# BILLET : 527 vols annulés à Moscou — Pour une fois, c'est la Russie qui subit sa propre guerre

> Le 18 juin 2026, les résidents de Moscou se sont réveillés avec des explosions dans le ciel et des drones filmés au-dessus des boulevards. Les quatre aéroports de la capitale — Cheremetyevo, Vnoukovo, Domodedovo, Joukovski — ont simultanément suspendu leurs opérations. En quelque

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Billet
- Publié: 2026-06-27
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/527-vols-annules-a-moscou-pour-une-fois-c-est-la-russie-qui-subit-sa-propre-guer

## À retenir

- Le 18 juin 2026, quatre aéroports moscovites ont suspendu leurs opérations, 527 vols ont été annulés ou retardés, et la raffinerie de Kapotnya a de nouveau été frappée.
- Le 20 juin, la raffinerie d'Antipinsky à Tyumen a été touchée, à plus de 2 000 kilomètres de la frontière, et des pénuries de carburant se sont étendues à plus d'une douzaine de régions.
- Selon Zelensky, la Russie a déplacé près de 90 lanceurs de défense aérienne vers Valdaï, ce qui laisse d'autres régions moins protégées.
- El Al a suspendu ses vols vers Moscou le 25 juin, et l'ISW a signalé des frappes sur le centre spatial de Doubna.
- Selon l'auteur, Zelensky présente ces frappes comme un levier de négociation, et l'analyste Andrew Latham met en garde contre le risque que Washington les considère comme une complication.

## Introduction : Bienvenue dans la guerre, Moscou

### Le 18 juin 2026, Moscou a connu Kyiv

Le **18 juin 2026**, les résidents de Moscou se sont réveillés avec des explosions dans le ciel et des drones filmés au-dessus des boulevards. Les **quatre aéroports de la capitale** — Cheremetyevo, Vnoukovo, Domodedovo, Joukovski — ont simultanément suspendu leurs opérations. En quelques heures, **527 vols avaient été annulés ou retardés**. Le maire Sergueï Sobianine a affirmé que ses défenses aériennes avaient abattu **194 drones** en approche de la capitale. Le ministère russe de la Défense a revendiqué **555 drones détruits** à l'échelle nationale dans la nuit.

Il faut s'arrêter sur ce moment. Moscou — la ville que Poutine avait promis au peuple russe qu'elle resterait hors d'atteinte — a senti la guerre. Pas dans les nouvelles du soir. Dans l'air. Dans le ciel noir de fumée au-dessus de Kapotnya. Dans les applications de vol qui affichaient **«annulé»** à la place de chaque départ. Pour des millions de Russes, c'était la première fois que la guerre n'était plus quelque chose qui arrive **aux autres**.

### La promesse brisée de Poutine

Vladimir Poutine était à **Kazan**, en plein sommet régional, quand les drones frappaient sa capitale. Son bureau n'a émis aucune réaction immédiate. Cette image — le chef de guerre absent pendant que sa ville est attaquée — dit tout sur l'architecture politique de cette guerre. **La distance était une partie du contrat que Poutine avait vendu à son peuple** : la guerre se passe ailleurs, dans les marécages du Donbass, dans les champs de Zaporijjia, chez les autres. Moscou était censée être un sanctuaire. Cette nuit-là, le sanctuaire a été violé.

L'Ukraine a lancé **près de 200 drones** sur Moscou le 18 juin. Ce n'était pas une improvisation — c'était le résultat d'une **campagne planifiée et cohérente**. La raffinerie de pétrole de **Kapotnya**, qui fournit environ **40 % de l'essence de Moscou**, avait déjà été frappée le **16 juin**. Le 18, elle était frappée à nouveau. La fumée noircissait le ciel au-dessus des quartiers résidentiels. Les Moscovites filmaient avec leurs téléphones.

