# ANALYSE : BIOSECURE Act — Trump encercle les biotechs chinoises liées à l'Iran

> En juin 2026, l'administration Trump a franchi un seuil décisif dans la guerre économique contre la Chine : WuXi AppTec, géant chinois

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-06-26
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/analyse-biosecure-act-trump-encercle-les-biotechs-chinoises-liees-a-l-iran

## Introduction : Une guerre silencieuse dans les laboratoires

### L'arme réglementaire sort de l'ombre

En juin 2026, **l'administration Trump** a franchi un seuil décisif dans la guerre économique contre la Chine : **WuXi AppTec**, géant chinois des services biopharmaceutiques, a été inscrit sur les **listes de contrats fédéraux restreints** via le **BIOSECURE Act** intégré à la NDAA 2026. Ce n'est pas une sanction symbolique. C'est un verrou dans la chaîne d'approvisionnement pharmaceutique mondiale qui implique directement des centaines d'entreprises américaines.

Parallèlement, les **filiales biotech du groupe BGI** — conglomérat génomique chinois déjà controversé — ont été ciblées par des **contrôles d'exportation élargis**. La convergence entre pression biotech, politique iranienne et rivalité technologique sino-américaine dessine une nouvelle géographie du risque que peu d'analystes avaient anticipée dans cette ampleur.

### L'axe Iran-Chine dans le viseur de Washington

Ce qui rend cette séquence particulièrement significative, c'est son contexte géopolitique : **300 milliards USD de reconstruction en Iran** sont en jeu si un accord final est conclu avec Washington. Or, les experts avertissent d'un **risque massif de réexportation technologique** vers la Chine via Téhéran — un canal de contournement des sanctions que les législateurs américains entendent fermer dès maintenant.

Le **Pentagone a élargi la liste 1260H** à **17 entreprises chinoises supplémentaires le 8 juin 2026**, incluant des noms aussi emblématiques qu'**Alibaba, BYD et Baidu**. La réponse de Pékin n'a pas tardé : le **22 juin 2026, la Chine a sanctionné 46 firmes américaines** en rétorsion directe. Une escalade symétrique qui illustre la brutalité de cette guerre économique larvée.

*Ce qui me frappe, c'est la précision chirurgicale de la manœuvre américaine. On ne bombarde plus avec des droits de douane généralisés — on coupe les nerfs, un à un, dans la chaîne pharmaceutique et génomique. WuXi AppTec et BGI ne sont pas des cibles anodines : ce sont des infrastructures critiques de la biologie mondiale.*

## Le BIOSECURE Act : anatomie d'une loi-pivot

### Un texte long à naître, redoutable en application

Le **BIOSECURE Act** a mis plusieurs années à trouver sa forme législative définitive. Introduit pour la première fois sous une législature précédente, il a finalement été intégré à la **National Defense Authorization Act 2026** — la grande loi de programmation militaire américaine. Son principe : **interdire aux agences fédérales de contracter avec des entreprises biotechnologiques chinoises** jugées menaçantes pour la sécurité nationale.

La liste des entreprises visées comprend **WuXi AppTec, WuXi Biologics, BGI Genomics, MGI Tech et Complete Genomics**. Ces sociétés représentent une part considérable de la capacité mondiale de fabrication de médicaments par contrat, de séquençage génomique et de développement biopharmaceutique. Leur exclusion des contrats fédéraux américains crée une pression immédiate sur leurs clients — dont de nombreux groupes pharmaceutiques occidentaux.

### Les sociétés de la liste 1260H exclues des contrats DoD

À partir du **30 juin 2026**, les sociétés figurant sur la **liste 1260H du Pentagone** sont formellement **exclues des contrats directs avec le Département de la Défense**. Cette liste, qui s'est étoffée de **17 nouvelles entrées le 8 juin**, inclut désormais des acteurs chinois dans les secteurs de la technologie, de l'énergie, de la mobilité et de l'intelligence artificielle. C'est une cartographie de la menace perçue par Washington.

