# À l'Otan, ce contrat de missiles qui prouve que l'Occident réarme vraiment

> Introduction : un contrat de 241 millions qui parle plus fort que des discours

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Lettre ouverte
- Publié: 2026-07-04
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/a-lotan-ce-contrat-de-missiles-qui-prouve-que-loccident-rearme-vraiment

## Introduction : un contrat de 241 millions qui parle plus fort que des discours

### Ce que Washington vient de signer avec Oslo

Le **5 juin 2026**, l'**US Air Force** a attribué à **Kongsberg Defence & Aerospace**, entreprise norvégienne, un contrat à prix fixe de **240 904 098 dollars** pour la production du **Lot 2** du **Joint Strike Missile (JSM)**, selon l'annonce officielle du **Département de la Guerre américain**. Le contrat, portant le numéro **FA8681-26-C-B002**, a été passé par l'**Air Force Life Cycle Management Center** basé à la base aérienne d'**Eglin**, en Floride.

Ce n'est pas un simple bon de commande administratif noyé dans la paperasse du Pentagone. C'est un signal clair envoyé à tous ceux qui doutent encore de la volonté occidentale de se réarmer sérieusement face aux menaces qui s'accumulent, de **Moscou** à **Pékin**.

### Pourquoi j'écris cette lettre ouverte

Je m'adresse ici directement aux dirigeants de l'**Otan** et aux citoyens occidentaux qui suivent, souvent avec lassitude, les nouvelles d'un **réarmement perpétuellement promis** mais trop rarement livré. Ce contrat mérite d'être souligné précisément parce qu'il illustre autre chose: une chaîne de production concrète, des dates de livraison précises, un engagement budgétaire réel.

J'écris aussi parce que la **coopération transatlantique** entre les États-Unis et la **Norvège**, un **allié otanien de première ligne** face à la **Russie** dans l'**Arctique**, mérite d'être racontée pour ce qu'elle est: un **exemple** de ce que l'alliance occidentale peut encore accomplir quand elle fonctionne bien.

*Je crois que ce contrat, aussi technique paraisse-t-il, raconte une histoire plus grande que son montant: celle d'un Occident qui, malgré ses divisions internes, continue de bâtir les outils de sa propre défense.*

## Le Joint Strike Missile, une arme pensée pour la guerre moderne

### Un missile furtif conçu pour le F-35A

Le **JSM** est un missile de croisière furtif de cinquième génération, conçu pour être transporté à l'intérieur de la soute interne du **F-35A**, préservant ainsi la **signature radar réduite** de l'appareil, selon les précisions techniques rapportées par **InsideDefense.com**. Cette caractéristique change fondamentalement la donne face à des défenses antiaériennes de plus en plus sophistiquées.

Conçu principalement pour frapper des cibles maritimes et terrestres à distance de sécurité, le **JSM** permet aux pilotes occidentaux d'engager des cibles fortement défendues sans exposer inutilement leurs appareils, une capacité stratégique cruciale dans un contexte de **menaces russes et chinoises** grandissantes.

### Une portée d'adoption qui dépasse les seuls États-Unis

Le missile a déjà été sélectionné par le **Japon**, la **Norvège**, l'**Australie**, l'**Allemagne** et les **États-Unis**, selon **Kongsberg** elle-même, ce qui en fait une arme véritablement multinationale au cœur de l'arsenal occidental moderne.

Cette adoption large parmi les **démocraties alliées** renforce l'**interopérabilité entre forces occidentales**, un facteur souvent sous-estimé mais absolument déterminant lors d'opérations conjointes en temps de crise réelle.

*Voir autant de démocraties alliées choisir la même arme me rassure sur la cohérence stratégique de l'Occident, même quand les tensions politiques internes donnent parfois l'impression contraire.*

## Les détails financiers d'un contrat qui s'étale sur deux exercices

### Un financement réparti entre deux années budgétaires

Le contrat mobilise **137 970 866 dollars** de fonds de **l'exercice budgétaire 2024** destinés à l'achat de missiles, ainsi que **102 933 232 dollars** issus de **l'exercice 2025**, selon le communiqué officiel du **Département de la Guerre** daté du 5 juin 2026.