*Je ne pleure pas pour les aéroports de Moscou. Je pleure pour chaque Kharkivien, chaque habitant de Marioupol, chaque réfugié qui a fui Zaporijiia. Leur vie quotidienne ressemblait à ce que Moscou a vécu pendant quelques heures un mardi matin. Depuis quatre ans. Sans arrêt.*

## La carte des destructions : bien au-delà de Moscou

### Tyumen, la Crimée, Saint-Pétersbourg

Le 18 juin n'était pas un incident isolé. Le **20 juin**, le président Zelensky annonçait que des drones ukrainiens avaient frappé la **raffinerie d'Antipinsky** à **Tyumen** — à plus de **2 000 kilomètres de la frontière**. Plus profond en territoire russe qu'Kyiv n'avait jamais atteint. Le même jour, Zelensky révélait que Trump avait signalé une ouverture à **l'octroi de licences pour la production de missiles américains en Ukraine**.

Le **21 juin**, la **Crimée occupée** suspendait toutes les ventes civiles de carburant. Les pénuries de carburant s'étaient déjà répandues dans plus d'une **douzaine de régions russes**. La Russie avait commencé à planifier des **importations d'essence par voie maritime**. Les drones ukrainiens, en ciblant systématiquement les raffineries, avaient créé une crise logistique profonde dans l'économie de guerre russe — une crise que le Kremlin ne peut pas facilement admettre publiquement.

### La géographie inversée de la guerre

Cette cartographie des frappes dit quelque chose d'essentiel sur l'évolution de la guerre : l'**Ukraine a trouvé la couture que Poutine ne peut pas défendre**. La guerre avait un caractère unidirectionnel depuis février 2022 — les missiles russes tombaient sur Kyiv, Kharkiv, Odessa, et les Russes rentraient chez eux après leur service. Cette asymétrie était politique autant que militaire. Elle a été brisée.

Zelensky l'a formulé clairement : la Russie **déplace ses défenses aériennes** pour protéger Moscou et ses alentours. Dans la seule région de Moscou, des **centaines de lanceurs** de missiles de défense aérienne ont été massés. Près de **90 lanceurs ont été repositionnés à Valdaï** depuis d'autres régions de Russie — là où se trouve une **résidence de Poutine**. Ce déplacement de ressources crée des **zones d'ombre défensives** ailleurs sur le territoire russe.

*La Russie vole ses propres défenses à ses villes de province pour protéger Moscou et le palais de Poutine. Quelque part à Voronezh, à Saratov, dans l'Oural, des régions entières sont maintenant moins défendues pour que Poutine puisse dormir. C'est le prix de la centralisation autocratique.*

## L'ironie historique que personne au Kremlin ne peut dire à voix haute

### Ce que ressentent les civils russes

Le **Telegram de Sobianine a été hacké** le 21 juin — le soir de ses 68 ans. Un beau symbole. La propagande kremlinienne, qui martelait depuis 2022 que la guerre était une **«opération militaire spéciale»** propre et limitée, s'effondre dans l'esprit des Moscovites qui regardent leur application de vol afficher **«annulé»** pour la troisième fois de la semaine.

Les commentateurs nationalistes russes — ceux qui sur **Telegram** appelaient à la destruction totale de l'Ukraine — ont commencé à parler de **«défaillance des défenses aériennes»** et d'une **«perte de crédibilité»** du système. Ce sont les mêmes voix qui accusaient Poutine de ne pas frapper assez fort. Maintenant qu'ils voient Moscou sous les drones, leur rhétorique change de registre. C'est inconfortable.

### Vingt-sept mois de symétrie imposée

Depuis le début de la guerre en 2022, les Russes ont regardé leurs missiles détruire des immeubles résidentiels à Kyiv, des marchés à Kherson, des maternités à Marioupol. Des villes entières ont été rasées. Des millions de personnes ont été déplacées. Et pendant tout ce temps, **Moscou continuait de fonctionner normalement**. Les restaurants étaient pleins. Les vols internationaux décollaient. La vie continuait.