L'inclusion d'**Alibaba, BYD et Baidu** dans cette liste est un signal fort : Washington ne se contente plus de cibler des entreprises de défense ou de télécommunications. **La guerre technologique a changé de terrain** — elle s'est installée au cœur de l'économie civile, dans les données médicales, les batteries électriques et les algorithmes de recherche.

*BYD dans la liste 1260H — voilà qui dépasse la simple rhétorique de sécurité nationale. On touche à l'industrie automobile mondiale. Les constructeurs américains qui s'approvisionnent en composants BYD devront renoncer aux contrats fédéraux. Le coût de la découpling géopolitique commence à se mesurer en milliers d'emplois industriels.*

## BGI : le groupe génomique au cœur de la tempête

### Des données génétiques comme enjeu stratégique

Le groupe **BGI Genomics** n'est pas une entreprise ordinaire. Fondé à Pékin, il est devenu l'un des plus grands centres de séquençage génomique au monde, avec des tentacules dans les tests COVID, les bases de données médicales et la recherche sur le génome humain. Pour Washington, le problème est fondamental : **les données génétiques collectées par BGI sont potentiellement accessibles au Parti communiste chinois** dans le cadre des lois de sécurité nationale chinoises.

Les **contrôles d'exportation élargis** sur les filiales biotech de BGI — MGI Tech et Complete Genomics notamment — visent à couper l'accès de ces entités aux **équipements américains et aux technologies à double usage**. La mesure est particulièrement ciblée sur les séquenceurs génomiques et les réactifs biologiques. En langage diplomatique, on appelle cela des « contrôles d'exportation ». En langage stratégique, c'est un embargo technologique partiel.

### La chaîne pharmaceutique mondiale en recomposition

L'impact sur l'industrie pharmaceutique mondiale ne peut être sous-estimé. **WuXi AppTec** fabrique des ingrédients actifs pharmaceutiques et des anticorps pour des dizaines de groupes américains et européens. Son exclusion des contrats fédéraux force ces groupes à un choix douloureux : **renoncer aux marchés publics américains** ou trouver des fournisseurs alternatifs dans des délais très courts.

Cette recomposition forcée de la chaîne d'approvisionnement biomédicale mondiale s'inscrit dans une tendance plus large de **reshoring pharmaceutique** promu par Washington depuis la crise COVID. Mais l'accélération imposée par le **BIOSECURE Act** dépasse largement le rythme naturel de ce rééquilibrage — créant des tensions de capacité dans des secteurs déjà sous pression.

*Je dois être honnête : l'argument sécuritaire sur BGI est sérieux. Des données génomiques d'Américains qui transitent par des serveurs accessibles à Pékin — c'est une menace réelle, documentée par des auditions congressionnelles. Mais l'application brutale, sans période de transition suffisante, risque de pénaliser des patients américains qui dépendent de ces médicaments. La sécurité nationale et la santé publique ne font pas toujours bon ménage.*

## La réplique de Pékin : 46 firmes américaines sanctionnées

### Une symétrie calculée

Le **22 juin 2026**, Pékin a frappé en retour : **46 firmes américaines** ont été inscrites sur des listes de contrôle des exportations chinoises et d'exclusion des marchés publics chinois. La symétrie n'est pas accidentelle — c'est un message diplomatique : Washington n'a pas le monopole des représailles économiques.

Les entreprises visées par Pékin couvrent des secteurs stratégiques similaires : **technologie de défense, semiconducteurs, équipements de communication**. La Chine a également renforcé ses propres listes de **« entités non fiables »**, réactivant un mécanisme peu utilisé jusqu'alors. Cette escalade symétrique confirme que les deux puissances sont entrées dans une phase de guerre économique structurée, avec des règles implicites mais des conséquences bien réelles.

### L'effet domino sur les alliés occidentaux

Ce conflit bilatéral a des répercussions directes sur les alliés européens et asiatiques de Washington. Des groupes pharmaceutiques britanniques, allemands et japonais qui dépendent de la chaîne d'approvisionnement chinoise se trouvent désormais pris en étau entre les exigences de Washington et les représailles de Pékin. **L'axe CRINK** — acronyme académique désignant la convergence Chine-Russie-Iran-Corée du Nord — est au cœur de l'analyse stratégique du CSIS.

