui permettraient de gérer les flux sans imposer une attente physique au **Mexique**. Des systèmes de **rendez-vous préplanifiés** via des plateformes numériques — similaires à l'application **CBP One** qui a été partiellement supprimée par l'administration **Trump** — permettraient aux demandeurs d'asile de s'inscrire pour un créneau spécifique sans être bloqués dans des camps informels. Ces systèmes réduisent les arrivées massives et désordonnées tout en maintenant l'accès au droit d'asile.

D'autres proposent un renforcement du traitement des demandes à l'intérieur du pays — en augmentant le nombre de juges de l'immigration, en réduisant les délais de traitement qui atteignent parfois plusieurs années, et en clarifiant les critères d'éligibilité. Ces réformes structurelles sont plus coûteuses politiquement que le metering — elles nécessitent des investissements réels et ne produisent pas d'images politiques aussi percutantes qu'une clôture ou un portail fermé — mais elles seraient plus efficaces et plus conformes aux obligations légales des **États-Unis**.

### La question du financement et de la volonté politique

Ces alternatives existent, sont documentées, et ont montré des résultats dans d'autres contextes nationaux. Ce qui leur manque, c'est la volonté politique de les mettre en œuvre dans un environnement où la politique migratoire est devenue un levier de mobilisation électorale plutôt qu'un domaine de politique publique sérieuse. L'administration **Trump** n'a aucun intérêt à proposer des solutions qui rendraient la gestion migratoire moins visible et moins dramatique — le **drama** frontalier est une ressource politique précieuse.

*Il y a quelque chose de profondément cynique dans l'utilisation politique de la crise migratoire. Des solutions existent. Elles ne sont pas faciles, mais elles sont documentées et faisables. Le fait qu'elles ne soient pas adoptées suggère que le problème n'est pas perçu comme devant être résolu — il est perçu comme devant être entretenu pour ses bénéfices électoraux.*

## Les politiques TPS et leur relation avec le metering

### Une stratégie cohérente de restriction de l'immigration légale

La décision sur le metering ne peut pas être analysée en isolation — elle fait partie d'un ensemble cohérent de politiques restrictives. La décision de la **Cour suprême** sur le **Temporary Protected Status** (TPS), rapportée par **NPR** et **Le Monde**, permet à l'administration de mettre fin aux protections de centaines de milliers de personnes qui vivent légalement aux **États-Unis** depuis parfois plusieurs décennies. Le metering restreint l'accès à l'entrée. Le TPS supprime les protections pour ceux déjà à l'intérieur. Les procédures de dénaturalisation ciblent ceux qui ont été naturalisés. Ensemble, ces mesures forment une stratégie de compression de l'immigration légale et semi-légale à tous les stades du parcours migratoire.

Cette cohérence n'est pas accidentelle. Elle reflète une vision de l'immigration fondamentalement différente de celle qui a prévalu aux **États-Unis** depuis l'adoption de la loi sur l'immigration et la nationalité de **1965**. Dans cette nouvelle vision, l'immigration n'est pas un atout national à gérer mais une menace à contenir. Ce changement de paradigme, consolidé par les décisions de la **Cour suprême** de **juin 2026**, aura des effets durables bien au-delà du mandat actuel.

### Le rôle des États dans la résistance à ces politiques

Des États comme la **Californie**, le **Massachusetts** et l'**État de New York** maintiennent des cadres légaux locaux qui protègent dans une certaine mesure les immigrants contre les effets les plus sévères des politiques fédérales. Ils financent des services d'aide juridique aux demandeurs d'asile, maintiennent des politiques de non-coopération avec certaines opérations d'expulsion fédérales, et offrent des protections locales qui ne peuvent pas être facilement supprimées par l'exécutif fédéral.

Cette résistance étatique ne remplace pas les protections fédérales — mais elle atténue certains effets et maintient une alternative de modèle politique visible. Dans un pays aussi décentralisé que les **États-Unis**, le laboratoire des États reste l'un des garde-fous institutionnels les plus importants contre les excès de l'exécutif fédéral.

*Je termine cette analyse avec une conviction que les événements de juin 2026 renforcent : la question migratoire est le test le plus révélateur de la santé démocratique d'une société. La manière dont un pays traite les personnes les plus vulnérables — celles qui n'ont pas de voix, pas de vote, pas de lobby — révèle ce qu'il est vraiment dans ses fondements. Les décisions de la Cour suprême américaine en juin 2026 répondent à cette question de manière troublante.*

## Synthèse : les enjeux à long terme de cette décision

### L'impact institutionnel durable

Au-delà des effets immédiats documentés, la **portée à long terme** de cette décision mérite une attention particulière. Les précédents juridiques établis en **juin 2026** structureront les débats politiques et les batailles judiciaires pour les années à venir. Chaque administration future — de quelque bord qu'elle soit — disposera désormais de ce cadre légal validé par la plus haute juridiction américaine. Le retour en arrière sera difficile, non seulement politiquement, mais aussi juridiquement.

