# ANALYSE : France et Italie freinent l'Europe : la nouvelle fissure qui réjouit Poutine

> L'Union européenne voulait interdire l'entrée sur son territoire aux anciens soldats russes ayant combattu en Ukraine. Une mesure de prudence élémentaire, diront certains — voire de devoir moral envers les nations qui subissent les bombes de ces mêmes soldats. Sauf que deux membres fondateurs de l'Union ont mis les freins : la France et l'Italie. Selon des informations publiées

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-06-28
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/analyse-france-et-italie-freinent-l-europe-la-nouvelle-fissure-qui-rejouit-pouti

## Introduction : Quand Paris et Rome bloquent ce que l'Ukraine demande

### Un veto silencieux sur une mesure de bon sens

L'**Union européenne** voulait interdire l'entrée sur son territoire aux anciens soldats russes ayant combattu en Ukraine. Une mesure de prudence élémentaire, diront certains — voire de devoir moral envers les nations qui subissent les bombes de ces mêmes soldats. Sauf que deux **membres fondateurs** de l'Union ont mis les freins : la **France** et l'**Italie**. Selon des informations publiées les **25 et 26 juin 2026** par **Bloomberg**, **Euronews** et **Brussels Signal**, Paris et Rome ont résisté à la proposition d'interdire aux ex-combattants russes l'entrée dans l'**espace Schengen**, invoquant des **préoccupations juridiques et diplomatiques**.

Le timing ne pouvait pas être pire. Cette **résistance franco-italienne** émerge alors que l'**OTAN** s'apprête à tenir son sommet de l'Hague, que les pays du **flanc oriental** de l'Alliance — Pologne, États baltes, Finlande — intensifient leurs demandes de garanties de sécurité, et que **Vladimir Poutine** observe avec satisfaction les fractures qui se creusent dans la coalition qui lui résiste. Chaque hésitation occidentale est un cadeau que Moscou encaisse.

### La 21e vague de sanctions : ce qui passe et ce qui coince

Le **21e paquet de sanctions européennes**, dont les grandes lignes ont été rapportées par plusieurs sources en juin 2026, comprend un ensemble de mesures substantielles : ciblage de l'énergie, de la finance, des cryptomonnaies, de la pêche, de la **flotte fantôme** russe, et un plafonnement du prix du pétrole abaissé à **44,10 dollars le baril**. Ce paquet représente un effort collectif réel — mais la résistance franco-italienne sur la question des ex-soldats révèle les limites de la solidarité européenne quand elle touche aux souverainetés nationales et aux calculs politiques internes.

L'interdiction d'entrée aux ex-combattants russes était pourtant une des mesures les plus emblématiques de ce paquet — celle qui envoyait le **signal le plus direct** à Moscou que l'Europe traite la participation à l'agression comme un acte entraînant des conséquences concrètes. La neutraliser, même partiellement, affaiblit la **portée symbolique et pratique** de l'ensemble du paquet.

*Je comprends les arguments juridiques. Je comprends les complexités diplomatiques. Ce que je ne comprends pas, c'est comment on peut être l'allié d'un pays qui se fait bombarder chaque nuit et refuser de fermer sa porte à ceux qui ont lâché les bombes. Il y a une hiérarchie morale dans tout ça que Paris et Rome semblent avoir perdue de vue.*

## Les arguments de Paris et Rome : entre droit et calcul politique

### Les objections juridiques : proportionnalité et droits fondamentaux

Selon les sources diplomatiques citées par **Bloomberg** et **Euronews**, la **France** et l'**Italie** ont soulevé des objections fondées sur le droit européen. L'argument principal porte sur la **proportionnalité** : une interdiction générique visant tous les ex-combattants, sans distinction de grade, de rôle ou de niveau de responsabilité, risquerait d'être contestée devant la **Cour de justice de l'Union européenne**. La CJUE a, dans le passé, annulé des mesures de sanctions jugées trop larges dans leur champ d'application personnel.