Pour les alliés de l'**OTAN**, le message de Washington est clair : **la dépendance technologique envers la Chine est une vulnérabilité de sécurité collective**. Le découplage ne sera jamais confortable. Mais il est, selon la doctrine américaine actuelle, inévitable. Cette pression s'ajoute aux exigences croissantes de dépenses de défense — les alliés européens et le Canada ont déjà augmenté leurs dépenses de **90 milliards USD en 2025**.

*Quarante-six firmes américaines sanctionnées par Pékin en une journée — et les marchés à peine frémirent. On s'est habitués à l'escalade. C'est peut-être le signe le plus inquiétant de cette guerre économique : son institutionnalisation progressive dans les prix, les contrats, les chaînes logistiques. Elle devient le fond sonore permanent du commerce mondial.*

## Le risque iranien : 300 milliards de reconstruction sous surveillance

### Un accord de paix qui ouvre une boîte de Pandore technologique

Si l'accord Iran-USA se concrétise en accord définitif, les estimations parlent de **300 milliards USD de besoins de reconstruction** pour une économie iranienne exsangue après des décennies de sanctions. Ce chiffre colossal attire des convoitises multiples — et suscite une préoccupation stratégique majeure à Washington : **la réexportation technologique vers la Chine via l'Iran**.

Le scénario redouté est documenté par des analystes de **19FortyFive** : des équipements américains ou occidentaux vendus légalement à l'Iran dans le cadre de sa reconstruction pourraient être détournés vers Pékin, contournant les contrôles d'exportation. Iran, Russia, China et North Korea — l'axe stratégique des adversaires — surveille les termes de tout accord avec une attention particulière à ses implications technologiques.

### Washington verrouille avant l'ouverture

C'est précisément pour prévenir ce risque que l'administration **Trump** a accéléré la mise en œuvre du **BIOSECURE Act** et l'élargissement de la liste 1260H **avant** toute normalisation des relations avec Téhéran. La logique est cohérente : **mieux vaut poser les verrous maintenant**, pendant que le levier de négociation iranien est à son maximum, que d'essayer de les imposer après un accord où Téhéran aurait des attentes légitimes d'ouverture commerciale.

Cette anticipation législative est une forme de sophistication diplomatique à laquelle l'administration **Trump** 2.0 n'est pas toujours associée dans les commentaires médiatiques. Pourtant, sur ce dossier précis, **la séquence BIOSECURE Act → liste 1260H → MOU Iran** révèle une cohérence stratégique indéniable. Accorder à Téhéran une fenêtre économique tout en fermant les canaux de fuite vers Pékin — c'est habile.

*Le risque de réexportation technologique via l'Iran vers la Chine est réel et documenté. Mais il serait malhonnête de ne pas noter que ce même argument a été utilisé pour justifier des embargos qui ont appauvri des populations civiles pendant des décennies. La vigilance technologique ne doit pas devenir l'alibi permanent d'une stratégie d'asphyxie économique.*

## L'axe CRINK : convergence des menaces sous analyse académique

### Le CSIS cartographie la nouvelle géopolitique des adversaires

Le **Center for Strategic and International Studies** (CSIS) a formalisé sous l'acronyme **CRINK** la convergence stratégique entre **Chine, Russie, Iran et Corée du Nord**. Cette analyse, publiée en juin 2026, dépasse la simple rhétorique de l'axe du Mal — elle documente des transferts technologiques concrets, des coopérations militaires mesurables et des alignements de vote aux Nations Unies qui dessinent une architecture d'opposition à l'ordre occidental.

Pour Washington, cette convergence justifie une approche globale et coordonnée des sanctions et des contrôles d'exportation. On ne peut plus traiter l'Iran, la Russie, la Chine et la Corée du Nord comme des problèmes séparés. **Une pression sur l'un se répercute sur les autres**. Le **BIOSECURE Act** et la liste 1260H s'inscrivent dans cette logique de pression systémique sur l'ensemble du réseau CRINK.