Cette répartition budgétaire sur deux exercices distincts illustre la complexité normale des grands programmes d'armement occidentaux, où la **planification pluriannuelle** demeure indispensable pour garantir la continuité de la production industrielle de défense.

### Une attribution à fournisseur unique, justifiée par l'expertise

L'attribution a été effectuée sur une base de **source unique**, sans procédure concurrentielle, **Kongsberg** étant le seul concepteur, développeur et fabricant du **JSM**, selon les règles du **FAR Part 6** citées par **GovConFeed**. Ce type d'attribution reste parfaitement légal lorsqu'aucune autre entreprise ne peut répondre au besoin exprimé.

Loin d'être une anomalie, cette pratique reflète simplement la réalité industrielle de la défense occidentale, où certaines technologies de pointe ne sont maîtrisées que par un nombre très restreint d'entreprises hautement spécialisées.

*Je n'ai aucun problème avec une attribution à source unique quand elle repose sur une expertise technologique réelle et vérifiable, plutôt que sur du favoritisme politique déguisé.*

## Un calendrier de livraison qui s'étend jusqu'en 2028

### Une production concentrée sur le sol norvégien

Les travaux seront réalisés à **Kongsberg**, en **Norvège**, et devraient être achevés d'ici le **30 novembre 2028**, selon le communiqué du Pentagone. Cette localisation confirme le rôle central de l'industrie de défense norvégienne dans l'écosystème militaire otanien.

Le choix de maintenir la production en Norvège, plutôt que de l'importer entièrement sur le sol américain, illustre également une forme de confiance industrielle mutuelle entre alliés, essentielle au maintien d'une base industrielle de défense occidentale diversifiée et résiliente.

### Un contrat qui s'inscrit dans la continuité du Lot 1

Ce nouvel accord survient plus de deux ans après l'attribution du premier contrat de production du **Lot 1** à **Kongsberg**, en **mai 2024**, pour environ **141 millions de dollars**, selon **InsideDefense.com**, confirmant la continuité et la crédibilité à long terme de ce partenariat industriel transatlantique.

Cette continuité contractuelle, rare dans les grands programmes d'armement souvent marqués par des retards ou des annulations, mérite d'être saluée comme un exemple de gestion de projet militaire relativement efficace.

*Un programme d'armement qui respecte son calendrier sur plusieurs années consécutives, dans le monde de la défense, relève presque de l'exploit, et cela mérite d'être reconnu publiquement.*

## L'ampleur de la commande totale prévue par l'Air Force

### Un inventaire final visant 263 missiles

Selon **InsideDefense.com**, la demande budgétaire de l'**exercice 2027** de l'**US Air Force** indique que l'inventaire total de **JSM** devrait finalement atteindre **263 missiles**, un chiffre qui donne une idée précise de l'**ampleur du réarmement de précision** engagé par l'aviation américaine.

Le service prévoit d'acheter **100 JSM** l'an prochain pour environ **384,6 millions de dollars**, suivis de **41 missiles supplémentaires** en 2028 pour **179,56 millions de dollars**, avant d'interrompre les achats au-delà de cette échéance selon la planification budgétaire actuelle.

### Un jalon parmi d'autres dans la modernisation du F-35

Cette montée en puissance du **JSM** s'inscrit dans un effort plus vaste de modernisation de l'arsenal associé au **F-35**, où chaque nouvelle capacité d'armement renforce la valeur stratégique globale de cette plateforme aérienne au cœur de la **posture de dissuasion occidentale**.

L'intégration du missile sur les variantes **F-35B** et **F-35C** demeure prévue mais pas encore achevée, ce qui signifie que ce contrat reste pour l'instant spécifiquement lié au programme **F-35A**, selon les précisions de **GovConFeed**.