Il y aurait également des préoccupations quant au **traitement des déserteurs et objecteurs de conscience** russes — des individus qui ont refusé de participer à la guerre ou qui l'ont fui. Une interdiction générale couvrant tous les ex-soldats inclurait potentiellement ces personnes, ce qui créerait une situation absurde où ceux qui ont résisté au régime Poutine seraient punis au même titre que ceux qui ont exécuté ses ordres.

### Les calculs politiques intérieurs : Meloni, Macron et leurs contraintes

Derrière les arguments juridiques se cachent des réalités politiques intérieures. En **Italie**, la cheffe du gouvernement **Giorgia Meloni** navigue entre son soutien affiché à l'Ukraine — qu'elle maintient contre des fractions eurosceptiques de sa propre coalition — et une **base électorale** partiellement influencée par des courants pro-russes. Des formations politiques comme la **Lega** d'Umberto Bossi ont historiquement entretenu des liens avec Moscou, et trop de visibilité sur des mesures anti-russes perturberait une **coalition gouvernementale** déjà fragile.

En **France**, **Emmanuel Macron** jongle avec sa doctrine de "**ne pas humilier la Russie**" — une formule qui lui a valu de nombreuses critiques à l'Est mais qu'il défend comme nécessaire pour préserver des **canaux diplomatiques**. Sa résistance à cette mesure s'inscrit dans une vision plus large : maintenir la possibilité d'un dialogue futur avec Moscou, même au prix d'une cohérence apparente avec ses alliés les plus engagés dans le soutien à l'Ukraine.

*Macron et ses canaux diplomatiques. Depuis le début, il a téléphoné à Poutine plus souvent qu'à Zelensky, il semble. Et chaque fois, le résultat a été le même : des bombes supplémentaires sur des villes ukrainiennes. À quel moment reconnaît-on que la diplomatie avec un régime comme celui-là n'est pas de la sagesse — c'est de la naïveté?*

## La réaction des pays du flanc oriental : la colère rentrée

### Pologne, Pays baltes, Finlande : les plus exposés, les plus furieux

Les pays qui partagent une frontière avec la Russie ou la Biélorussie ont réagi avec une frustration à peine voilée. La **Pologne**, les **États baltes** (Estonie, Lettonie, Lituanie) et la **Finlande** soutiennent unanimement l'interdiction d'entrée aux ex-soldats russes — et ils la soutiennent sans réserve juridique. Pour ces pays, la question n'est pas abstraite : des ex-combattants russes ont déjà été identifiés sur leur territoire, et la menace d'infiltration, de sabotage ou d'opérations d'influence est prise au sérieux par leurs services de sécurité.

La **Pologne** a notamment déclaré publiquement qu'elle considérait cette mesure comme **indispensable à la sécurité collective de l'Union**. Warsaw fait valoir que l'Europe ne peut pas traiter des individus qui ont participé à des bombardements de civils comme des voyageurs ordinaires. C'est une position éthiquement solide — et stratégiquement cohérente avec la doctrine de sécurité de l'UE qui devrait, en théorie, exclure de son espace des acteurs représentant une menace documentée.

### Le sommet de l'Hague comme test de cohésion

Cette fracture franco-italienne intervient à un moment particulièrement sensible pour la cohésion de l'Alliance. Selon **The Guardian** du 27 juin 2026, les dirigeants de l'**OTAN** sur son flanc oriental nourrissent des inquiétudes profondes quant à la fiabilité américaine — notamment depuis les signaux contradictoires envoyés par l'administration Trump sur son engagement envers l'Article 5. Dans ce contexte, des fissures européennes sur des questions aussi symboliques que l'interdiction d'entrée aux ex-soldats russes alimentent un sentiment d'isolement stratégique chez les nations les plus exposées.