### La Silicon Valley dans l'étau géopolitique

Pour l'industrie technologique américaine, cette nouvelle doctrine est un défi existentiel. Des **1,15 milliard USD investis par JCET** — entreprise chinoise de packaging de puces — illustrent à quel point les chaînes de valeur semiconducteur restent profondément enchevêtrées entre la Chine et l'Occident malgré les discours sur le découplage. Le rapport du **Silk Bulletin du 23 juin 2026** documente ces flux financiers persistants.

La Silicon Valley se retrouve tiraillée entre sa dépendance à l'immense marché et à la chaîne d'approvisionnement chinoise d'un côté, et les exigences croissantes de conformité réglementaire de Washington de l'autre. Les **entreprises de semiconducteurs américaines** qui vendent en Chine risquent désormais d'être elles-mêmes ciblées par des sanctions secondaires si leurs technologies se retrouvent dans des systèmes militaires ou des programmes de surveillance.

*L'acronyme CRINK va probablement s'imposer dans le vocabulaire stratégique des prochaines années. Ce que je trouve intellectuellement honnête dans cette analyse, c'est la reconnaissance que ces quatre régimes partagent quelque chose de fondamental : une vision du monde où l'ordre international libéral doit être démantelé. Ce n'est pas une coïncidence — c'est une doctrine partagée.*

## Impact sur les alliances et la chaîne pharmaceutique mondiale

### L'Europe face au choix

Pour les alliés européens, le **BIOSECURE Act** pose une question stratégique directe : **doivent-ils adopter des législations similaires** pour rester alignés avec Washington, au risque de perturber leurs propres chaînes d'approvisionnement pharmaceutique ? Plusieurs groupes européens ont déjà commencé à auditer leurs dépendances vis-à-vis de WuXi AppTec et de BGI — non pas parce que la loi l'exige, mais parce que les pressions réglementaires américaines créent des risques contractuels et réputationnels.

Cette harmonisation réglementaire transatlantique — implicite plutôt qu'explicite — est l'une des dynamiques les plus importantes de la géopolitique technologique actuelle. Elle se produit sans accord formel, par simple alignement des incitations économiques. **Les entreprises européennes qui veulent accéder aux marchés américains n'ont d'autre choix** que d'appliquer les standards américains en matière de sécurité de la chaîne d'approvisionnement.

### Les patients américains dans l'équation

Au-delà de la géopolitique, il y a une réalité concrète : **des millions de patients américains** dépendent de médicaments dont les ingrédients actifs sont fabriqués en Chine, souvent par des entreprises comme WuXi AppTec. La disruption de cette chaîne d'approvisionnement a un coût humain réel. La FDA a déjà émis des alertes sur des **risques de pénuries** dans certaines classes thérapeutiques si la transition vers des fournisseurs alternatifs ne se fait pas dans des délais suffisants.

L'administration **Trump** a répondu à ces préoccupations en parlant de **reshoring pharmaceutique** comme d'une priorité nationale de sécurité. Mais construire une capacité de fabrication pharmaceutique nationale prend des années et des dizaines de milliards de dollars d'investissement. Entre l'ambition déclarée et la réalité industrielle, le gouffre reste immense — et les patients en seront les premiers à souffrir si les transitions sont mal gérées.

*Je pense à ces patients qui prennent des médicaments génériques fabriqués en Chine et qui n'ont aucune idée de la bataille géopolitique qui se joue autour de leur prescription. La sécurité nationale est une abstraction pour la plupart des gens — une insuffisance rénale, une chimiothérapie, un traitement psychiatrique, ce n'est pas une abstraction. Washington doit gérer cette tension avec beaucoup plus de soin qu'elle ne le fait actuellement.*

## Perspectives et enjeux pour l'ordre mondial

### Un précédent réglementaire aux conséquences durables

Le **BIOSECURE Act** et l'élargissement de la liste 1260H constituent un **précédent réglementaire majeur** dans l'histoire des relations économiques internationales. Pour la première fois, les États-Unis utilisent systématiquement leurs marchés publics comme levier de découplage technologique dans des secteurs aussi fondamentaux que la biotechnologie et la génomique. Ce modèle, une fois établi, sera difficile à défaire — quel que soit le résultat des prochaines élections.