*Voir un plan d'acquisition aussi détaillé, avec des chiffres précis étalés sur plusieurs années, me convainc que la **modernisation militaire occidentale** dépasse largement les effets d'annonce ponctuels.*

## Une valeur en couronnes norvégiennes qui dit tout de l'ampleur

### Un contrat évalué à 2,7 milliards de couronnes

**Kongsberg** elle-même a confirmé la signature de ce contrat pour la livraison de missiles supplémentaires, évaluant sa valeur à environ **2,7 milliards de couronnes norvégiennes**, avec des livraisons prévues jusqu'à la fin de **2029**, selon le communiqué officiel de l'entreprise publié le **8 juin 2026**.

Cette annonce distincte, émanant directement du fabricant, confirme et complète les informations transmises par le Pentagone, renforçant la crédibilité de l'ensemble des données publiées sur ce programme d'armement bilatéral.

### Un impact économique tangible pour l'industrie norvégienne

Ce contrat représente un apport économique majeur pour l'industrie de défense norvégienne, consolidant la position de **Kongsberg** comme fournisseur stratégique incontournable au sein de la chaîne d'approvisionnement militaire occidentale, bien au-delà des seules frontières scandinaves.

Cette dimension économique illustre aussi comment le **réarmement occidental** profite directement aux économies alliées, créant des emplois qualifiés et renforçant les liens industriels entre partenaires de l'**Otan** sur le long terme.

*Je trouve rassurant de voir le réarmement occidental se traduire aussi par des retombées économiques concrètes pour les pays alliés, plutôt que par une dépendance à sens unique envers un seul fournisseur dominant.*

## Le contexte stratégique plus large de ce réarmement

### Une réponse directe aux ambitions russes dans l'Arctique

La **Norvège**, voisine directe de la **Russie** dans le Grand Nord, occupe une position géostratégique de premier plan face aux ambitions militaires du **Kremlin** dans l'Arctique, une région dont l'importance stratégique ne cesse de croître avec la fonte des glaces et l'ouverture de nouvelles routes maritimes.

Le renforcement de l'industrie de défense norvégienne, via des contrats comme celui du **JSM**, s'inscrit directement dans cette logique de dissuasion face à une **Russie** dont l'agressivité en **Ukraine** depuis 2022 a rappelé à toute l'Europe du Nord l'urgence de se préparer sérieusement.

### Une dissuasion crédible face à la **Chine** dans le Pacifique

L'adoption du **JSM** par des alliés comme le **Japon** et l'**Australie** illustre également comment cette arme s'inscrit dans une stratégie occidentale plus large de dissuasion face aux ambitions expansionnistes de la **Chine** dans l'**Indo-Pacifique**, où les **tensions** autour de **Taïwan** demeurent une source constante d'inquiétude.

Cette convergence entre théâtres européen et indo-pacifique confirme que l'Occident pense désormais son réarmement de façon globale, reliant les menaces russes, chinoises, iraniennes et nord-coréennes dans une architecture de défense cohérente plutôt que fragmentée.

*Cette convergence stratégique entre l'Arctique et le Pacifique me semble être exactement le type de pensée globale dont l'Occident a besoin pour affronter des adversaires qui, eux, coordonnent déjà largement leurs intérêts.*

## Le rôle de Trump dans l'accélération du réarmement occidental

### Une administration qui pousse la production de défense

Il faut reconnaître, sans complaisance excessive, que l'administration **Trump** a **maintenu et parfois accéléré** certains programmes de modernisation militaire hérités des administrations précédentes, dont ce type de contrat avec des **alliés otaniens** comme la **Norvège** constitue un exemple concret.

Cette continuité dans les **priorités de défense**, malgré les nombreuses controverses politiques intérieures qui entourent par ailleurs cette administration, mérite d'être créditée pour ce qu'elle est: un choix de maintenir une posture de dissuasion crédible face aux rivaux stratégiques de l'Occident.

### Une pression constante sur les alliés pour partager le fardeau

L'administration américaine continue par ailleurs de pousser ses alliés otaniens à augmenter leurs propres dépenses de défense, une pression qui, aussi frustrante soit-elle diplomatiquement pour certains gouvernements européens, a contribué à accélérer des décisions de réarmement longtemps repoussées à travers le continent.