Le sommet de l'Hague sera le premier test majeur pour mesurer si l'OTAN peut maintenir une ligne commune malgré ces tensions internes. Les discours d'unité seront là — mais derrière les communiqués, les fractures entre l'Europe de l'Ouest et l'Europe de l'Est sur la juste réponse à la Russie n'ont jamais été aussi profondes depuis 2022.

*Il y a quelque chose de profondément injuste dans le fait que les pays qui risquent le plus — Pologne, États baltes, Finlande — soient constamment contraints par ceux qui risquent le moins. L'Est de l'Europe a compris la menace russe depuis des décennies. L'Ouest continue d'apprendre à ses dépens, lentement.*

## Le 21e paquet de sanctions : le contexte économique de la fracture

### Un paquet ambitieux mais incomplet

Le **21e paquet de sanctions européennes** adopté en juin 2026 comprend des mesures significatives sur plusieurs fronts. L'extension des sanctions à la **flotte fantôme** — ces pétroliers qui transportent le pétrole russe sous des pavillons de complaisance pour contourner les plafonds de prix — représente une avancée importante. Le **plafonnement** à **44,10 dollars le baril** vise à assécher davantage les revenus pétroliers de Moscou, qui sont déjà sous pression avec un **pétrole Oural** à **44,3 dollars**.

Des mesures ciblant les **cryptomonnaies** et certains circuits financiers alternatifs qu'utilisait la Russie pour contourner les sanctions SWIFT complètent ce paquet. Ces restrictions visent les plateformes d'échange et les intermédiaires financiers qui facilitaient la conversion de roubles en actifs numériques non traçables. Sur le papier, c'est un arsenal impressionnant — mais son efficacité dépendra de l'application par les États membres, historiquement variable.

### La flotte fantôme : une victoire partielle

Le ciblage de la **flotte fantôme** russe — estimée à plusieurs centaines de pétroliers opérant hors des radars des régulateurs occidentaux — est potentiellement l'une des mesures les plus impactantes du 21e paquet. Cette flotte transporte une part substantielle des exportations pétrolières russes vers l'Asie, notamment vers la Chine et l'Inde, à des prix inférieurs aux prix de marché mais supérieurs au plafond occidental.

En visant les assureurs, les courtiers maritimes et les ports qui facilitent ces transactions, l'Union européenne espère réduire la capacité opérationnelle de cette flotte. Mais des **acteurs** comme la **Chine**, qui a développé ses propres capacités d'assurance maritime pour contourner les sanctions, rendent difficile une neutralisation complète de ce canal. Les sanctions fonctionnent mieux quand elles sont universelles — ce qu'elles ne sont jamais vraiment.

*La flotte fantôme, c'est le symbole parfait de ce que les sanctions peuvent et ne peuvent pas faire. Elles obligent la Russie à s'adapter, à payer plus cher pour ses propres exportations — mais elles ne stoppent pas les flux tant que la Chine et l'Inde restent des clients. La vraie pression sur Moscou passerait par Pékin. Et ça, on ne veut pas y toucher.*

## Ce que Poutine lit dans la fracture franco-italienne

### La patience stratégique du Kremlin récompensée

Depuis le début du conflit, la stratégie du **Kremlin** en Europe a toujours comporté deux axes parallèles : la guerre sur le terrain et la guerre de l'unité européenne. Alimenter les divisions entre partenaires de l'UE — en finançant des **partis d'extrême droite** ou d'extrême gauche, en manipulant les prix de l'énergie, en exploitant les **débats migratoires** — est une **tactique russe documentée** et ancienne.

La résistance franco-italienne à l'interdiction d'entrée des ex-soldats leur offre un **dividende diplomatique** gratuit : la démonstration que même sur une mesure aussi fondamentalement symbolique, l'Europe ne parvient pas à parler d'une seule voix. Pour les capitales qui hésitent à accentuer la pression sur Moscou, ce signal est encourageant. Pour ceux qui voudraient rejoindre l'axe sino-russe contre l'Occident, c'est une preuve supplémentaire que la cohésion occidentale est une façade.