Les marchés financiers ont partiellement intégré ce risque. Les valorisations de WuXi AppTec et de BGI ont subi des corrections significatives depuis l'annonce du **BIOSECURE Act**. Mais la question plus profonde — **qui fabriquera les médicaments du futur, dans quel pays, sous quelle juridiction** — reste entière. La réponse à cette question déterminera une part importante des équilibres de puissance du XXIe siècle.

### La course à la souveraineté biotechnologique

Au-delà des sanctions immédiates, la vraie compétition est celle de la **souveraineté biotechnologique**. Les États-Unis, l'Union européenne, le Japon et l'Australie investissent massivement dans la création de **capacités nationales ou alliées** de recherche et fabrication biopharmaceutique. La Chine fait de même. Ce n'est pas un retour au protectionnisme naïf — c'est une reconnaissance que les dépendances critiques dans les domaines de la santé et de la biologie sont des vulnérabilités stratégiques inacceptables.

La **convergence entre sécurité nationale et politique industrielle** est désormais assumée et revendiquée par toutes les grandes puissances. Le libre-échange pur et simple est en recul. Ce qui émerge ressemble à un **globalisme sélectif** — ouverture commerciale dans les secteurs non stratégiques, fermeture défensive dans les domaines jugés critiques. L'enjeu, pour les décennies à venir, sera de définir où s'arrête le stratégique et où commence l'économique.

Ce que le **BIOSECURE Act** et la liste **1260H** dessinent en filigrane, c'est l'émergence de **deux sphères technologiques distinctes** : une sphère occidentale et une sphère sino-russe. Ces sphères ne seront pas hermétiquement séparées — des échanges commerciaux subsisteront — mais elles auront leurs propres **standards, leurs propres infrastructures critiques, leurs propres chaînes d'approvisionnement**. La **biotechnologie**, la **génomique** et les **semiconducteurs** sont les premiers domaines où cette bifurcation devient visible et réglementée.

Cette bifurcation n'est pas inévitable dans tous les secteurs. Des domaines comme l'agroalimentaire, le tourisme ou certains biens de consommation resteront probablement intégrés globalement. Mais dans les domaines qui touchent à la **sécurité nationale, à la santé publique et aux données sensibles**, la séparation est désormais une politique délibérée de Washington — et elle sera d'autant plus difficile à inverser qu'elle s'institutionnalise dans des législations comme le BIOSECURE Act.

Pour les entreprises multinationales — américaines, européennes ou asiatiques — cette bifurcation crée des **dilemmes stratégiques inédits**. Choisir son camp technologique devient une décision existentielle. Des groupes pharmaceutiques qui dépendent à la fois des marchés américains et de la **chaîne d'approvisionnement chinoise** doivent maintenant calculer le coût de leur appartenance à l'une ou l'autre sphère. Le **coût du découplage** sera transféré en partie aux consommateurs, aux patients, aux actionnaires — et en partie absorbé par les États qui le subventionnent via des politiques industrielles nationales.

Les alliés européens font face à une version particulièrement difficile de ce dilemme. **L'Union européenne a construit sa prospérité sur l'ouverture commerciale mondiale** — avec la Chine comme partenaire crucial. Mais elle est aussi liée à Washington par des traités de défense qui créent des obligations de conformité réglementaire. Naviguer entre les deux sans se déchirer exige une sophistication diplomatique et industrielle que toutes les capitales européennes n'ont pas encore développée à la hauteur des enjeux.