Ce 18 juin, pendant quelques heures, **Moscou a goûté à une fraction infinitésimale de ce qu'elle a infligé à l'Ukraine**. Pas de morts reportés. Pas de bâtiments effondrés. Juste des vols annulés, une raffinerie en feu, et un ciel qui sentait la poudre. C'est tout. Et même ça, c'était trop pour la propagande d'État à digérer.

*527 vols annulés. C'est le bruit que fait une guerre quand elle frappe à la mauvaise porte. Les Ukrainiens n'ont pas de mot pour exprimer ce qu'ils ressentent face à cette équité soudaine. Peut-être que l'absence de mot est déjà la réponse.*

## L'El Al et la reconnaissance internationale de la vulnérabilité russe

### La compagnie israélienne quitte Moscou

Le **25 juin**, **El Al — la compagnie aérienne nationale israélienne** — annonçait la suspension de ses vols vers Moscou. Les **attaques de drones perturbant le trafic aérien** étaient citées comme raison officielle. Ce geste, venant d'une compagnie aérienne qui opérait sur la Russie même après l'invasion de 2022 et la réassurance que Moscou était «sûre», marque un **changement de perception global**.

Quand une compagnie étrangère suspend ses opérations vers une capitale parce qu'elle est trop dangereuse, le message est diplomatiquement retentissant. Moscou rejoint la liste des destinations à risque. Ce n'est plus simplement une question de sanctions ou de géopolitique — c'est une **évaluation de sécurité aéronautique**. Et cette évaluation dit : les drones ukrainiens ont rendu la capitale russe imprévisible.

### L'ISW et le centre spatial de Doubna

L'**Institute for the Study of War (ISW)** a rapporté que les frappes ukrainiennes des **21 et 22 juin** avaient touché le **Centre des communications spatiales de Doubna**. Cette installation gère des communications militaires et civiles critiques. Ce n'est plus seulement le symbolisme d'une raffinerie — c'est l'infrastructure de commandement et de communication russe qui devient une cible accessible.

L'analyse stratégique est celle-ci : **les drones ukrainiens ont brisé le caractère unidirectionnel de la guerre**. Cela ne décide pas du conflit — la Russie garde encore l'avantage en missiles de croisière, en bombes planantes et en supériorité numérique. Mais cela crée des **problèmes de défense aérienne autour de la capitale**, des raffineries hors service, une logistique sous tension et une **humeur domestique plus difficile à gérer**.

*Frapper le centre spatial de Doubna, c'est envoyer un message à l'état-major russe : nous pouvons atteindre votre infrastructure de commandement. Ce n'est pas une menace abstraite. C'est une démonstration. Et les démonstrations, en temps de guerre, valent plus que les discours.*

## Ce que Zelensky a dit, et ce qu'il n'a pas dit

### La demande cachée derrière les frappes

Zelensky ne cache pas la logique stratégique des frappes en profondeur. Il l'a articulée lors du sommet du **G7 à Évian** : **«Notre opération a été soigneusement planifiée, et la façon dont elle se déroule démontre clairement que si l'Ukraine reçoit exactement ce que nous avons discuté avec nos partenaires — ce qui dépend de leurs décisions — nous créerons rapidement des conditions dans lesquelles la Russie sera forcée de choisir la paix.»**

Le message est transparent : les frappes profondes sont un **levier de négociation**. Elles ne sont pas là pour détruire la Russie — elles sont là pour rendre le coût de la guerre insupportable pour les Russes ordinaires, pour la classe dirigeante, pour les oligarques dont les actifs sont dans ces raffineries. Trump, au G7 d'Évian, avait signé une déclaration commune s'engageant à des **sanctions plus dures sur le pétrole russe** et à un **soutien renouvelé pour Kyiv**. Les pièces se mettent en place.

### Washington : levier ou complication ?

L'analyse de l'expert Andrew Latham, professeur à **Macalester College**, est sans ambiguïté : la vulnérabilité russe révélée par les frappes de juin est un **levier réel**. La question est de savoir si Washington l'utilise comme levier — ou comme une complication qui rend les négociations plus complexes que Trump ne le souhaite. Il y a un risque que l'administration américaine, dans sa course vers un accord diplomatique rapide avec la Russie, **sacrifie ce levier au nom de la de-escalation**.