### Le signal envoyé à Zelensky

Pour **Volodymyr Zelensky** et l'Ukraine, cette fracture envoie un message douloureux : même après plus de quatre ans de guerre totale, deux des plus grands États membres de l'Union européenne ne sont pas prêts à prendre des mesures symboliques élémentaires en signe de solidarité. L'**Ukraine** a demandé cette interdiction depuis longtemps — non comme substitut à l'aide militaire, mais comme signal que l'Europe traite la participation à l'agression comme un acte imprescriptible.

Ne pas obtenir ce signal — au moment même où l'Ukraine multiplie les frappes profondes et maintient une pression militaire considérable sur ses propres ressources — alimente un sentiment d'abandon partiel que Kyiv a du mal à ne pas exprimer. Ce n'est pas de la diplomatie — c'est de la **comptabilité de la solidarité**. Et le compte n'est pas équilibré.

*Zelensky est seul dans cette guerre d'une façon que personne en Occident ne veut vraiment admettre. Ses alliés l'aident — oui — mais toujours avec des conditions, des délais, des exceptions. Pendant ce temps, son peuple meurt. Je ne dis pas ça pour culpabiliser. Je dis ça pour qu'on mesure exactement ce que notre ambivalence coûte.*

## Les fractures européennes sur la Russie : une histoire longue

### De Minsk à aujourd'hui : le double discours occidental

La résistance franco-italienne de juin 2026 n'est pas une anomalie — elle s'inscrit dans une longue histoire de divisions européennes face à la Russie. Les accords de **Minsk**, négociés en 2014 et 2015 principalement par la France et l'Allemagne, avaient déjà illustré la tendance de l'Europe occidentale à préférer la négociation à la pression. Ces accords ont donné à Moscou le temps de consolider ses positions en Donbas tout en maintenant une apparence de processus diplomatique.

Depuis le début de la guerre totale en 2022, la fracture a évolué mais pas disparu. Les pays d'Europe de l'Est ont radicalisé leur soutien à l'Ukraine et leurs demandes de sanctions maximales. L'Europe de l'Ouest — particulièrement la France, l'Allemagne, l'Italie et, dans une moindre mesure, la Hongrie — a maintenu une approche plus nuancée, oscillant entre solidarité affichée et réserves pratiques.

### La Hongrie : le cas extrême qui révèle la tendance

Le cas hongrois de **Viktor Orbán** est l'expression la plus caricaturale de cette tendance. Budapest bloque régulièrement des décisions européennes sur les sanctions ou l'aide à l'Ukraine, exige des dérogations, et entretient des relations ouvertement cordiales avec Moscou. La France et l'Italie n'en sont pas là — mais leur résistance sur la question des ex-soldats montre que la ligne qui sépare "allié ferme" d'"allié conditionnel" est plus mince qu'on ne le voudrait.

L'Union européenne souffre structurellement de l'exigence d'**unanimité** sur les questions de politique étrangère et de sécurité. Cette règle, conçue pour protéger les souverainetés nationales, est devenue une arme entre les mains de ceux qui veulent freiner les réponses collectives. Une réforme institutionnelle permettant des décisions à **majorité qualifiée** en matière de sanctions ferait avancer l'Europe — mais elle se heurte précisément aux réticences de pays comme la France et l'Italie qui tiennent à leur **droit de veto**.

*Orbán est détesté dans les capitales européennes — et pourtant, dans les faits, sa stratégie de blocage est imitée, en plus doux, par des alliés supposément beaucoup plus fiables. La différence entre lui et certains autres dirigeants européens, c'est juste la forme. Au fond, c'est la même hésitation face à Moscou.*

## La Chine dans l'équation : l'**absence remarquée**

### Quand les sanctions européennes évitent soigneusement le grand sujet

Une observation s'impose à la lecture du 21e paquet de sanctions : il ne cible pas la **Chine**. Et pourtant, Pékin reste le principal partenaire économique de Moscou, le **principal acheteur de pétrole russe** sous plafond, et le fournisseur de **composants électroniques** qui alimentent la machine de guerre russe via des circuits indirects. Les sanctions européennes contournent délibérément ce sujet parce que les conséquences économiques d'un affrontement avec la Chine seraient bien trop lourdes pour les économies européennes.