Ce type de contrat avec la Norvège illustre justement comment cette **pression** peut se traduire par des partenariats industriels concrets plutôt que par de simples déclarations d'intention lors des sommets de l'**Otan**.

*Je crédite cette administration pour sa fermeté sur les questions de dissuasion militaire, tout en refusant de fermer les yeux sur les dérives politiques intérieures qui, elles, méritent une critique tout aussi ferme.*

## Ce que ce contrat révèle sur la **base industrielle de défense occidentale**

### Une chaîne d'approvisionnement testée par la demande croissante

La multiplication des contrats de ce type, dans un contexte de demande mondiale croissante pour les systèmes d'armement de précision, met sous pression les chaînes d'approvisionnement de la défense occidentale, un défi industriel que les gouvernements alliés doivent affronter collectivement pour éviter des goulots d'étranglement critiques.

La capacité de **Kongsberg** à honorer des délais de livraison précis, malgré cette demande croissante, témoigne néanmoins d'une **résilience industrielle** qui contraste favorablement avec les difficultés rencontrées par certains autres programmes d'armement occidentaux plus médiatisés.

### Un modèle à répliquer pour d'autres capacités critiques

Ce partenariat entre les États-Unis et la Norvège pourrait servir de modèle pour d'autres **capacités militaires critiques** où l'Occident dépend d'un nombre restreint de fournisseurs spécialisés, renforçant ainsi la nécessité d'investissements industriels coordonnés entre alliés plutôt que de **duplications coûteuses et inefficaces**.

Cette logique de spécialisation industrielle assumée, plutôt que de concurrence stérile entre alliés, pourrait bien représenter l'avenir d'un **réarmement occidental** à la fois plus rapide et plus soutenable financièrement sur le long terme.

*Je pense que cette spécialisation industrielle assumée entre alliés, plutôt qu'une concurrence stérile, est précisément le type de maturité stratégique dont l'Occident a besoin pour tenir la distance face à ses rivaux.*

## Les limites et zones d'ombre qu'il faut aussi reconnaître

### Une dépendance qui comporte ses propres risques

Cette dépendance envers un fournisseur unique, aussi fiable soit-il jusqu'à présent, comporte des risques structurels: toute perturbation majeure de la production norvégienne, qu'elle soit industrielle, politique ou géopolitique, pourrait directement affecter la disponibilité de cette capacité pour l'ensemble des forces aériennes alliées qui en dépendent.

Cette vulnérabilité mérite d'être prise au sérieux par les planificateurs de défense occidentaux, qui devraient envisager des mécanismes de diversification ou de production sous licence pour réduire ce risque de dépendance excessive à long terme.

### Une transparence budgétaire encore perfectible

Malgré la publication de ces informations contractuelles précises, le nombre exact de missiles livrés dans le cadre de ce contrat spécifique reste flou, une opacité relative qui, sans être scandaleuse, mériterait d'être clarifiée davantage par les autorités américaines pour un **suivi public plus rigoureux** de ces dépenses militaires considérables.

Cette exigence de transparence ne relève pas d'une suspicion excessive envers les institutions de défense occidentales, mais simplement du principe démocratique élémentaire selon lequel les contribuables méritent de savoir précisément ce que leur argent finance.

*Je refuse de transformer cette lettre en éloge sans nuance: même un bon contrat de défense mérite un minimum de scrutin public sur ses détails d'exécution.*

## Pourquoi ce contrat mérite votre attention, même loin des projecteurs

### Un exemple concret plutôt qu'une promesse abstraite

Dans un environnement médiatique saturé de déclarations spectaculaires sur le réarmement occidental, ce contrat de **240,9 millions de dollars** offre l'avantage rare d'être vérifiable, daté, chiffré et documenté par des sources officielles multiples, plutôt que reposant sur de simples promesses politiques.

Cette vérifiabilité devrait, à mon sens, servir de standard pour évaluer tous les autres discours sur le réarmement occidental: moins de rhétorique, plus de contrats signés, livrés et documentés publiquement comme celui-ci.