C'est le danger que Zelensky voit clairement : que les alliés, pour faciliter une paix rapide, **redonnent à la Russie le caractère unidirectionnel de la guerre** qu'Ukraine vient de briser. Ce serait, selon Latham, une **«erreur particulière : aider la Russie à restaurer le caractère unidirectionnel de la guerre sous la bannière de la de-escalation»**.

*Zelensky a compris quelque chose que beaucoup de stratèges occidentaux refusent d'admettre : la paix ne viendra pas d'un accord obtenu en position de faiblesse. Elle viendra quand Moscou comprendra que la guerre coûte plus qu'elle ne rapporte. Les 527 vols annulés sont un premier paiement.*

## L'impact sur la défense aérienne russe : les ressources mal allouées

### Déshabiller Pierre pour habiller Moscou

Le déplacement massif de ressources de **défense aérienne** vers **Moscou** crée une dynamique stratégique profonde : les régions militaires périphériques de la **Russie** sont maintenant moins défendues. Les **90 lanceurs repositionnés** depuis d'autres régions vers **Valdaï** proviennent de quelque part. Ce «quelque part», ce sont des villes russes, des sites industriels, des axes logistiques qui servent la guerre — maintenant exposés. **Zelensky** l'a dit clairement : ce repositionnement crée des **«trous»** dans la couverture antiaérienne russe que l'**Ukraine** peut exploiter.

Les frappes ukrainiennes sur la **raffinerie d'Antipinsky** à **Tyumen** — à **2 000 kilomètres** de la frontière, le **20 juin** — illustrent précisément cette opportunité. Des installations qui auraient été protégées par des systèmes **S-300** ou **S-400** maintenant réalloués à Moscou se retrouvent vulnérables. Et la **Russie** ne peut pas être partout à la fois. Son arsenal de défense aérienne n'est pas infini — il est déjà sous tension depuis le début de la guerre.

### La logistique russe comme cible stratégique

Les raffineries de pétrole ne sont pas que des cibles symboliques. La **raffinerie de Kapotnya** fournit **40 % de l'essence de Moscou** — et ses dommages se répercutent directement sur la capacité logistique de l'armée russe à approvisionner ses unités au front. Les **pénuries de carburant** dans plus d'une **douzaine de régions russes**, la suspension des ventes civiles en **Crimée occupée** le **21 juin**, la planification russe d'**importations d'essence par voie maritime** — tout cela témoigne d'une **crise logistique énergétique** réelle que les frappes ukrainiennes ont provoquée.

L'**Ukraine** a compris quelque chose de fondamental : l'économie de guerre russe est plus vulnérable à sa périphérie infrastructurelle qu'en première ligne. Les missiles guidés et les bombes planantes russes sont produits avec du pétrole raffiné, transportés par des camions qui roulent avec du diesel, et lancés par des soldats qui ont besoin de carburant pour leurs véhicules. Toucher les raffineries, c'est toucher la capacité de guerre à la source. La stratégie est simple. Et elle fonctionne.

*On a longtemps regardé cette guerre comme une guerre de première ligne — des mètres gagnés, des mètres perdus, des villes assiégées. Ce que juin 2026 révèle, c'est que l'Ukraine a ouvert un deuxième front : le front logistique, industriel, psychologique. Et sur ce front-là, c'est Moscou qui est exposée.*

## La dimension psychologique : quand la propagande ne suffit plus

### Le Kremlin face à ses propres mensonges

La **machine de propagande de l'État russe** — **RT**, **Rossiya 1**, les chaînes **Telegram** officielles — a été construite sur une prémisse : la **guerre spéciale** se passe loin, chez des ennemis, sous contrôle. **Moscou** est safe. Le **18 juin**, cette prémisse a été brisée en direct, sous les yeux des Moscovites qui filmaient des drones avec leurs téléphones. Le **Telegram de Sobyanine a été hacké**. Les alertes aériennes sonnaient dans les quartiers résidentiels. Comment la propagande gère-t-elle la réalité observable ?