Cette réalité dit tout sur les limites des sanctions comme instrument de pression. Elles fonctionnent à la marge — réduisant les revenus russes, forçant des adaptations coûteuses — mais elles ne peuvent pas produire un effet maximal tant que le deuxième acteur économique mondial continue de commercer librement avec la Russie. L'**Occident** est coincé entre ses valeurs et ses intérêts économiques. Et pour l'instant, les intérêts l'emportent souvent.

### Le paradoxe de la pression maximale sans consensus global

Les sanctions maximales sans participation de la Chine, de l'Inde et de plusieurs économies émergentes qui continuent d'acheter du pétrole russe ne peuvent pas atteindre leur plein potentiel. L'Occident le sait. Moscou le sait. Et Pékin en fait une politique délibérée — maintenir ses relations commerciales avec la Russie tout en préservant l'accès aux marchés occidentaux. C'est du **double jeu économique** assumé que l'Europe peine à contrer sans toucher aux fondements de son commerce mondial.

La vraie réponse à cette impasse passerait par une diplomatie économique agressive qui pose des **choix clairs** à Pékin : soit les marchés occidentaux, soit le soutien économique à un régime sous sanctions. C'est une conversation que ni Washington ni Bruxelles n'ont encore eu le courage de mener jusqu'à son terme logique.

*On sanctionne la Russie et on commerce avec la Chine qui sanctionne nos sanctions. Il faut une certaine créativité pour appeler ça une politique cohérente. Ce n'est pas un reproche — les contraintes sont réelles. Mais au moins, soyons honnêtes sur les limites de ce qu'on fait.*

## Vers une Europe à deux vitesses sur la sécurité ?

### L'émergence d'un noyau dur pro-Ukraine

Face aux blocages répétés de certains membres, l'idée d'un **noyau dur européen pro-Ukraine** gagne en traction. La **Pologne**, les **États baltes**, la **Finlande**, la **Suède**, les **Pays-Bas** et la **République tchèque** forment un groupe cohérent qui plaide pour des sanctions maximales, une aide militaire sans restrictions, et une intégration rapide de l'Ukraine dans les structures européennes et atlantiques. Ces pays seraient prêts à aller plus loin que le consensus actuel si les règles institutionnelles le permettaient.

L'émergence de ce noyau dur crée une pression indirecte sur Paris et Rome — mais elle risque aussi d'institutionnaliser les divisions au lieu de les résoudre. Une Europe à deux vitesses sur la sécurité, où certains membres auraient des engagements plus forts envers l'Ukraine que d'autres, fragiliserait la **cohésion de l'OTAN** et offrirait à la Russie exactement le type de divisions qu'elle cherche à exploiter.

### Le risque d'une Europe de moins en moins pertinente

Si l'Europe continue de freiner sur des mesures aussi fondamentales que l'interdiction d'entrée aux ex-combattants russes, elle risque de perdre sa pertinence comme acteur de sécurité aux yeux de ses membres les plus exposés. Des pays comme la **Pologne** et les **États baltes** renforcent déjà leurs liens bilatéraux de sécurité avec les États-Unis et le Royaume-Uni, précisément parce qu'ils ne font pas entièrement confiance à la capacité de l'UE à les protéger. Cette tendance, si elle s'accentue, affaiblit durablement le projet européen de défense commune.

L'**Union européenne** a accompli des choses remarquables depuis 2022 : mobilisation de l'aide financière à l'Ukraine, coordination des sanctions, expansion de l'OTAN. Mais chaque fois qu'elle hésite sur des mesures symboliques par peur des dissensions internes, elle rappelle à ses membres les plus exposés qu'elle est un cadre de coopération, pas une alliance de défense. Et dans la Russie de Poutine, cette nuance peut coûter très cher.