### Un rappel que la dissuasion se construit dans la durée

La **dissuasion militaire occidentale** ne se construit pas en un jour ni par un seul contrat spectaculaire, mais bien par l'accumulation patiente de partenariats industriels solides comme celui-ci, répétés année après année entre alliés de confiance partageant les mêmes **valeurs démocratiques fondamentales**.

C'est cette accumulation, discrète mais constante, qui finira par déterminer si l'Occident conserve ou perd son avantage stratégique face à des rivaux qui, eux, n'hésitent pas à investir massivement dans leurs propres capacités militaires.

*Je préfère de loin cette accumulation discrète de contrats vérifiables aux discours grandiloquents qui, trop souvent, ne se traduisent jamais par une seule livraison concrète sur le terrain.*

## Ce que j'attends maintenant des décideurs occidentaux

### Une **transparence renforcée** sur les livraisons futures

Je demande, dans cette lettre ouverte, que les autorités américaines et norvégiennes publient à intervalles réguliers des mises à jour précises sur l'avancement de la production du **Lot 2**, permettant un **suivi public digne** des sommes considérables engagées dans ce programme d'armement stratégique.

Cette transparence renforcée ne nuirait en rien à la **sécurité opérationnelle du programme**, tout en rassurant les citoyens occidentaux sur la bonne utilisation des fonds publics alloués à leur propre défense collective.

### Une réplication de ce modèle avec d'autres alliés stratégiques

Je souhaite également que ce type de partenariat industriel serve de modèle pour d'autres collaborations similaires avec des alliés comme la **Pologne**, la **Finlande** ou les **pays baltes**, dont la proximité géographique avec la **Russie** rend leur intégration industrielle à la défense occidentale tout aussi stratégiquement essentielle.

Ce sont ces choix industriels concrets, bien plus que les sommets diplomatiques ou les communiqués solennels, qui détermineront réellement la **crédibilité de la dissuasion occidentale** dans les années à venir face à des **adversaires déterminés**.

*Je termine cette lettre en espérant que ce contrat, aujourd'hui presque anecdotique dans l'actualité, sera un jour cité comme l'un des nombreux jalons discrets qui ont permis à l'Occident de préserver sa liberté d'action stratégique.*

## Le précédent du Lot 1 et les leçons pour la suite

### Un premier contrat qui avait déjà fait ses preuves

Le contrat initial de **Lot 1**, signé en **mai 2024** pour environ **141 millions de dollars**, avait déjà permis de tester la capacité de **Kongsberg** à livrer dans les délais impartis, une **expérience concluante** qui a directement facilité la négociation de ce second contrat de plus grande ampleur.

Cette progression logique d'un lot à l'autre, plutôt qu'une rupture ou une remise en question du partenariat, démontre la **solidité d'une relation industrielle** construite sur la confiance mutuelle et des résultats concrets livrés dans les temps.

### Des leçons applicables à d'autres programmes d'armement

Les responsables du Pentagone chargés d'autres programmes d'armement pourraient s'inspirer directement de cette méthode progressive, où chaque lot de production supplémentaire s'appuie sur les résultats mesurables du précédent plutôt que sur des promesses non vérifiées.

Cette approche méthodique, loin d'être spectaculaire, représente pourtant l'un des meilleurs garants de la **crédibilité à long terme du réarmement** occidental face à des rivaux qui suivent, eux aussi, des trajectoires industrielles de long terme.

*Je vois dans cette progression méthodique d'un lot à l'autre une preuve que la **discipline industrielle**, même moins spectaculaire que les grandes annonces, reste le véritable moteur du réarmement occidental durable.*

## Ce que les alliés européens peuvent en tirer comme enseignement

### Un exemple de spécialisation industrielle réussie

Les gouvernements européens qui peinent encore à coordonner leurs propres **investissements de défense** pourraient observer avec intérêt ce partenariat américano-norvégien, où la spécialisation industrielle assumée d'un allié plus petit a permis de produire une arme adoptée bien au-delà de ses propres frontières.