La réponse russe officielle a été de minimiser — **«toutes les menaces neutralisées»**, **«aucun dommage significatif»**. Mais sur les **réseaux sociaux russes**, les images de fumée au-dessus de **Kapotnya**, les vidéos de drones dans le ciel nocturne de **Moscou**, les témoignages de Moscovites bloqués dans les aéroports — tout cela circulait librement. Le **Kremlin** peut contrôler les médias officiels. Il ne contrôle plus l'image observée directement par les citoyens et partagée immédiatement.

### La morale du bombardé : ce que Moscou apprend

Il y a une **psychologie des populations bombardées** que l'histoire enseigne. Les **Londoniens** sous le **Blitz** ont développé une résistance collective. Les **Serbes** sous les frappes de l'**OTAN en 1999** ont renforcé leur soutien à **Milosevic**. Mais d'autres exemples montrent l'inverse : des populations qui, confrontées à la réalité de la guerre, commencent à questionner le prix demandé. La **Russie** est une **autocratie** — la résistance populaire y est structurellement limitée. Mais même les autocraties sont vulnérables à la désaffection de leur classe moyenne urbaine.

Les **voyageurs d'affaires** dont les vols sont annulés, les familles dont les proches sont bloqués à **Sheremetyevo**, les **compagnies d'assurance** qui ajustent leurs primes, les entreprises qui replanifient leurs voyages — ce sont tous des membres de la classe urbaine moscovite qui forme la base de soutien au régime. Chaque vol annulé est un rappel que la guerre que **Poutine** avait promise **«propre et rapide»** est devenue longue, coûteuse, et maintenant — visible depuis leur fenêtre.

*La propagande survit à beaucoup de choses. Elle survit aux défaites au front, aux cercueils qui rentrent, aux fils de l'économie qui se déchirent. Mais elle survit plus difficilement aux images observées directement, en temps réel, par des millions de personnes. Moscou a vu quelque chose le 18 juin. Et ce qu'on a vu, on ne peut pas le désapprendre.*

## Les alliés de l'Ukraine : ce que le G7 d'Évian a changé

### Trump au G7 : un signal inattendu vers Kyiv

Le sommet du **G7** à **Évian**, début juin **2026**, a produit un signal que peu d'analystes attendaient : **Trump** a co-signé une déclaration commune s'engageant à des **sanctions plus dures sur le pétrole russe** et à un **soutien renouvelé à l'Ukraine**. Il a également signalé une **ouverture à la licence de production de missiles américains en Ukraine** — une mesure que **Kyiv** demandait depuis des mois. Ces signaux ne sont pas des engagements définitifs. Mais dans le contexte trumpien, ils représentent un alignement momentané avec les intérêts ukrainiens.

**Zelensky** a compris la dynamique : les frappes ukrainiennes sur le territoire russe — en démontrant que l'**Ukraine** peut exercer une pression réelle sur **Moscou** — renforcent paradoxalement la position de négociation ukrainienne auprès de ses alliés. Un **Ukraine** qui frappe des raffineries à **Tyumen** et déstabilise les défenses aériennes moscovites est un **Ukraine** qui mérite des armes plus longue portée, des licences de production, un soutien politique plus ferme. **Les alliés aiment les gagnants** — et l'Ukraine est en train de démontrer qu'elle peut gagner des batailles.

### Le vrai test : que fera Washington face à la contre-réaction russe

La question centrale qui émerge de juin **2026** est celle-ci : comment **Washington** réagira-t-il si la **Russie** répond aux frappes ukrainiennes par des barrages massifs sur des villes ukrainiennes, des attaques sur l'infrastructure énergétique, ou des incidents près des frontières **OTAN** ? L'analyse d'**Andrew Latham** de **19FortyFive** est tranchante : il y a un risque réel que l'administration américaine **«traite la vulnérabilité russe comme une complication»** plutôt que comme un levier à exploiter.