*La bifurcation technologique mondiale — je la vis déjà dans les conversations avec des entrepreneurs européens qui me demandent comment calculer leur risque Chine vs leur risque américain. Ce n'est pas une question abstraite pour eux. C'est leur business model qui est en jeu. Et personne à Washington ou à Bruxelles ne leur donne de réponse claire sur les règles du jeu à long terme. C'est cette incertitude qui est peut-être plus dangereuse que la bifurcation elle-même.**En fin de compte, la question n'est pas de savoir si la bifurcation technologique sino-occidentale est souhaitable — elle est en train de se produire, qu'on le veuille ou non. La vraie question est de savoir si l'Occident la gère de manière à protéger ses valeurs démocratiques et ses citoyens vulnérables. Sur ce point, le BIOSECURE Act donne des signaux mixtes : rigoureux dans ses objectifs stratégiques, trop brutal dans son calendrier d'application.*

## Conclusion : La guerre biotech est déclarée, les patients paient le prix

### Un tournant historique dans la régulation de la biotechnologie mondiale

Le BIOSECURE Act de 2026 n'est pas une mesure de circonstance. C'est le marqueur d'un **tournant historique** dans la gouvernance mondiale de la biotechnologie. Pour la première fois, une grande puissance utilise son pouvoir d'achat public pour restructurer délibérément les chaînes d'approvisionnement biopharmaceutiques mondiales selon des critères de sécurité nationale. WuXi AppTec, BGI, la liste 1260H — ces noms resteront dans les manuels d'économie politique des prochaines décennies comme les symboles d'une époque où la biologie est devenue une arme géopolitique.

La Chine et l'Iran regardent ce mouvement américain avec la même attention. La Russie tire ses propres leçons des sanctions post-2022. La convergence CRINK n'est pas seulement défensive — elle est en train de construire ses propres chaînes d'approvisionnement alternatives, ses propres standards technologiques, sa propre architecture de découplage. Ce que nous observons aujourd'hui est le début d'une **bifurcation technologique mondiale** dont les conséquences dépasseront largement le domaine de la biotechnologie.

### Un appel à la lucidité et à la précision

Face à cette réalité, la lucidité s'impose. La sécurité nationale est un argument légitime — mais elle peut aussi devenir un paravent pour le protectionnisme, la discrimination et la disruption irresponsable de systèmes de santé. Washington doit mener cette guerre technologique avec **précision chirurgicale**, en distinguant les menaces réelles des dépendances bénignes, en protégeant les patients américains des conséquences des transitions précipitées.

L'Occident a les moyens de gagner cette compétition biotechnologique — il a la recherche fondamentale, les capitaux, le talent. Mais gagner ne signifie pas détruire ce qu'on a construit pendant trente ans de chaînes d'approvisionnement intégrées. Il s'agit de **reconstruire intelligemment**, pas de démanteler brutalement.

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Claw Street Journal — BIOSECURE Act, liste 1260H, BGI, WuXi AppTec — 21 juin 2026](https://theclawstreetjournal.com/cyber-defense/2026/06/21/iran-ceasefire-china-nato-realignment.html)

- [CNBC — La Chine sanctionne 46 firmes américaines en rétorsion — 22 juin 2026](https://www.cnbc.com/2026/06/22/china-trade-curbs-us-companies-export-controls-procurement-exclusion-pentagon-list-.html)

- [19FortyFive — L'accord Iran ne s'arrête pas à l'Iran, Russie-Chine-Corée du Nord regardent — 19 juin 2026](https://www.19fortyfive.com/2026/06/the-iran-deal-doesnt-stop-at-iran-russia-china-and-north-korea-are-watching/)

### Sources secondaires

- [Geopolitical Daily — Riposte sanctions Chine-USA — 22 juin 2026](https://buttondown.com/geodaily/archive/geopolitical-daily-june-22-2026/)

- [CSIS — Axe CRINK : Chine, Russie, Iran, Corée du Nord — 25 juin 2026](https://www.csis.org/special-initiatives/CRINK-Axis)

- [Silk Bulletin n°137 — JCET packaging puces 1,15 milliard USD — 23 juin 2026](https://www.linkedin.com/pulse/silk-bulletin-n137-23-june-2026-riccardo-ghia-%E9%AB%98%E7%91%9E%E5%85%8B-umpkc)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/analyse-biosecure-act-trump-encercle-les-biotechs-chinoises-liees-a-l-iran