Les institutions civiques, les organisations de défense des droits et les forces politiques progressistes devront intégrer cette nouvelle réalité dans leur stratégie. Contester ces politiques devant les tribunaux sera de plus en plus difficile. Le champ de bataille se déplace vers le **Congrès**, vers les **États**, et vers l'opinion publique — des arènes où la persuasion et la mobilisation citoyenne conservent leur importance.

### L'érosion des normes comme processus cumulatif

Ce qui rend cet épisode particulièrement significatif, c'est qu'il s'inscrit dans une série de décisions qui, prises ensemble, dessinent une transformation profonde des normes américaines. Aucune décision isolée ne représente une rupture radicale et visible. Mais l'accumulation de ces décisions — sur le **TPS**, le **metering**, la dénaturalisation, les politiques d'expulsion accélérée — constitue une transformation structurelle que les observateurs de long terme ne peuvent pas ignorer.

L'érosion des normes est toujours un processus cumulatif. Elle se produit progressivement, incrementalement, dans un environnement médiatique saturé qui rend difficile de maintenir l'attention sur les tendances de fond. C'est précisément le type d'analyse que ce chroniqueur s'efforce de fournir — en résistant à la pression du quotidien pour maintenir la perspective du long terme.

*Je formule cette synthèse avec conscience que mon propre biais peut me conduire à surestimer la cohérence d'un processus qui est peut-être moins planifié que je ne le suppose. Mais même les tendances non planifiées ont des effets réels. Et les effets que je décris — la réduction progressive des protections migratoires — sont documentés et mesurables, quelle que soit leur origine intentionnelle ou accidentelle.*

## Conclusion : vers une frontière sans droit d'asile effectif

### La somme des décisions comme tendance structurelle

Prise isolément, la décision sur le metering est significative. Prise avec l'ensemble des décisions de la **Cour suprême** de **juin 2026** sur l'immigration — TPS, metering, validation des politiques anti-immigration — elle révèle une tendance structurelle : le droit d'asile américain se réduit progressivement à une coquille légale dont le contenu pratique est de plus en plus limité. Les obligations formelles subsistent sur le papier. Leur mise en œuvre effective est de plus en plus conditionnelle, restreinte, différée.

Pour les millions de personnes qui chercheront refuge aux **États-Unis** dans les années à venir — fuyant des persécutions politiques, des violences de gangs, des catastrophes climatiques — cette évolution a des conséquences concrètes et dramatiques. Elle signifie moins de portes ouvertes, plus d'obstacles, davantage de souffrances dans les zones d'attente, et une plus grande vulnérabilité aux abus des réseaux criminels.

### Le signal envoyé au monde

Les **États-Unis** ont longtemps présenté au monde l'image d'une nation de réfugiés et d'immigrants — une nation dont la force venait précisément de sa capacité à accueillir et intégrer ceux qui fuyaient l'oppression. Cette image, déjà abîmée, se fragilise davantage à chaque décision judiciaire qui restreint l'accès à l'asile. Ce n'est pas seulement une question humanitaire — c'est une question de pouvoir d'attraction et d'influence mondiale.

*Je ne sais pas ce que l'histoire retiendra de ces décisions judiciaires de juin 2026. Peut-être qu'elles seront perçues comme une réponse proportionnée à une pression migratoire réelle. Peut-être qu'elles seront perçues comme le début d'un rétrécissement irréversible des protections les plus fondamentales que les démocraties se sont promises après la Seconde Guerre mondiale. Ce que je sais, c'est que cette question mérite mieux que les slogans politiques qui en dominent le débat.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Boston Globe — Cour suprême et politiques migratoires Trump — 25 juin 2026](https://www.bostonglobe.com/2026/06/25/nation/supreme-court-immigration-trump-administration/)

- [Le Monde — La Cour suprême ouvre la voie aux politiques migratoires Trump — 26 juin 2026](https://www.lemonde.fr/en/international/article/2026/06/26/us-supreme-court-clears-way-for-trump-administration-s-anti-immigration-policies_6754895_4.html)

- [Politico — Cour suprême et Temporary Protected Status — 25 juin 2026](https://www.politico.com/news/2026/06/25/supreme-court-temporary-protected-status-ruling-00975658)

### Sources secondaires

- [NPR — TPS, Cour suprême et populations protégées — 27 juin 2026](https://www.npr.org/2026/06/27/nx-s1-5871338/tps-population-scotus-immigration-trump)

- [Axios Boston — Cour suprême, Massachusetts et Haïti TPS — 25 juin 2026](https://www.axios.com/local/boston/2026/06/25/supreme-court-massachusetts-tps-haiti)

- [McBean Law — Actualité immigration semaine du 12 juin 2026](https://mcbeanlaw.com/news/weekly-immigration-news-june-12-2026/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/analyse-la-cour-supreme-valide-le-metering-l-asile-a-la-frontiere-sous-haute-con