Si **Washington** répond à la pression russe en demandant à l'**Ukraine** de modérer ses frappes profondes — au nom de la de-escalation — ce serait, selon les analystes militaires, **«une erreur particulière : aider la Russie à restaurer le caractère unidirectionnel de la guerre»**. **Zelensky** a formulé sa vision clairement depuis **Évian** : avec les bons outils, l'**Ukraine** peut créer les conditions qui forceront la **Russie** à choisir la paix. La question est de savoir si ses alliés ont la patience et la conviction de lui donner ces outils.

*Le vrai test de la solidarité occidentale n'est pas les déclarations de principe au G7. C'est la décision — concrète, coûteuse, politiquement risquée — de donner à l'Ukraine exactement ce dont elle a besoin pour gagner. Pas ce qui est confortable pour nous. Ce qui est nécessaire pour elle. Il y a une différence. Elle compte.*

## Conclusion : La guerre a frappé à la bonne porte

### Ce que juin 2026 change durablement

Les frappes ukrainiennes de juin 2026 sur Moscou ne sont pas une victoire militaire décisive. Elles ne vont pas inverser le front. Mais elles ont fait quelque chose de politiquement et psychologiquement irréversible : elles ont **démontré que la Russie n'est pas un sanctuaire**. Les infrastructures critiques — raffineries, centres de communication spatiale, artères logistiques — sont dans le rayon d'action des drones ukrainiens. Cette réalité ne peut pas être dissimulée par la propagande d'État.

L'Ukraine subit la guerre depuis le **24 février 2022**. Ce que Moscou a vécu pendant quelques heures le 18 juin — ce désagrément, cette peur diffuse, ces vols annulés — est infiniment moins que ce que les villes ukrainiennes vivent chaque semaine. Mais même cette infime fraction de réalité a suffi à faire craquer le vernis d'invincibilité du Kremlin. Zelensky a dit que c'était une **«réponse juste»**. Il a raison. Et ce n'est que le début.

*Ce moment — imparfait, tendu, plein de contradictions — restera dans les livres d'histoire. Non pas comme une victoire nette, mais comme la preuve que le monde peut encore changer de direction quand la pression devient insupportable. L'espoir ne meurt jamais complètement. Il attend.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Today.az — Over 500 flights cancelled and delayed at airports in Moscow — 18 juin 2026](https://today.az/news/regions/268457.html)

- [Euromaidan Press — Moscow's airports shut for hours as Ukrainian drones target the Russian capital — 22 juin 2026](https://euromaidanpress.com/2026/06/22/moscows-airports-shut-for-hours-as-ukrainian-drones-target-the-russian-capital/)

- [US News / Reuters — Zelenskyy says Russia is shifting air defenses to Moscow — 25 juin 2026](https://www.usnews.com/news/world/articles/2026-06-25/zelenskyy-says-russia-is-shifting-air-defenses-to-moscow-and-other-key-sites-after-drone-strikes)

### Sources secondaires

- [19FortyFive, Andrew Latham — Target Moscow: The Ukraine War Has Come Right to Putin's Doorstep — 22 juin 2026](https://www.19fortyfive.com/2026/06/target-moscow-the-ukraine-war-has-come-right-to-putins-doorstep/)

- [The Moscow Times — Israel's El Al suspends Moscow flights as drone attacks disrupt air traffic — 25 juin 2026](https://www.themoscowtimes.com/2026/06/25/israels-el-al-suspends-moscow-flights-as-drone-attacks-disrupt-air-traffic-a93095)

- [ISW — Russian Offensive Campaign Assessment, June 22, 2026 — 22 juin 2026](https://understandingwar.org/research/russia-ukraine/russian-offensive-campaign-assessment-june-22-2026/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/527-vols-annules-a-moscou-pour-une-fois-c-est-la-russie-qui-subit-sa-propre-guer