*Je crois en l'Europe. Je crois dans ce projet. Mais une Europe qui ne peut pas interdire à des soldats ayant participé à l'agression d'un pays membre candidat d'entrer sur son territoire, c'est une Europe qui doit se regarder dans le miroir et se demander ce qu'elle défend vraiment.*

## Conclusion : Les fissures que Moscou attend

### L'unité européenne comme enjeu existentiel

La résistance franco-italienne à l'interdiction d'entrée des ex-soldats russes n'est pas une crise majeure — en elle-même. Mais elle est symptomatique d'une tendance profonde : la difficulté de l'Europe à maintenir une ligne cohérente face à une Russie qui joue sur la durée, sur les divisions, sur la fatigue. Chaque compromis interne que l'Europe consent à ses membres les plus hésitants est lu à Moscou comme une confirmation que la patience paye.

La question n'est pas de savoir si la France et l'Italie sont de bonnes alliées — elles l'ont prouvé sur d'autres fronts. La question est de savoir si l'Europe peut se permettre, au stade actuel du conflit, de laisser des considérations politiques internes primer sur des décisions de sécurité collective. La réponse devrait être non. Et l'obstination de quelques capitales à maintenir des marges de manœuvre face à Moscou devrait inquiéter bien au-delà de Varsovie et Tallinn.

### Ce que l'Ukraine regarde depuis Kyiv

À **Kyiv**, on regarde ces débats avec une lucidité que la distance géographique transforme en clarté absolue. L'Ukraine n'a pas le luxe des nuances diplomatiques, des préoccupations juridiques de la CJUE ou des calculs électoraux de coalitions fragilisées. Elle a des soldats qui meurent, des villes qui brûlent, et des alliés qui, parfois, ne sont pas aussi fermes qu'ils le prétendent. La fissure franco-italienne de juin 2026 ne brisera pas la coalition de soutien à l'Ukraine — mais elle en révèle les coutures, et ces coutures, Poutine les connaît par cœur.

*L'histoire jugera cette période. Pas les discours des sommets, pas les communiqués d'unité — mais les décisions concrètes, les mesures adoptées ou refusées, les moments où l'Europe a choisi le confort politique sur la **cohérence morale**. Je préfère être du côté de ceux qui ont été trop fermes que de ceux qui ont été trop prudents.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Euronews — L'interdiction d'entrée aux combattants russes se heurte à la résistance de la France et de l'Italie — 26 juin 2026](https://www.euronews.com/my-europe/2026/06/26/eu-ban-on-russian-combatants-faces-resistance-from-france-and-italy)

- [Bloomberg — L'Italie et la France résistent à la proposition européenne d'interdire les ex-soldats russes — 25 juin 2026](https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-06-25/italy-and-france-balk-at-eu-proposal-to-ban-ex-russian-soldiers)

- [Brussels Signal — France et Italie résistent au plan européen d'exclusion des ex-combattants russes — 26 juin 2026](https://brusselssignal.eu/2026/06/france-and-italy-resist-eu-plan-to-bar-former-russian-combatants/)

- The Guardian — Les dirigeants de l'OTAN sur le flanc oriental craignent pour leur sécurité — 27 juin 2026

### Sources secondaires

- United24 Media — France et Italie s'opposent à la mesure européenne sur les ex-soldats russes — juin 2026

- [Daily Finland — Le 21e paquet de sanctions européennes : énergie, finances, flotte fantôme — juin 2026](https://dailyfinland.fi/europe/49757)

- NAMPA — Résistance franco-italienne à l'interdiction d'entrée des ex-soldats russes — 25 juin 2026

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/analyse-france-et-italie-freinent-l-europe-la-nouvelle-fissure-qui-rejouit-pouti