Cette réussite norvégienne illustre qu'un pays de taille moyenne, correctement intégré à la chaîne industrielle de défense occidentale, peut jouer un **rôle stratégique disproportionné** par rapport à sa taille démographique ou économique globale.

### Une invitation à investir davantage dans l'industrie de défense

Cette réussite devrait encourager d'autres capitales européennes à investir plus résolument dans leurs propres capacités industrielles de défense, plutôt que de dépendre exclusivement d'achats extérieurs qui, à terme, fragilisent l'**autonomie stratégique du continent** face aux crises futures.

C'est précisément ce type d'investissement industriel national et coordonné, à l'image du modèle norvégien, qui permettra à l'Europe de peser davantage dans ses propres choix de défense au sein de l'**alliance atlantique**.

*Je souhaite que l'exemple norvégien inspire davantage de capitales européennes à investir dans leur propre industrie de défense, plutôt que de se contenter d'acheter des solutions déjà développées ailleurs.*

## Conclusion : le réarmement se juge aux contrats, pas aux discours

### Un signal parmi d'autres, mais un signal réel

Ce contrat de **240,9 millions de dollars** entre l'**US Air Force** et **Kongsberg** ne va pas, à lui seul, garantir la sécurité de l'Occident face à ses rivaux stratégiques. Mais il constitue précisément le genre de preuve concrète, vérifiable et documentée dont notre camp a besoin pour démontrer que le réarmement n'est pas qu'un slogan de campagne électorale.

C'est dans l'accumulation de dizaines de contrats similaires, entre alliés de confiance partageant les **mêmes valeurs fondamentales**, que se construit patiemment la dissuasion qui, espérons-le, continuera de protéger nos **démocraties** face aux ambitions de **Moscou**, **Pékin**, **Téhéran** et **Pyongyang**.

### Un appel à la vigilance et à la constance

Je conclus cette lettre ouverte en appelant les décideurs occidentaux à maintenir cette constance dans les années à venir, sans céder ni à la **complaisance** devant les progrès accomplis, ni au fatalisme devant l'ampleur du travail qu'il reste encore à réaliser pour garantir une dissuasion crédible et durable.

L'histoire jugera sévèrement les **démocraties occidentales** qui auraient eu les moyens de se réarmer sérieusement mais qui auraient choisi, par confort ou par division interne, de ne pas le faire à temps face à des menaces pourtant clairement identifiées.

*Je signe cette lettre avec la conviction que des contrats comme celui-ci, répétés et multipliés, resteront la meilleure réponse concrète que l'Occident puisse offrir à ceux qui doutent encore de sa détermination.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Contracts for June 5, 2026 — Département de la Guerre américain, 5 juin 2026](https://www.war.gov/News/Contracts/Contract/Article/4510415/contracts-for-june-5-2026/)

- [KONGSBERG to deliver more JSM missiles to US Air Force — Kongsberg, 8 juin 2026](https://www.kongsberg.com/news/news-archive/2026/kongsberg-to-deliver-more-jsm-missiles-to-us-air-force/)

- [Air Force Awards Kongsberg $241M Sole-Source Contract for Joint Strike Missile — GovConFeed, 7 juin 2026](https://govconfeed.com/article/kongsberg-241m-usaf-joint-strike-missile-lot2-june-2026)

### Sources secondaires

- [Air Force awards $240M for Joint Strike Missile — InsideDefense.com, 5 juin 2026](https://insidedefense.com/insider/air-force-awards-240m-joint-strike-missile)

- [USAF Contracts Kongsberg for $240.9M in Joint Strike Missiles Production — SamSearch, 8 juin 2026](https://samsearch.co/government-contracting-news/usaf-contracts-kongsberg-for-2409m-in-joint-strike-missiles-production-109905)

- [USAF selects Kongsberg joint strike missiles for F-35A — Aerospace Global News](https://aerospaceglobalnews.com/news/usaf-selects-kongsberg-joint-strike-missiles-for-f-35a/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/a-lotan-ce-contrat-de-missiles-qui-prouve-que-loccident-rearme-vraiment
